vendredi 14 janvier 2011

Zemmour: "ce n’est pas la discrimination qui retarde l’intégration mais le retard de l’intégration qui crée de la discrimination "

(...)La sur-représentation des Noirs et des Arabes dans la délinquance est un fait, il ne fait que le constater. On lui répondra que les statistiques ethniques sont illégales en France. Oui, mais les études sur les populations d’origine étrangères ou non-catholiques sont légion. L’Insee, par exemple, se base sur la nationalité des parents pour étudier le poids des discriminations à l’emploi. Sans compter les journalistes qui rappellent la nationalité ou les origines des suspects dans tel ou tel crime ou délit, même quand cela n'a rien à voir avec les faits incriminés.(...)

De son côté, comme l'a révélé Rue89, la défense d'Eric Zemmour a produit une lettre de soutien de Jean-Pierre Chevènement dans laquelle ce dernier confirme la réalité du constat qui vaut l'assignation du prévenu : « Il suffit, comme j'ai eu l'occasion de le faire de consulter les listings de la Direction centrale de la Sécurité publique du ministère de l'intérieur, pour constater que plus de 50% des infractions constatées étaient imputables à des jeunes dont le patronyme est de consonance africaine ou maghrébine. »

Mais le reste de l’argumentation de Zemmour dévoile une faille dans le discours anti-raciste. Citant notamment la glorisation de l’équipe de France 1998 « Black, Blanc, Beur », il a affirmé que « pendant 30 ans, on a sacralisé la différence et maintenant on ressort l’universalisme républicain ». Le prévenu a alors mis les anti-racistes face à leurs dilemmes : « Soit on prend le modèle américain avec le communautarisme et les statistiques ethniques, soit on ne dit plus que Zidane est Kabyle et que Thuram est Guadeloupéen ». Et il a cogné dur : « Idéologiquement, ces gens-là sont malhonnêtes ». Le camp d'en face a dû apprécier.

Poursuivant sa contre-attaque, Eric Zemmour a estimé que « l’anti-racisme est le cache-sexe de la soumission de la gauche au marché, à la mondialisation libérale ». « J’ai rompu avec la gauche à cause de Sos Racisme (…) l’universalisme républicain, ils l’ont foulé au pied avec le droit à la différence ». Le chroniqueur au Figaro magazine a dit lui venir « d’une gauche laïcarde et républicaine qui refuse le différentialisme ».(...)

« ce n’est pas la discrimination qui retarde l’intégration mais le retard de l’intégration qui crée de la discrimination »

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http://www.marianne2.fr/Proces-Zemmour-plus-pertinent-a-la-barre-qu-a-la-tele-_a201594.html


Lucienne Bui-Trong, ex-chef de la section Ville et Banlieues aux RG, a été plus précise et s'est basée sur une des études montrant que, dans les années 1990, « 85% » des « meneurs de violences urbaines » avaient un nom à consonance maghrébine.(...)

Une autre étude a été citée par plusieurs témoins. Un rapport de 2002 par une commission d'enquête du Sénat sur la délinquance des mineurs pointait une « surdélinquance des jeunes issus de l'immigration » se basant sur les travaux du sociologue Sébastian Roché. Ces chiffres montrent notamment que 22,3% des jeunes ayant deux parents de nationalité d'un pays du Maghreb ont déjà commis plus de dix actes peu graves de délinquance contre 13,1% des enfants de Français.

Malek Boutih, à l'époque président de... Sos Racisme, avait témoigné devant cette commission notant qu'« il y a plus de "bronzés" que de blancs dans les centres de jeunes détenus ». Il avait ajouté : « Par ailleurs, dans les familles d'immigrés, les enfants prennent très vite le pouvoir. Déjà, d'une manière générale en France, le rapport au savoir a tendance à s'inverser en raison des modifications technologiques, des nouveaux rapports urbains, et les jeunes générations ont parfois une meilleure connaissance que leurs parents de la société. Alors, chez les immigrés, imaginez !... »

Avec de telles discussions sémantico-génétiques, on en oublie le débat de fond. Qu'on soit d'accord ou pas avec Eric Zemmour, il devrait être permis de s'interroger sur les causes non économiques de la délinquance. On peut contester les détail des instruments de mesure, mais se contenter de dire que la pauvreté est l'unique cause mécanique de la délinquance ne mène pas très loin. Mais les parties civiles n'aborderont jamais ce point, et les témoins de Zemmour, tel Xavier Raufer, n'ont jamais vraiment insisté non plus, rapportant juste quelques statistiques avec plus ou moins de brio.

Là est justement le problème. Le tabou du débat sur les causes extra-économiques de la délinquance fait qu'il n'est évoqué qu'au mieux chez Ardisson, au pire au tribunal. « Personne n'a de difficultés à parler de statistiques sur l'immigration ou des noirs et des arabes », a pourtant dit l'avocat du Mrap. Pour le prouver, il aurait alors fallu traiter Eric Zemmour comme un adversaire politique et non comme un délinquant.


http://www.marianne2.fr/Proces-Zemmour-doit-on-aller-au-tribunal-pour-debattre-d-immigration_a201627.html?com

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