Bombistan
"La France est le seul pays arabe à ne pas être en guerre." Coluche
lundi 19 mars 2012
L’ambassadeur de « Palestine » critique BDS
Selon Haaretz, il y a de plus en plus d’activistes pro-palestiniennes violées par des palestiniens
Le 23 septembre 2010, JSSNews était le seul média francophone à dévoiler l’horreur : des femmes pro-palestiniennes violées par des palestiniens alors qu’elles tentaient de les aider, préféraient se taire pour ne pas affaiblir la lutte.
Quelques jours plus tard, d’autres informations étaient publiées sur JSSNews sous le titre cru : « Les scandinaves sont les violées préférées des palestiniens. » Cru mais vrai.
Aujourd’hui, soit deux ans plus tard, le quotidien israélien Haaretz reprend enfin l’information en l’enrichissant de nouvelles données. De quoi donner froid dans le dos. De quoi rappeler aux militantes qui voudraient venir soutenir les palestiniens dans les prochains mois, qu’elles feraient bien de prévoir une ceinture de chasteté en acier trempée pour ne pas avoir de problèmes !
« Salut tout le monde, j’écris ici parce que je ne suis pas vraiment sûre de la date de la prochaine réunion. Lors de la manifestation d’aujourd’hui (10 Février, 2012) à Kfar a-Dik, j’ai remarqué des regards et pointements du doigt de shabab (surnom pour les jeunes Palestiniens) qui m’ont fait ressentir un certain inconfort. Ils parlaient entre eux et pas avec moi et le mot qui revenait le plus était « salope ». Quand j’ai rencontré A. et H. (deux hommes), je leur ai parlé de mes craintes et H. est resté à mes côtés. Malgré cela, il y eu certains « attouchements accidentels » et d’autres incidents où je me suis fait traité de « salope. » Au final, une expérience très désagréable.
Cette lettre écrite par une militante d’extrême gauche israélienne a de quoi donner des frissons. Aidez les, ils vous violeront ! Voilà l’esprit pacifique et amical dans lequel les pro-palestiniens doivent évoluer pour aider à délégitimer l’Etat Juif.
Selon le Haaretz, cette militante a fait parvenir ce courriel à ses amis « anarchistes contre le mur ». Elle y décrit des incidents de harcèlement sexuel dont elle est la victime.
Cette correspondance, ainsi que d’autres témoignages obtenus par Haaretz, raconte l’histoire d’un phénomène de plus en plus important ; celui des agressions sexuelles des manifestants israéliens et étrangers dans les territoires palestiniens. Selon le quotidien israélien, lors des deux dernières années, au moins six incidents ont été enregistrés : deux Sheikh Jarrah, quatre de plus dans la région du Mont Hébron, à Masra, à Kfar a-Dik… Plus des tentatives de viol à Umm Salmona. Et c’est sans compter le nombre présumé très élevé de femmes qui préfèrent se taire pour ne pas être insultées de « traitres. »
Et ce phénomène est si grand qu’un forum spécial a été créé par un groupe de femmes issues de groupes de gauche pour surveiller de tels incidents. « L’objectif est d’en apprendre plus sur ce sujet, » dit l’un des membres du groupe. «Nous voulons développer des outils et des directives pour créer un environnement avec moins de cas de harcèlement. »
Les manifestations dites « non-violentes » mais où des pierres et cocktails Molotov sont jetés sur des juifs de manière hebdomadaire, sont devenus un véritable lieu de pèlerinage pour les anti-sionistes et autres pro-palestiniens du monde entier. A Bil’in et Sheikh Jarrah, ils sont des dizaines chaque semaine à être venus de l’étranger pour participer au lynchage d’israéliens.
Une militante, qui dans le passé avait l’habitude de fréquenter les manifestations anti-israéliennes, mais n’y participe plus, a déclaré au Haaretz, « Il y a deux ans nous avons eu une réunion de femmes où des choses troublantes ont été dévoilées. Une des femmes a raconté comment une nuit, dans une tente dressée pour aider les familles de Sheikh Jarrah, il y a eu des tentatives de viol. »
« Une militante étrangère du mouvement international de solidarité qui dormait dans un des villages palestiniens, où les manifestations contre la barrière se déroulent, a déclaré qu’une nuit, un palestinien est entré dans sa chambre et a essayé de la violer. »
Mahmoud Zohara, un membre du Comité Populaire de Mazraat a déclaré à Haaretz que sa ville paelstinienne est « consciente » du problème et qu’elle condamne désormais ces tentatives de viol à… 1000€ d’amende ! Impressionnante décision, non ?
Il y a deux semaines, un autre militant anonyme a écrit un article sur le site haokets.org au sujet d’une agression sexuelle qu’elle avait vécu, cette fois par un militant israélien de gauche. «J’ai été agressée sexuellement l’été dernier par un militant de gauche israélien. L’assaillant est une personne bien sous tout rapport : anti-colonialiste, anti-sioniste, anti-capitaliste… Et il se considère comme féministe. Mais il m’a agressé. Nous étions amis. Après l’assaut, il m’a fallu trois longues journées pour comprendre ce qui s’était passé et trouver le nom à cette agression. Je ne pouvais pas empêcher mon esprit d’y penser. Je n’arrivais pas à comprendre comment quelqu’un qui parle de l’oppression pouvait violer. »
Le mouvement Sheikh Jarrah a refusé d’admettre et de commenter les accusations des victimes.
http://jssnews.com/2012/03/18/selon-le-haaretz-il-y-a-de-plus-en-plus-dactivistes-pro-palestiniennes-violees-par-des-palestiniens/
vendredi 16 mars 2012
Entretien avec Camille Bedin (UMP), auteure de "Pourquoi les banlieues sont de droite ?"
Camille Bedin est secrétaire nationale de l'UMP, chargée de l'égalité des chances. A 26 ans, cette militante à Nanterre, en banlieue parisienne, a crée deux associations d'aide aux jeunes des quartiers. Elle publie un livre au titre volontairement provocateur: "Pourquoi les banlieues sont de droite ?"
Pourquoi les banlieues sont de droite ? Vous n'exagérez pas un peu dans votre titre ?
Camille Bedin : C'est un ressenti de mon expérience sur le terrain. Les valeurs des habitants des quartiers sont de droite. Il y a un attachement à la réussite individuelle. La moitié des jeunes des quartiers veut créer son entreprise. Il y a un rejet de l'Etat-Providence comme le prône la gauche. Ils veulent gagner de l'argent. Leur ennemi c'est tout sauf le monde de la finance. Voilà pour le versant libéral.
Et puis il y a un versant conservateur. L'héritage de la famille, la transmission voire la religion sont aussi des valeurs fondatrices. C'est le contraire de la mentalité de la gauche qui dit qu'il faut faire table rase du passé.
Comment expliquez-vous alors que la gauche soit largement majoritaire en banlieue ? Profitera-t-elle du droit de vote des étrangers aux élections locales ?
Ils votent à gauche par tradition. Il y a une habitude du vote à gauche chez leurs parents issue de l'héritage de la ceinture rouge en banlieue.
Et puis il y a un préjugé auquel je suis régulièrement confrontée. Ils me disent souvent : comment toi qui fais du social, c'est bizarre que tu sois de droite. Pour eux, gauche = social et défense de l'immigré.
Le droit de vote des étrangers n'est pas une préoccupation cruciale des quartiers. Ils veulent être traités comme des citoyens à part entière. Ils veulent que la situation s'améliore, le droit de vote des étrangers n'est pas une priorité pour eux. La gauche se trompe. C'est une idée des bobos du centre ville.(...)
http://www.francetv.fr/2012/la-droite-et-la-banlieue-110956
Pourquoi les banlieues sont de droite ? Vous n'exagérez pas un peu dans votre titre ?
Camille Bedin : C'est un ressenti de mon expérience sur le terrain. Les valeurs des habitants des quartiers sont de droite. Il y a un attachement à la réussite individuelle. La moitié des jeunes des quartiers veut créer son entreprise. Il y a un rejet de l'Etat-Providence comme le prône la gauche. Ils veulent gagner de l'argent. Leur ennemi c'est tout sauf le monde de la finance. Voilà pour le versant libéral.
Et puis il y a un versant conservateur. L'héritage de la famille, la transmission voire la religion sont aussi des valeurs fondatrices. C'est le contraire de la mentalité de la gauche qui dit qu'il faut faire table rase du passé.
Comment expliquez-vous alors que la gauche soit largement majoritaire en banlieue ? Profitera-t-elle du droit de vote des étrangers aux élections locales ?
Ils votent à gauche par tradition. Il y a une habitude du vote à gauche chez leurs parents issue de l'héritage de la ceinture rouge en banlieue.
Et puis il y a un préjugé auquel je suis régulièrement confrontée. Ils me disent souvent : comment toi qui fais du social, c'est bizarre que tu sois de droite. Pour eux, gauche = social et défense de l'immigré.
Le droit de vote des étrangers n'est pas une préoccupation cruciale des quartiers. Ils veulent être traités comme des citoyens à part entière. Ils veulent que la situation s'améliore, le droit de vote des étrangers n'est pas une priorité pour eux. La gauche se trompe. C'est une idée des bobos du centre ville.(...)
http://www.francetv.fr/2012/la-droite-et-la-banlieue-110956
mardi 13 mars 2012
Belgique: Importons également le conflit Chiites-Sunnites
L'émotion était forte mardi matin au sein de la communauté musulmane de Belgique après la mort d'un imam, tué dans l'incendie criminel de sa mosquée qui pourrait être lié au conflit syrien et aux tensions entre chiites et sunnites.
Acte isolé d'un déséquilibré ou attaque délibérée contre la communauté chiite? Les autorités belges cherchaient à déterminer pourquoi un homme se déclarant musulman a déversé de l'essence puis a mis le feu à une mosquée d'Anderlecht, un quartier populaire de Bruxelles, lundi soir.
L'incendie s'est rapidement propagé dans le bâtiment et l'imam, un père de quatre enfants âgés de 46 ans selon des fidèles, est décédé par intoxication. Deux autres hommes ont été blessés.
Interpellé sur les lieux, le suspect était entré dans la mosquée "en proférant des propos liés au conflit syrien", a déclaré la ministre de l'Intérieur, Joëlle Milquet. "Il s'agirait bien d'un problème entre sunnites et chiites. Mais je reste prudente car la justice doit encore confirmer une série de choses", a-t-elle ajouté.
Les tensions entre les deux grandes familles de l'islam se sont accrues ces derniers mois dans plusieurs pays à majorité musulmane, notamment en Irak et au Yémen.(...)
http://tempsreel.nouvelobs.com/topnews/20120313.AFP0201/belgique-les-musulmans-sous-le-choc-apres-l-incendie-meurtrier-d-une-mosquee.html
Acte isolé d'un déséquilibré ou attaque délibérée contre la communauté chiite? Les autorités belges cherchaient à déterminer pourquoi un homme se déclarant musulman a déversé de l'essence puis a mis le feu à une mosquée d'Anderlecht, un quartier populaire de Bruxelles, lundi soir.
L'incendie s'est rapidement propagé dans le bâtiment et l'imam, un père de quatre enfants âgés de 46 ans selon des fidèles, est décédé par intoxication. Deux autres hommes ont été blessés.
Interpellé sur les lieux, le suspect était entré dans la mosquée "en proférant des propos liés au conflit syrien", a déclaré la ministre de l'Intérieur, Joëlle Milquet. "Il s'agirait bien d'un problème entre sunnites et chiites. Mais je reste prudente car la justice doit encore confirmer une série de choses", a-t-elle ajouté.
Les tensions entre les deux grandes familles de l'islam se sont accrues ces derniers mois dans plusieurs pays à majorité musulmane, notamment en Irak et au Yémen.(...)
http://tempsreel.nouvelobs.com/topnews/20120313.AFP0201/belgique-les-musulmans-sous-le-choc-apres-l-incendie-meurtrier-d-une-mosquee.html
dimanche 11 mars 2012
Le terrorisme est indissociable de la mondialisation
Entretien avec Michaël Prazan
Vous avez tenté de définir le terrorisme, et ce qui le distingue de la Résistance depuis 1945…
Avant la Seconde guerre mondiale, on appelait « terroriste » un petit groupe clandestin qui, par l’usage de la violence, défie un pouvoir en perpétrant des actes considérés comme criminels dans la société où ils s’inscrivent. Après 1945, cette définition reste la même mais une précision fondamentale vient s’y s’adjoindre : le fait de viser les civils. C’est ce qui constitue une définition objective de l’acte terroriste à partir de 1945.
(...)
Contrairement à une idée reçue, les terroristes ne sont généralement pas issus des classes populaires…
Si on remonte ne serait-ce qu’à l’époque de la guerre d’Algérie, on constate que les principaux dirigeants du FLN étaient des privilégiés issus des classes moyennes, plutôt éduqués et plutôt occidentalisés. C’est quasiment toujours le cas. Même dans le cadre des attentats dits kamikazes, par exemple perpétrés par Al Qaida. Selon Marc Sageman(1), il s’agit dans l’ensemble de gens extrêmement privilégiés, qui ont fait des études supérieures parfois très élevées et qui ont eu une jeunesse occidentale ou à l’occidentale. On est très loin des damnés de la terre de Frantz Fanon(2). C’est assez logique, dans la mesure où les groupes de guérilla qui pratiquent le terrorisme se définissent eux-mêmes comme une élite, une « avant-garde » qui va entraîner derrière elle une population. Il n’est donc pas hasardeux de trouver effectivement parmi cette « avant-garde » des gens issus d’une élite socio-culturelle ou socio-professionnelle.
Selon vous, c’est le terrorisme qui a inventé la mondialisation…
Il est en effet aux avant-postes de ce qu’on appelle aujourd’hui la mondialisation avec un certain nombre d’invariants qu’on peut tracer dans l’histoire du terrorisme, dont le camp d’entraînement militaire. Il se déplace selon les périodes et les décennies ; il peut être dans les années 60 en Algérie ou à Cuba, ensuite on le retrouve en Jordanie puis au Liban, et dans la dernière décennie en Afghanistan ou au Yémen. Cuba est la première mouture de cette espèce d’internationalisation globale de la formation à la guérilla. Tout cela crée aussi de manière indirecte des diplomaties de l’ombre, puisque ces gens qui sont de la même génération, qui viennent du monde entier, se rencontrent, tissent des liens, et comme le dit très justement Hassan Balawi (3), il y a aujourd’hui à l’ONU des alliances et des votes que l’on ne peut strictement pas comprendre si on ignore que certains dirigeants de pays africains et asiatiques ont été formés politiquement et même militairement dans ces camps, et qu’ils ont créé ces alliances qui structurent encore certaines diplomaties actuelles.
A vous lire, ce sont les Frères Musulmans qui ont structuré le terrorisme islamiste…
On a toujours tendance à penser que le fondamentalisme islamique est un retour au Moyen Age. C’est absolument faux. Ce sont des idéologies très récentes, même si elles vont chercher des préceptes très anciens, chez les salafs, les premiers compagnons du prophète Mohammed, même si elles vont s’appuyer sur un cadastre délivré par la charia ou par l’islam au sens large. L’idéologie des Frères Musulmans est née il y a moins d’un siècle dans le contexte très particulier d’un Maghreb et d’un monde arabe colonisés. Elle est puissamment moderne et politique au sens des grands fascismes européens, avec un objectif qui est le même : une domination mondiale théorisée d’abord en brèche par son fondateur Hassan al Bana, puis beaucoup plus clairement par Saïd Quotb, le grand penseur fondamentaliste des années 60 qui a influencé absolument toutes les organisations terroristes islamistes, de la Jamaat al Islam à Al Qaida, en passant par le Jihad islamique, par exemple.
Les médias se rendent-ils complices du terrorisme en relayant systématiquement les attentats ?
Les médias sont d’un bout à l’autre de l’acte terroriste. D’abord comme outil de communication car le terroriste est un clandestin, et il a besoin de communiquer anonymement avec les autres, et souvent en langage codé. Pendant toute une période, les terroristes ont communiqué via les journaux, dans les petites annonces. Aujourd’hui tout cela est facilité et démultiplié par internet. Dans un deuxième temps, l’acte terroriste en tant que tel a plusieurs objectifs en terme de publicité : faire connaître la cause qu’il défend ; terroriser celui qu’il considère comme l’adversaire, créer une psychose qui sera amplifiée par les médias ; et enfin s’adresser aux partisans potentiels, recruter par le biais d’un acte qu’ils veulent spectaculaire pour qu’il frappe les esprits, et galvanise de futures recrues. Donc non seulement le terrorisme se fait publicité, mais plus les médias seront en expansion, et plus le risque terroriste sera grand.
Peut-on reprocher à certains intellectuels d’avoir cautionné le terrorisme ?
Le discours des intellectuels (leurs écrits, leurs prises de position) est absolument déterminant dans le passage à l’acte. Sartre est évidemment le plus éminent, le plus connu et probablement l’un des plus influents, mais il y a Herbert Marcuse, Frantz Fanon. Sartre sait-il exactement jusqu’où va porter sa parole ? J’ai tendance à penser que oui, puisque lorsque survient le massacre des athlètes israéliens aux Jeux olympiques de Munich en 1972, il trouvera le moyen de le justifier, bien qu’ici, ce sont des athlètes, des civils qui sont tués dans le cadre d’une manifestation sportive, et non de quelconques agents d’une occupation.
Marc Sageman, né Français et rescapé de la Shoah, est un ancien agent de la CIA. Il a établi une typologie des terroristes après avoir étudié et décrypté 400 profils, entretiens et témoignages de membres d’Al Qaida. ↩
Frantz Fanon, Les Damnés de la terre, 1961. ↩
Hassan Balawi, auteur de Gaza, dans les coulisses du mouvement national palestinien (Denoël, 2008), est membre du Fatah. ↩
http://www.causeur.fr/le-terrorisme-est-indissociable-de-la-mondialisation,16291
Vous avez tenté de définir le terrorisme, et ce qui le distingue de la Résistance depuis 1945…
Avant la Seconde guerre mondiale, on appelait « terroriste » un petit groupe clandestin qui, par l’usage de la violence, défie un pouvoir en perpétrant des actes considérés comme criminels dans la société où ils s’inscrivent. Après 1945, cette définition reste la même mais une précision fondamentale vient s’y s’adjoindre : le fait de viser les civils. C’est ce qui constitue une définition objective de l’acte terroriste à partir de 1945.
(...)
Contrairement à une idée reçue, les terroristes ne sont généralement pas issus des classes populaires…
Si on remonte ne serait-ce qu’à l’époque de la guerre d’Algérie, on constate que les principaux dirigeants du FLN étaient des privilégiés issus des classes moyennes, plutôt éduqués et plutôt occidentalisés. C’est quasiment toujours le cas. Même dans le cadre des attentats dits kamikazes, par exemple perpétrés par Al Qaida. Selon Marc Sageman(1), il s’agit dans l’ensemble de gens extrêmement privilégiés, qui ont fait des études supérieures parfois très élevées et qui ont eu une jeunesse occidentale ou à l’occidentale. On est très loin des damnés de la terre de Frantz Fanon(2). C’est assez logique, dans la mesure où les groupes de guérilla qui pratiquent le terrorisme se définissent eux-mêmes comme une élite, une « avant-garde » qui va entraîner derrière elle une population. Il n’est donc pas hasardeux de trouver effectivement parmi cette « avant-garde » des gens issus d’une élite socio-culturelle ou socio-professionnelle.
Selon vous, c’est le terrorisme qui a inventé la mondialisation…
Il est en effet aux avant-postes de ce qu’on appelle aujourd’hui la mondialisation avec un certain nombre d’invariants qu’on peut tracer dans l’histoire du terrorisme, dont le camp d’entraînement militaire. Il se déplace selon les périodes et les décennies ; il peut être dans les années 60 en Algérie ou à Cuba, ensuite on le retrouve en Jordanie puis au Liban, et dans la dernière décennie en Afghanistan ou au Yémen. Cuba est la première mouture de cette espèce d’internationalisation globale de la formation à la guérilla. Tout cela crée aussi de manière indirecte des diplomaties de l’ombre, puisque ces gens qui sont de la même génération, qui viennent du monde entier, se rencontrent, tissent des liens, et comme le dit très justement Hassan Balawi (3), il y a aujourd’hui à l’ONU des alliances et des votes que l’on ne peut strictement pas comprendre si on ignore que certains dirigeants de pays africains et asiatiques ont été formés politiquement et même militairement dans ces camps, et qu’ils ont créé ces alliances qui structurent encore certaines diplomaties actuelles.
A vous lire, ce sont les Frères Musulmans qui ont structuré le terrorisme islamiste…
On a toujours tendance à penser que le fondamentalisme islamique est un retour au Moyen Age. C’est absolument faux. Ce sont des idéologies très récentes, même si elles vont chercher des préceptes très anciens, chez les salafs, les premiers compagnons du prophète Mohammed, même si elles vont s’appuyer sur un cadastre délivré par la charia ou par l’islam au sens large. L’idéologie des Frères Musulmans est née il y a moins d’un siècle dans le contexte très particulier d’un Maghreb et d’un monde arabe colonisés. Elle est puissamment moderne et politique au sens des grands fascismes européens, avec un objectif qui est le même : une domination mondiale théorisée d’abord en brèche par son fondateur Hassan al Bana, puis beaucoup plus clairement par Saïd Quotb, le grand penseur fondamentaliste des années 60 qui a influencé absolument toutes les organisations terroristes islamistes, de la Jamaat al Islam à Al Qaida, en passant par le Jihad islamique, par exemple.
Les médias se rendent-ils complices du terrorisme en relayant systématiquement les attentats ?
Les médias sont d’un bout à l’autre de l’acte terroriste. D’abord comme outil de communication car le terroriste est un clandestin, et il a besoin de communiquer anonymement avec les autres, et souvent en langage codé. Pendant toute une période, les terroristes ont communiqué via les journaux, dans les petites annonces. Aujourd’hui tout cela est facilité et démultiplié par internet. Dans un deuxième temps, l’acte terroriste en tant que tel a plusieurs objectifs en terme de publicité : faire connaître la cause qu’il défend ; terroriser celui qu’il considère comme l’adversaire, créer une psychose qui sera amplifiée par les médias ; et enfin s’adresser aux partisans potentiels, recruter par le biais d’un acte qu’ils veulent spectaculaire pour qu’il frappe les esprits, et galvanise de futures recrues. Donc non seulement le terrorisme se fait publicité, mais plus les médias seront en expansion, et plus le risque terroriste sera grand.
Peut-on reprocher à certains intellectuels d’avoir cautionné le terrorisme ?
Le discours des intellectuels (leurs écrits, leurs prises de position) est absolument déterminant dans le passage à l’acte. Sartre est évidemment le plus éminent, le plus connu et probablement l’un des plus influents, mais il y a Herbert Marcuse, Frantz Fanon. Sartre sait-il exactement jusqu’où va porter sa parole ? J’ai tendance à penser que oui, puisque lorsque survient le massacre des athlètes israéliens aux Jeux olympiques de Munich en 1972, il trouvera le moyen de le justifier, bien qu’ici, ce sont des athlètes, des civils qui sont tués dans le cadre d’une manifestation sportive, et non de quelconques agents d’une occupation.
Marc Sageman, né Français et rescapé de la Shoah, est un ancien agent de la CIA. Il a établi une typologie des terroristes après avoir étudié et décrypté 400 profils, entretiens et témoignages de membres d’Al Qaida. ↩
Frantz Fanon, Les Damnés de la terre, 1961. ↩
Hassan Balawi, auteur de Gaza, dans les coulisses du mouvement national palestinien (Denoël, 2008), est membre du Fatah. ↩
http://www.causeur.fr/le-terrorisme-est-indissociable-de-la-mondialisation,16291
vendredi 9 mars 2012
Renouveau des tensions arabes-perses
(...) "L'Iran a été très généreux en versant son argent, mais idéologiquement nous avons très peu de choses en commun", affirme sous le couvert de l'anonymat un autre responsable du Hamas à la BBC. "Je n'aime pas les Iraniens et la manière dont ils tentent d'user de leur influence dans le monde arabe." Consciente du camouflet infligé par une telle prise de position, l'agence semi-officielle iranienne Farsnews, proche des Gardiens de la révolution iraniens, l'armée idéologique du régime, s'est empressée de contacter à son tour Mahmoud Zahar, qui est cette fois revenu sur ses propos.
"Les représailles avec la plus grande puissance sont la position du Hamas au regard d'une guerre sioniste contre l'Iran", a-t-il déclaré. Mais trop tard, le mal est déjà fait, et n'est que le dernier incident en date dans les troublantes relations irano-palestiniennes. Si le Premier ministre du Hamas, Ismaïl Haniyeh, s'est rendu en Iran en février pour rappeler qu'il ne "reconnaîtrait jamais Israël", ses rapports avec Téhéran se sont considérablement tendus depuis l'avènement du Printemps arabe. En Égypte, l'arrivée au pouvoir des Frères musulmans, mouvement dont est issu le Hamas, a bouleversé les équilibres précaires de la région.
"Le Hamas possède dorénavant chez les responsables politiques en Égypte, mais aussi en Tunisie avec Ennahda, des interlocuteurs très proches", explique Jean-François Legrain. "Dès lors, le Hamas a pris ses distances par rapport à Téhéran", renchérit Mohammad-Reza Djalili, professeur émérite à l'Institut de hautes études internationales et du développement. À la chute du très anti-iranien Hosni Moubarak, Téhéran a envoyé un émissaire au Caire, soucieux de relancer rapidement les relations diplomatiques entre les deux pays. Mais hostiles au "serpent chiite", et se réclamant du "modèle turc", les Frères l'ont renvoyé sur-le-champ.(...)
http://www.lepoint.fr/monde/hamas-iran-le-divorce-09-03-2012-1439546_24.php
"Les représailles avec la plus grande puissance sont la position du Hamas au regard d'une guerre sioniste contre l'Iran", a-t-il déclaré. Mais trop tard, le mal est déjà fait, et n'est que le dernier incident en date dans les troublantes relations irano-palestiniennes. Si le Premier ministre du Hamas, Ismaïl Haniyeh, s'est rendu en Iran en février pour rappeler qu'il ne "reconnaîtrait jamais Israël", ses rapports avec Téhéran se sont considérablement tendus depuis l'avènement du Printemps arabe. En Égypte, l'arrivée au pouvoir des Frères musulmans, mouvement dont est issu le Hamas, a bouleversé les équilibres précaires de la région.
"Le Hamas possède dorénavant chez les responsables politiques en Égypte, mais aussi en Tunisie avec Ennahda, des interlocuteurs très proches", explique Jean-François Legrain. "Dès lors, le Hamas a pris ses distances par rapport à Téhéran", renchérit Mohammad-Reza Djalili, professeur émérite à l'Institut de hautes études internationales et du développement. À la chute du très anti-iranien Hosni Moubarak, Téhéran a envoyé un émissaire au Caire, soucieux de relancer rapidement les relations diplomatiques entre les deux pays. Mais hostiles au "serpent chiite", et se réclamant du "modèle turc", les Frères l'ont renvoyé sur-le-champ.(...)
http://www.lepoint.fr/monde/hamas-iran-le-divorce-09-03-2012-1439546_24.php
mercredi 7 mars 2012
Pourquoi il faut débattre de l'islam en France
Par Ivan Rioufol
Claude Guéant, interrogé ce lundi matin par Jean-Michel Aphatie sur RTL, a du préciser, à l'invitation du journaliste, que l'islam n'était "pas du tout une obsession" pour lui. Faudrait-il s'excuser de parler des problèmes posés aujourd'hui par l'immigration ou par l'islamisme en France, au risque sinon d'être accusé d'idées fixes et d'acharnements xénophobes? Le moralisme médiatique y invite, quand il juge notamment critiquable le parallèle fait par le ministre de l'Intérieur entre l'acceptation par le PS du droit de vote pour les étrangers aux élections locales et le risque de faire élire des conseillers municipaux étrangers "qui rendent par exemple obligatoire la présence de la nourriture halal dans les repas des cantines". La gauche s'étrangle devant de telles considérations, tandis que Rachida Dati, dans Le Figaro d'aujourd'hui, feint d'avoir entendu "des propos qui assimilent les musulmans français à des étrangers". Certes, l'accusation en islamophobie, qui préserve habituellement des critiques le communautarisme religieux, n'a pas été cette fois dégainée. Mais la réticence à aborder des réalités ne peut se faire qu'au prix d'une hypocrisie et d'une lâcheté dont les belles âmes s'accommodent trop facilement.
Car Guéant a raison : il existe, oui, un communautarisme musulman qui met en danger la République. Le prudent François Fillon l'a lui-même reconnu ce matin, sur Europe 1. Ce communautarisme est d'autant plus fort qu'il a une essence sacrée ("Vous êtes la meilleure communauté du monde", assure le Coran). Je rappelle que c'est un député communiste, André Gerin, qui soutient que "des territoires entiers sont régis par la loi de la charia", scandale qui ne réveille pas les médias sermonneurs ni les cellules d'investigation des défenseurs de la démocratie. Dans un livre décapant qui vient de paraître (L'islamisme, vrai visage de l'islam, Les Editions de Paris), Hamid Zanaz, issu d'une famille musulmane, assure, parlant de la France : "Les musulmans, dans leur majorité, rêvent de vivre sous la charia (...) Des jeunes et des moins jeunes de banlieues françaises ne cessent de demander conseils aux cheiks bédouins saoudiens et autres par téléconférences ! (...) Les musulmans cherchent une identité qui ne soit pas la France et se réfugient donc dans l'islam. Le jour où ils seront majoritaires au parlement, ils voteront la charia".
(...)
---------------------
Quelques extraits de la préface de Michel Onfray, qui résume admirablement l'ouvrage :
L'Impasse Islamique
Hamid Zanaz
"Le politiquement correct de notre temps transforme en islamophobe quiconque a l'audace de tenir pour juste la pensée des philosophes des Lumières sur les sujets de la religion, de la laïcité, de la démocratie, de la raison et de la philosophie. [...] L'auteur nomme un chat un chat et dit clairement ce que toute intelligence bien faite devrait affirmer haut et clair : l'islam est intrinsèquement incompatible avec les valeurs de l'Occident qui sont : l'égalité entre les hommes et les femmes, l'égalité entre les croyants et les non-croyants, l'égalité entre les modes de vie sexuels, l'égalité entre les peuples, ce que valide la Déclaration des droits de l'homme à laquelle un musulman ne peut souscrire [...] Il faut lire le Coran, les hadiths du prophète et une biographie de Mahomet pour pouvoir parler de cette religion sans proférer des sottises et ne pas se contenter de reproduire les propos lénifiants d'une époque qui va partout clamant que l'islam est une religion de paix, de tolérance et d'amour. Hamid Zanaz affirme l'impossibilité d'un islam des Lumières, d'une laïcisation de cette religion [...] Hamiz Zanaz parle de "fascisme vert". L'expression est lourde, elle est pesée. Pas de forfanterie, pas de provocation, pas de défi, pas de fanfaronnade dans ce livre, pas d'insultes, pas de mépris du Prophète, pas d'injures, d'insolences ou de sarcasmes, pas d'inutiles incitations à la haine, mais un travail de philosophe, comme les penseurs des Lumières le menaient dans un siècle où il fallait faire avancer les idées au nom desquelles on contribuait à l'augmentation de la liberté, de l'égalité, de la fraternité, de la solidarité, de l'équité, de la justice [...]".
http://www.babelio.com/livres/Zanaz-LImpasse-Islamique/168616
Claude Guéant, interrogé ce lundi matin par Jean-Michel Aphatie sur RTL, a du préciser, à l'invitation du journaliste, que l'islam n'était "pas du tout une obsession" pour lui. Faudrait-il s'excuser de parler des problèmes posés aujourd'hui par l'immigration ou par l'islamisme en France, au risque sinon d'être accusé d'idées fixes et d'acharnements xénophobes? Le moralisme médiatique y invite, quand il juge notamment critiquable le parallèle fait par le ministre de l'Intérieur entre l'acceptation par le PS du droit de vote pour les étrangers aux élections locales et le risque de faire élire des conseillers municipaux étrangers "qui rendent par exemple obligatoire la présence de la nourriture halal dans les repas des cantines". La gauche s'étrangle devant de telles considérations, tandis que Rachida Dati, dans Le Figaro d'aujourd'hui, feint d'avoir entendu "des propos qui assimilent les musulmans français à des étrangers". Certes, l'accusation en islamophobie, qui préserve habituellement des critiques le communautarisme religieux, n'a pas été cette fois dégainée. Mais la réticence à aborder des réalités ne peut se faire qu'au prix d'une hypocrisie et d'une lâcheté dont les belles âmes s'accommodent trop facilement.
Car Guéant a raison : il existe, oui, un communautarisme musulman qui met en danger la République. Le prudent François Fillon l'a lui-même reconnu ce matin, sur Europe 1. Ce communautarisme est d'autant plus fort qu'il a une essence sacrée ("Vous êtes la meilleure communauté du monde", assure le Coran). Je rappelle que c'est un député communiste, André Gerin, qui soutient que "des territoires entiers sont régis par la loi de la charia", scandale qui ne réveille pas les médias sermonneurs ni les cellules d'investigation des défenseurs de la démocratie. Dans un livre décapant qui vient de paraître (L'islamisme, vrai visage de l'islam, Les Editions de Paris), Hamid Zanaz, issu d'une famille musulmane, assure, parlant de la France : "Les musulmans, dans leur majorité, rêvent de vivre sous la charia (...) Des jeunes et des moins jeunes de banlieues françaises ne cessent de demander conseils aux cheiks bédouins saoudiens et autres par téléconférences ! (...) Les musulmans cherchent une identité qui ne soit pas la France et se réfugient donc dans l'islam. Le jour où ils seront majoritaires au parlement, ils voteront la charia".
(...)
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Quelques extraits de la préface de Michel Onfray, qui résume admirablement l'ouvrage :
L'Impasse Islamique
Hamid Zanaz
"Le politiquement correct de notre temps transforme en islamophobe quiconque a l'audace de tenir pour juste la pensée des philosophes des Lumières sur les sujets de la religion, de la laïcité, de la démocratie, de la raison et de la philosophie. [...] L'auteur nomme un chat un chat et dit clairement ce que toute intelligence bien faite devrait affirmer haut et clair : l'islam est intrinsèquement incompatible avec les valeurs de l'Occident qui sont : l'égalité entre les hommes et les femmes, l'égalité entre les croyants et les non-croyants, l'égalité entre les modes de vie sexuels, l'égalité entre les peuples, ce que valide la Déclaration des droits de l'homme à laquelle un musulman ne peut souscrire [...] Il faut lire le Coran, les hadiths du prophète et une biographie de Mahomet pour pouvoir parler de cette religion sans proférer des sottises et ne pas se contenter de reproduire les propos lénifiants d'une époque qui va partout clamant que l'islam est une religion de paix, de tolérance et d'amour. Hamid Zanaz affirme l'impossibilité d'un islam des Lumières, d'une laïcisation de cette religion [...] Hamiz Zanaz parle de "fascisme vert". L'expression est lourde, elle est pesée. Pas de forfanterie, pas de provocation, pas de défi, pas de fanfaronnade dans ce livre, pas d'insultes, pas de mépris du Prophète, pas d'injures, d'insolences ou de sarcasmes, pas d'inutiles incitations à la haine, mais un travail de philosophe, comme les penseurs des Lumières le menaient dans un siècle où il fallait faire avancer les idées au nom desquelles on contribuait à l'augmentation de la liberté, de l'égalité, de la fraternité, de la solidarité, de l'équité, de la justice [...]".
http://www.babelio.com/livres/Zanaz-LImpasse-Islamique/168616
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