LE MONDE
A Gaza, le Hamas multiplierait les exactions contre ses rivaux du Fatah, pour maintenir son emprise et écraser toute velléité de contestation après l'offensive israélienne, selon des groupes de défense des droits de l'homme et des victimes de cette répression.
Deux de ces groupes, le centre Addameer et le Centre palestinien pour les droits de l'homme, ont indiqué que des dizaines de membres du Fatah ou des personnes accusées d'être des "collaborateurs" d'Israël avaient été attaqués par les services de sécurité du Hamas pendant et après l'offensive israélienne.
Selon plusieurs témoignages, les islamistes auraient également imposé des "assignations à résidence" à des cadres du Fatah, parti du président Mahmoud Abbas délogé de Gaza en juin 2007. Le porte-parole du gouvernement du Hamas, Taher Al-Nounou, a démenti à plusieurs reprises ces informations, dénonçant des "mensonges propagés par Ramallah", le siège de l'Autorité palestinienne.
Selon Samir Moussa, un avocat d'Addameer, "il y a eu des dizaines de cas d'exactions dans l'ensemble du territoire pendant et après la guerre. Il y a eu de graves violations des droits de l'homme et des enquêtes doivent être menées". Son ONG affirme avoir recueilli des preuves de l'exécution de dix prisonniers accusés de "collaboration" après la destruction de la prison dans laquelle ils étaient détenus lors d'un bombardement israélien début janvier.
L'un d'eux, Saleh Hajouj, aurait été exécuté devant des médecins et des patients devant l'hôpital Chifa de Gaza, où il avait été transporté après avoir été blessé dans le bombardement. "Les QG de sécurité, les prisons, les tribunaux du gouvernement ont été détruits. Le gouvernement règle donc ses comptes dans la rue", assure Samir Moussa.
Le Front populaire de libération de la Palestine a, lui, dénoncé dans un communiqué vendredi les "pratiques terroristes et répressives des services de sécurité du Hamas". Selon les témoignages, des hommes armés et masqués des services du Hamas se rendent, généralement de nuit, au domicile des personnes jugées suspectes, leur tirent dans les jambes ou les arrêtent.
"ILS ONT OUVERT LE FEU À L'AVEUGLETTE"
L'un d'eux, Oussama Attalah, un enseignant de 50 ans membre du Fatah, a été retrouvé jeudi à la morgue de l'hôpital Chifa. Selon sa famille, il y avait été transporté atteint d'une balle dans le dos. "Des hommes masqués sont venus chez nous mercredi soir. L'un d'eux nous a montré une carte de la sécurité intérieure. Il nous a dit de ne pas avoir peur et qu'ils étaient venus chercher Oussama pour un interrogatoire de routine", a affirmé un parent sous le couvert de l'anonymat.
La famille Najjar a eu une visite similaire le 4 janvier. Des individus masqués sont arrivés vers 19 heures devant sa maison. Hicham Najjar, un partisan du Fatah de 51 ans, a été tué par balles et dix autres membres de la famille blessés, dont une fillette de 7 ans et une femme de 70 ans. "Ils nous ont allongés sur le sol. Quand les femmes sont descendues pour voir ce qui se passait, ils ont ouvert le feu à l'aveuglette", a raconté Ammar, le fils de Hicham.
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Encore un article qui sera "squizzé" par euro-palestine, la LCR, les Verts...
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http://www.bivouac-id.com/2009/03/30/video-gaza-brusque-sursaut-de-conscience-journalistique-de-france-2/
Erdogan: "L’expression “islam modéré” est laide et offensante. Il n’y a pas d’islam modéré." Milliyet, 21 août 2007
vendredi 30 janvier 2009
Le Turc Erdogan claque la porte de Davos salué par le Hamas
Enfin un peu de clarté sur les rapports entre le hamas et la turquie:
(..) Lancé, lors d'un débat, dans une plaidoirie en faveur de l'offensive menée par son pays dans la bande de Gaza, le président israélien a demandé à M. Erdogan, en élevant la voix et en le montrant du doigt, comment celui-ci réagirait si des roquettes s'abattaient chaque nuit sur Istanbul.
(...)
Le départ précipité de M. Erdogan a été applaudi par le président Abdullah Gül. "Si on manque de respect à l'égard d'un Premier ministre turc, celui-ci ne va pas l'avaler. Il a fait le nécessaire", a déclaré M. Gül, cité par Anatolie. (Traduction: poser une question facheuse EST un manque de respect. Tout musulman vous le confirmera)
"Nous sommes fiers de toi", ont scandé 3.000 militants du Parti de la justice et du développement (AKP), la formation de M. Erdogan, issue de la mouvance islamiste, qui avaient bravé le froid pour l'accueillir à l'aube vendredi à l'aéroport d'Istanbul.
L'armée turque, qui coopère étroitement avec l'Etat hébreu depuis la signature d'un accord en 1996, a évoqué vendredi les "intérêts" bilatéraux, laissant entendre que les liens ne seraient pas affectés.(ben oui, ça s'appelle la TAQIYA, coups de poignards en live et accords, léchage de cul en coulisses)
Le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a loué le geste de M. Erdogan. "Le Hamas rend hommage à la position courageuse du Premier ministre turc", a affirmé son porte-parole Fawzi Barhoum dans un communiqué. Le journal Al-Khaleej des Emirats Arabes Unis a fait état de l'esclandre de M. Erdogan en première page se réjouissant qu'il ait quitté Davos après "avoir dénoncé l'holocauste israélien à Gaza et défendu les Palestiniens".
En revanche, ce geste a suscité des critiques en Turquie où l'opposition reprochait déjà à M. Erdogan d'avoir apporté son appui au Hamas, au détriment d'Israël, principal allié d'Ankara dans la région.
Très sensible à la cause musulmane, M. Erdogan avait fustigé l'opération de 22 jours d'Israël à Gaza qui a coûté la vie à plus de 1.330 Palestiniens.(Par contre le Darfour, il s'en fout comme de son premier coran)
M. Erdogan s'est justifié en disant: "je ne suis pas un chef de tribu, je suis le Premier ministre de la Turquie. J'ai fait ce que je devais faire".
http://fr.news.yahoo.com/2/20090130/twl-le-turc-erdogan-claque-la-porte-de-d-0a24677.html
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Viiiite l'Europe a besoin de la turquie...Si Bruxelles pouvait accélérer les démarches de ce merveilleux pays? afin qu'il nous enseigne les rudiments de la démocratie, les foutaises de l'holocauste, les règles primaires de la TAQIYA, les enseignements merveilleux de leurs nombreux prix Nobel, les bases du déni de génocide, comment occuper un pays en 3 Taqiya, comment gérer la liberté de la presse, comment magnifier les crimes d'honneur...etc.
On promet de rester béat devant tant de savoirs. Nous, pauvres européens avont tout à apprendre de ce peuple si instruit, si ouvert, si moderne, si objectif.
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TURQUIE • Le "héros de Davos" plus réservé dans son pays
Claquant la porte d'un débat sur la situation à Gaza organisé le 28 janvier dans le cadre du sommet de Davos, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a accusé le président israélien Shimon Pérès de "tuer des gens". Dans le quotidien Milliyet, Ece Temelkuran s'est félicitée dans un premier temps de la franchise d'Erdogan, pour manier ensuite l'ironie. Elle a souhaité que "le personnage courageux qui s'est illustré à Davos en faveur des Palestiniens" puisse faire de même avec toutes les injustices existant aujourd'hui en Turquie.
"Ah ! si on avait quelqu'un d'aussi vaillant qu'à Davos, capable de faire toute la lumière sur les rumeurs selon lesquelles des citoyens turcs d'origine kurde auraient été tués et jetés dans des cuves d'acide ! [de telles rumeurs ont circulé dans le cadre de l'enquête sur le réseau Ergenekon]. A l'instar de celui qui, à Davos, a invoqué la Torah pour dire 'Tu ne tueras point', notre héros à nous pourrait, quant à lui, citer le Coran où il est écrit que tuer est un péché. De même qu'à Davos on a évoqué 'les enfants palestiniens tués sur les plages de Gaza', notre grand homme pourrait peut-être enfin nous expliquer comment, chez nous, des enfants kurdes ont été assassinés. Où est donc, chez nous, celui qui à Davos défendait le Hamas parce qu'il 'a été légitimé par les urnes' ? Cette personne pourrait en effet dire la même chose du DTP [Parti démocratique du peuple, prokurde, considéré comme trop proche du PKK ; Erdogan refuse de serrer la main à ses députés] et affirmer sa légitimité démocratique 'puisqu'ils ont été élus…' Ah ! si l'on pouvait en avoir un comme lui pour mettre à genoux notre Premier ministre, qui s'en prend désormais aux journalistes, opposants, syndicats, bref, à tous ceux qui ne lui ressemblent pas !"
(..) Lancé, lors d'un débat, dans une plaidoirie en faveur de l'offensive menée par son pays dans la bande de Gaza, le président israélien a demandé à M. Erdogan, en élevant la voix et en le montrant du doigt, comment celui-ci réagirait si des roquettes s'abattaient chaque nuit sur Istanbul.
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Le départ précipité de M. Erdogan a été applaudi par le président Abdullah Gül. "Si on manque de respect à l'égard d'un Premier ministre turc, celui-ci ne va pas l'avaler. Il a fait le nécessaire", a déclaré M. Gül, cité par Anatolie. (Traduction: poser une question facheuse EST un manque de respect. Tout musulman vous le confirmera)
"Nous sommes fiers de toi", ont scandé 3.000 militants du Parti de la justice et du développement (AKP), la formation de M. Erdogan, issue de la mouvance islamiste, qui avaient bravé le froid pour l'accueillir à l'aube vendredi à l'aéroport d'Istanbul.
L'armée turque, qui coopère étroitement avec l'Etat hébreu depuis la signature d'un accord en 1996, a évoqué vendredi les "intérêts" bilatéraux, laissant entendre que les liens ne seraient pas affectés.(ben oui, ça s'appelle la TAQIYA, coups de poignards en live et accords, léchage de cul en coulisses)
Le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a loué le geste de M. Erdogan. "Le Hamas rend hommage à la position courageuse du Premier ministre turc", a affirmé son porte-parole Fawzi Barhoum dans un communiqué. Le journal Al-Khaleej des Emirats Arabes Unis a fait état de l'esclandre de M. Erdogan en première page se réjouissant qu'il ait quitté Davos après "avoir dénoncé l'holocauste israélien à Gaza et défendu les Palestiniens".
En revanche, ce geste a suscité des critiques en Turquie où l'opposition reprochait déjà à M. Erdogan d'avoir apporté son appui au Hamas, au détriment d'Israël, principal allié d'Ankara dans la région.
Très sensible à la cause musulmane, M. Erdogan avait fustigé l'opération de 22 jours d'Israël à Gaza qui a coûté la vie à plus de 1.330 Palestiniens.(Par contre le Darfour, il s'en fout comme de son premier coran)
M. Erdogan s'est justifié en disant: "je ne suis pas un chef de tribu, je suis le Premier ministre de la Turquie. J'ai fait ce que je devais faire".
http://fr.news.yahoo.com/2/20090130/twl-le-turc-erdogan-claque-la-porte-de-d-0a24677.html
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Viiiite l'Europe a besoin de la turquie...Si Bruxelles pouvait accélérer les démarches de ce merveilleux pays? afin qu'il nous enseigne les rudiments de la démocratie, les foutaises de l'holocauste, les règles primaires de la TAQIYA, les enseignements merveilleux de leurs nombreux prix Nobel, les bases du déni de génocide, comment occuper un pays en 3 Taqiya, comment gérer la liberté de la presse, comment magnifier les crimes d'honneur...etc.
On promet de rester béat devant tant de savoirs. Nous, pauvres européens avont tout à apprendre de ce peuple si instruit, si ouvert, si moderne, si objectif.
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TURQUIE • Le "héros de Davos" plus réservé dans son pays
Claquant la porte d'un débat sur la situation à Gaza organisé le 28 janvier dans le cadre du sommet de Davos, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a accusé le président israélien Shimon Pérès de "tuer des gens". Dans le quotidien Milliyet, Ece Temelkuran s'est félicitée dans un premier temps de la franchise d'Erdogan, pour manier ensuite l'ironie. Elle a souhaité que "le personnage courageux qui s'est illustré à Davos en faveur des Palestiniens" puisse faire de même avec toutes les injustices existant aujourd'hui en Turquie.
"Ah ! si on avait quelqu'un d'aussi vaillant qu'à Davos, capable de faire toute la lumière sur les rumeurs selon lesquelles des citoyens turcs d'origine kurde auraient été tués et jetés dans des cuves d'acide ! [de telles rumeurs ont circulé dans le cadre de l'enquête sur le réseau Ergenekon]. A l'instar de celui qui, à Davos, a invoqué la Torah pour dire 'Tu ne tueras point', notre héros à nous pourrait, quant à lui, citer le Coran où il est écrit que tuer est un péché. De même qu'à Davos on a évoqué 'les enfants palestiniens tués sur les plages de Gaza', notre grand homme pourrait peut-être enfin nous expliquer comment, chez nous, des enfants kurdes ont été assassinés. Où est donc, chez nous, celui qui à Davos défendait le Hamas parce qu'il 'a été légitimé par les urnes' ? Cette personne pourrait en effet dire la même chose du DTP [Parti démocratique du peuple, prokurde, considéré comme trop proche du PKK ; Erdogan refuse de serrer la main à ses députés] et affirmer sa légitimité démocratique 'puisqu'ils ont été élus…' Ah ! si l'on pouvait en avoir un comme lui pour mettre à genoux notre Premier ministre, qui s'en prend désormais aux journalistes, opposants, syndicats, bref, à tous ceux qui ne lui ressemblent pas !"
mercredi 28 janvier 2009
Michèle Tribalat, démographe, auteur de "La République et l’islam"
Riposte Laïque : Vous avez écrit en 2002 un livre "La République et l’Islam, entre crainte et aveuglement", avec Jeanne-Hélène Kaltenbach. A cette époque, on était déjà rapidement traité de raciste dès qu’on critiquait certains aspects agressifs de l’islam. Vous dénonciez de nombreux reculs de la République, devant l’offensive islamiste. Quel est votre regard, huit ans après la sortie de ce livre, sur les réponses de la société française ?
Michèle Tribalat : Ce livre, il faut le rappeler, avait un titre bien banal - La République et l’islam - et venait après d’autres ouvrages aux titres tout aussi convenus du genre l’islam et la République ou l’islam dans la République. À l’époque déjà, il était difficile d’annoncer la couleur de manière explicite. J’avais choisi un titre qui me paraissait bien plus pertinent et en rapport avec ce que nous souhaitions traiter dans cet ouvrage : Islam, les yeux grand-fermés. Ce titre exprimait bien notre projet et avait l’avantage de faire référence à un film osé de Stanley Kubrick - Eyes Wide Shut - allusion qui me plaisait beaucoup mais qui n’a pas plu à l’éditeur. Le titre nous a été imposé et je n’ai jamais souhaité le défendre.
Dans ce livre, nous voulions montrer les dangers de l’islamisme, montrer qu’il ne tombait pas soudainement du ciel, si l’on peut dire, que sa légitimité plongeait dans les textes sacrés et qu’il avait donc bien un rapport avec l’islam qu’il ne fallait pas éluder. Tous les commentaires du genre « les actes terroristes n’ont rien à voir avec l’islam » ou « ceux qui ont fait ça ne sont pas des musulmans » sont absolument contre-productifs. Ils n’aident pas les musulmans de bonne volonté à envisager les sacrifices nécessaires à l’acclimatation de l’islam en Europe.
Les terroristes islamistes se réclament de l’islam. Au nom de quoi refuserions-nous de les croire, nous qui ne savons généralement rien de cette religion ? C’est une mauvaise stratégie parce que nous en arrivons à croire que le combat politique se résume à débusquer les cellules islamistes prêtes à poser des bombes. Tant qu’ils ne jouent pas aux artificiers, les militants de l’islam deviendraient ainsi présentables.
Notre livre visait aussi, et sans doute avant tout, à révéler la faiblesse et la complaisance avec lesquelles nous accueillons les exigences politico-religieuses islamiques. Il ne faut pas espérer acclimater l’islam à nos sociétés modernes en présentant ces dernières comme spirituellement vides, sans honneur, sans histoire prestigieuse, sans culture propre, sans traditions, sans rien à défendre, sans continuité à construire. Nous regrettions donc cet autodénigrement, ce goût de l’autre excessif qui enlève toute consistance et tout attrait à la société dans laquelle l’islam doit trouver sa place.
Nos remarques d’alors restent valables. Aujourd’hui, nous aimons l’authentique, pourvu qu’il soit « terroir » ou « exotique ». C’est ce qui nous amène à privilégier un islam tel qu’il se présente, avec ses coutumes, traditions et rites, à un islam rénové et adapté aux exigences de nos sociétés modernes. Nous y voyons un islam authentique alors que nous sommes incultes en la matière. Les musulmans progressistes prêts à moderniser leur religion et les habitudes culturelles qui vont avec nous plaisent beaucoup moins. Pourtant, ils connaissent de l’intérieur les méfaits et ravages d’une obédience aveugle à ce qu’exigerait une application intégrale de l’islam conçu comme parole divine inaltérable. Ils parlent haut et fort, avec émotion, désespoir et colère. Et, paradoxe, ce sont eux qui sont jugés excessifs.
Il s’est ainsi trouvé des « sages » de la commission Stasi pour juger que l’audition de Chahdortt Djavann avait été une faute de goût. La France a tourné le dos à Ayaan Hirsi Ali alors que nous aurions dû être honorés de la compter parmi nous, mais a offert l’asile à un terroriste colombien et gracié une terroriste italienne. J’attends avec impatience la réaction de la France lorsque les États-Unis vont lui demander d’accueillir des « présumés » terroristes de Guantanamo. Il n’est pas impossible que nous en prenions quelques uns pour raison humanitaire.
Nous n’avons pas, à ma connaissance, de mouvement musulman équivalent à celui qui est né aux Etats-Unis dans l’après 11 septembre -« Free Muslim Coalition » - et qui a compris que cet événement engageait la responsabilité des musulmans. Kamal Nawash, à l’origine de Free Muslim Coalition écrivait ainsi : « il ne suffit pas que les modérés musulmans déclarent que certains passages du Coran ont été exploités politiquement. Les musulmans doivent réaliser que ces passages n’auraient pas été exploités s’ils n’existaient pas… Nous, musulmans, devons balayer devant notre porte et congédier les nombreux leaders qui à longueur de sermons prêchent la haine, l’intolérance, la violence. Nous ne devons plus avoir peur d’admettre que, comme musulmans, nous avons un problème avec l’extrémisme violent. Si nous devions rester silencieux, nous ne pourrions espérer que l’on nous entende lorsque nous nous plaignons des stéréotypes et de la discrimination. Nous n’aurions pas à nous plaindre des mesures particulières dont nous faisons l’objet dans les aéroports. Pour dire les choses directement, nous, musulmans ne devons pas seulement nous joindre à la guerre contre la terreur. Nous devons en prendre la tête. »
Nous aurions besoin d’un engagement de musulmans français de ce type. Pour cela, il faudrait ne pas décourager les bonnes volontés et ne pas considérer comme des transfuges douteux ceux qui se détournent de l’islam tel qu’il est. Et il faudrait au contraire assurer leur protection. Ce type de mouvement est indispensable pour que la critique légitime de l’islam ne débouche pas sur une mise en accusation des musulmans dans leur ensemble. Si la plupart des musulmans en désaccord avec les militants de l’islam se taisent et si les hommes et les femmes courageux qui parlent sont déconsidérés, l’amalgame est à redouter.
Nous avons intérêt, l’État a intérêt, à favoriser l’émergence de ce courant de pensée musulman en France, plutôt que de flatter dans le sens du poil ceux qui nous expliquent que l’islam tel qu’il est doit le rester parce qu’il serait un gage de tranquillité. Toute action politique en la matière devrait ainsi être évaluée à l’aulne de cet objectif : « Est-ce qu’elle contribue à soutenir et épauler les hommes et les femmes courageux qui sont engagés dans ce processus de réforme ? Est-ce qu’elle aide les incroyants de culture musulmane à vivre leur vie, à exercer leur liberté de penser sans crainte ? Ou, au contraire, est-ce qu’elle livre les tièdes à la tutelle des islamistes ? »
Riposte Laïque : Vous avez mené, en tant que démographe, des débats assez vifs avec certains de vos collègues sur les statistiques ethniques. Pouvez-vous rappeler à nos lecteurs le contexte de ces débats, et votre position, aujourd’hui, sur cette question ?
Michèle Tribalat : C’est un débat qui remonte à la fin des années 1980. J’étais alors à la tête d’un projet d’enquête qui cherchait à étudier les comportements des immigrés et de leurs descendants au fil des générations, ce qui nécessitait de construire un outil comportant la génération des immigrés (ceux qui se sont déplacés) et celle de leurs enfants nés en France et qui sont français, quelquefois depuis la naissance. Distinguer des Français par origine n’allait pas sans oppositions, sans réticences à l’intérieur de la statistique publique. Mais la sortie des résultats de l’enquête en 1995-96 n’a pas posé de difficultés majeures, même si la statistique publique, partie prenante, a tremblé de peur tout au long de cette opération.
J’avais déjà eu recours à ce type de catégories statistiques dans d’autres écrits antérieurs, passés alors relativement inaperçus. Plus tard, à la fin des années 1990, certains collègues se sont amusés à allumer l’incendie, et ce quelques années après les publications des résultats de cette enquête. J’ai eu droit à toutes les injures et anathèmes possibles sur la question pendant de nombreux mois et, puisque j’étais l’accusée, je n’ai guère eu l’occasion de me défendre sauf à France Culture dans Question d’époque, une émission d’Eliane Contini.
Cela a été une période difficile mais aussi une expérience inoubliable qui m’a durci le cuir. J’ai toujours pensé que la connaissance était indispensable à la formulation des diagnostics et donc à l’élaboration des politiques. J’ai développé depuis d’autres outils partiels à partir des recensements et, ensuite, des enquêtes annuelles qui ont remplacé les recensements, notamment pour l’étude des concentrations ethniques et des voisinages. Je n’ai pas de frein idéologique sur la manière de faire mon métier car je trouve que la question de l’usage que pourraient faire certains esprits mal intentionnés de mes travaux n’est pas de mon ressort et a un relent soviétique qui ne me plaît guère. Un débat argumenté à partir de la connaissance du réel est toujours préférable à un débat fumeux sur des données inconnues que chacun peut manipuler à sa guise. Ces catégories dites ethniques, je les ai donc mises en application depuis plus de 20 ans. La renaissance périodique de l’inquisition en la matière me fait donc plutôt sourire.
Par ailleurs, ce pourquoi on m’aurait mise au bûcher en d’autres temps, est aujourd’hui recommandé par la CNIL et même avalisé par le Conseil constitutionnel. Les données sur la filiation sont aujourd’hui monnaie courante, même si on est encore loin des questions adéquates pour obtenir l’information utile. Pays et nationalité de naissance des parents ne permettent pas de distinguer les nombreux enfants de rapatriés des nombreux enfants d’immigrés. Mais, ce qui fait problème aujourd’hui, ce sont les données ethnoraciales. Autrement dit la production de données statistiques selon la couleur de la peau ou des appartenances ethniques du type arabe ou asiatique, comme il s’en produit aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni. Le problème n’est pas celui de la confidentialité des données car, en la matière, il n’y a plus vraiment de difficulté technique (cryptage, anonymisation des données).
Ce qui me gêne dans le débat actuel est l’absence de cohérence. On ne veut pas construire les instruments permettant de mesurer, mais on veut quand même disposer des informations. On refuse donc d’élaborer des données de qualité sans renoncer au chiffre. Et ce sont aujourd’hui les groupes de pressions tels que le CRAN qui bénéficient de la légitimité statistique. Et pourquoi ? Parce que le charismatique président M. Lozès président du CRAN sait sans doute de quoi il parle. Il connaîtrait donc le nombre de noirs en France, parce que noir (voir courrier à France culture à la suite d’une émission sur la diversité ). L’usage de telles données reste lui-même problématique à l’intérieur de la statistique publique. On voudrait avoir les garanties qu’elles ne soient utilisées que pour faire avancer la cause des populations en question, lutter contre les discriminations, lutter contre les « idées reçues » etc.
On dirait aujourd’hui faire avancer la cause de la diversité. L’idée que l’on élabore une connaissance générale de ces populations et que, en la matière, la liberté soit de mise n’est guère acquise. Cette question tracasse beaucoup la statistique publique qui aimerait contrôler l’usage de ces données. Dans le colloque du CRAN du 18 octobre 2007, Statistique et diversité, Guy Desplanques de l’Insee déclarait : « Les enquêtes réalisées par l’Insee, en partenariat ou non avec d’autres organismes, ont vocation à devenir des matériaux publics, dans le respect des lois de 1978 sur le secret statistique et de la loi informatique et liberté. Il est donc possible que des chercheurs définissent eux-mêmes des regroupements de modalités aux questions ouvertes, s’apparentant à des nomenclatures. Il s’agira dans ce cas d’études au coup par coup, dont l’Insee n’a pas à juger de la pertinence. Il serait cependant souhaitable que les utilisateurs de ces données s’engagent moralement à ne pas utiliser ces questions subjectives pour réaliser des comptages. » Compter n’est-il pas une des premières missions de la statistique publique ?
http://www.ripostelaique.com/Michele-Tribalat-demographe-auteur.html
Michèle Tribalat : Ce livre, il faut le rappeler, avait un titre bien banal - La République et l’islam - et venait après d’autres ouvrages aux titres tout aussi convenus du genre l’islam et la République ou l’islam dans la République. À l’époque déjà, il était difficile d’annoncer la couleur de manière explicite. J’avais choisi un titre qui me paraissait bien plus pertinent et en rapport avec ce que nous souhaitions traiter dans cet ouvrage : Islam, les yeux grand-fermés. Ce titre exprimait bien notre projet et avait l’avantage de faire référence à un film osé de Stanley Kubrick - Eyes Wide Shut - allusion qui me plaisait beaucoup mais qui n’a pas plu à l’éditeur. Le titre nous a été imposé et je n’ai jamais souhaité le défendre.
Dans ce livre, nous voulions montrer les dangers de l’islamisme, montrer qu’il ne tombait pas soudainement du ciel, si l’on peut dire, que sa légitimité plongeait dans les textes sacrés et qu’il avait donc bien un rapport avec l’islam qu’il ne fallait pas éluder. Tous les commentaires du genre « les actes terroristes n’ont rien à voir avec l’islam » ou « ceux qui ont fait ça ne sont pas des musulmans » sont absolument contre-productifs. Ils n’aident pas les musulmans de bonne volonté à envisager les sacrifices nécessaires à l’acclimatation de l’islam en Europe.
Les terroristes islamistes se réclament de l’islam. Au nom de quoi refuserions-nous de les croire, nous qui ne savons généralement rien de cette religion ? C’est une mauvaise stratégie parce que nous en arrivons à croire que le combat politique se résume à débusquer les cellules islamistes prêtes à poser des bombes. Tant qu’ils ne jouent pas aux artificiers, les militants de l’islam deviendraient ainsi présentables.
Notre livre visait aussi, et sans doute avant tout, à révéler la faiblesse et la complaisance avec lesquelles nous accueillons les exigences politico-religieuses islamiques. Il ne faut pas espérer acclimater l’islam à nos sociétés modernes en présentant ces dernières comme spirituellement vides, sans honneur, sans histoire prestigieuse, sans culture propre, sans traditions, sans rien à défendre, sans continuité à construire. Nous regrettions donc cet autodénigrement, ce goût de l’autre excessif qui enlève toute consistance et tout attrait à la société dans laquelle l’islam doit trouver sa place.
Nos remarques d’alors restent valables. Aujourd’hui, nous aimons l’authentique, pourvu qu’il soit « terroir » ou « exotique ». C’est ce qui nous amène à privilégier un islam tel qu’il se présente, avec ses coutumes, traditions et rites, à un islam rénové et adapté aux exigences de nos sociétés modernes. Nous y voyons un islam authentique alors que nous sommes incultes en la matière. Les musulmans progressistes prêts à moderniser leur religion et les habitudes culturelles qui vont avec nous plaisent beaucoup moins. Pourtant, ils connaissent de l’intérieur les méfaits et ravages d’une obédience aveugle à ce qu’exigerait une application intégrale de l’islam conçu comme parole divine inaltérable. Ils parlent haut et fort, avec émotion, désespoir et colère. Et, paradoxe, ce sont eux qui sont jugés excessifs.
Il s’est ainsi trouvé des « sages » de la commission Stasi pour juger que l’audition de Chahdortt Djavann avait été une faute de goût. La France a tourné le dos à Ayaan Hirsi Ali alors que nous aurions dû être honorés de la compter parmi nous, mais a offert l’asile à un terroriste colombien et gracié une terroriste italienne. J’attends avec impatience la réaction de la France lorsque les États-Unis vont lui demander d’accueillir des « présumés » terroristes de Guantanamo. Il n’est pas impossible que nous en prenions quelques uns pour raison humanitaire.
Nous n’avons pas, à ma connaissance, de mouvement musulman équivalent à celui qui est né aux Etats-Unis dans l’après 11 septembre -« Free Muslim Coalition » - et qui a compris que cet événement engageait la responsabilité des musulmans. Kamal Nawash, à l’origine de Free Muslim Coalition écrivait ainsi : « il ne suffit pas que les modérés musulmans déclarent que certains passages du Coran ont été exploités politiquement. Les musulmans doivent réaliser que ces passages n’auraient pas été exploités s’ils n’existaient pas… Nous, musulmans, devons balayer devant notre porte et congédier les nombreux leaders qui à longueur de sermons prêchent la haine, l’intolérance, la violence. Nous ne devons plus avoir peur d’admettre que, comme musulmans, nous avons un problème avec l’extrémisme violent. Si nous devions rester silencieux, nous ne pourrions espérer que l’on nous entende lorsque nous nous plaignons des stéréotypes et de la discrimination. Nous n’aurions pas à nous plaindre des mesures particulières dont nous faisons l’objet dans les aéroports. Pour dire les choses directement, nous, musulmans ne devons pas seulement nous joindre à la guerre contre la terreur. Nous devons en prendre la tête. »
Nous aurions besoin d’un engagement de musulmans français de ce type. Pour cela, il faudrait ne pas décourager les bonnes volontés et ne pas considérer comme des transfuges douteux ceux qui se détournent de l’islam tel qu’il est. Et il faudrait au contraire assurer leur protection. Ce type de mouvement est indispensable pour que la critique légitime de l’islam ne débouche pas sur une mise en accusation des musulmans dans leur ensemble. Si la plupart des musulmans en désaccord avec les militants de l’islam se taisent et si les hommes et les femmes courageux qui parlent sont déconsidérés, l’amalgame est à redouter.
Nous avons intérêt, l’État a intérêt, à favoriser l’émergence de ce courant de pensée musulman en France, plutôt que de flatter dans le sens du poil ceux qui nous expliquent que l’islam tel qu’il est doit le rester parce qu’il serait un gage de tranquillité. Toute action politique en la matière devrait ainsi être évaluée à l’aulne de cet objectif : « Est-ce qu’elle contribue à soutenir et épauler les hommes et les femmes courageux qui sont engagés dans ce processus de réforme ? Est-ce qu’elle aide les incroyants de culture musulmane à vivre leur vie, à exercer leur liberté de penser sans crainte ? Ou, au contraire, est-ce qu’elle livre les tièdes à la tutelle des islamistes ? »
Riposte Laïque : Vous avez mené, en tant que démographe, des débats assez vifs avec certains de vos collègues sur les statistiques ethniques. Pouvez-vous rappeler à nos lecteurs le contexte de ces débats, et votre position, aujourd’hui, sur cette question ?
Michèle Tribalat : C’est un débat qui remonte à la fin des années 1980. J’étais alors à la tête d’un projet d’enquête qui cherchait à étudier les comportements des immigrés et de leurs descendants au fil des générations, ce qui nécessitait de construire un outil comportant la génération des immigrés (ceux qui se sont déplacés) et celle de leurs enfants nés en France et qui sont français, quelquefois depuis la naissance. Distinguer des Français par origine n’allait pas sans oppositions, sans réticences à l’intérieur de la statistique publique. Mais la sortie des résultats de l’enquête en 1995-96 n’a pas posé de difficultés majeures, même si la statistique publique, partie prenante, a tremblé de peur tout au long de cette opération.
J’avais déjà eu recours à ce type de catégories statistiques dans d’autres écrits antérieurs, passés alors relativement inaperçus. Plus tard, à la fin des années 1990, certains collègues se sont amusés à allumer l’incendie, et ce quelques années après les publications des résultats de cette enquête. J’ai eu droit à toutes les injures et anathèmes possibles sur la question pendant de nombreux mois et, puisque j’étais l’accusée, je n’ai guère eu l’occasion de me défendre sauf à France Culture dans Question d’époque, une émission d’Eliane Contini.
Cela a été une période difficile mais aussi une expérience inoubliable qui m’a durci le cuir. J’ai toujours pensé que la connaissance était indispensable à la formulation des diagnostics et donc à l’élaboration des politiques. J’ai développé depuis d’autres outils partiels à partir des recensements et, ensuite, des enquêtes annuelles qui ont remplacé les recensements, notamment pour l’étude des concentrations ethniques et des voisinages. Je n’ai pas de frein idéologique sur la manière de faire mon métier car je trouve que la question de l’usage que pourraient faire certains esprits mal intentionnés de mes travaux n’est pas de mon ressort et a un relent soviétique qui ne me plaît guère. Un débat argumenté à partir de la connaissance du réel est toujours préférable à un débat fumeux sur des données inconnues que chacun peut manipuler à sa guise. Ces catégories dites ethniques, je les ai donc mises en application depuis plus de 20 ans. La renaissance périodique de l’inquisition en la matière me fait donc plutôt sourire.
Par ailleurs, ce pourquoi on m’aurait mise au bûcher en d’autres temps, est aujourd’hui recommandé par la CNIL et même avalisé par le Conseil constitutionnel. Les données sur la filiation sont aujourd’hui monnaie courante, même si on est encore loin des questions adéquates pour obtenir l’information utile. Pays et nationalité de naissance des parents ne permettent pas de distinguer les nombreux enfants de rapatriés des nombreux enfants d’immigrés. Mais, ce qui fait problème aujourd’hui, ce sont les données ethnoraciales. Autrement dit la production de données statistiques selon la couleur de la peau ou des appartenances ethniques du type arabe ou asiatique, comme il s’en produit aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni. Le problème n’est pas celui de la confidentialité des données car, en la matière, il n’y a plus vraiment de difficulté technique (cryptage, anonymisation des données).
Ce qui me gêne dans le débat actuel est l’absence de cohérence. On ne veut pas construire les instruments permettant de mesurer, mais on veut quand même disposer des informations. On refuse donc d’élaborer des données de qualité sans renoncer au chiffre. Et ce sont aujourd’hui les groupes de pressions tels que le CRAN qui bénéficient de la légitimité statistique. Et pourquoi ? Parce que le charismatique président M. Lozès président du CRAN sait sans doute de quoi il parle. Il connaîtrait donc le nombre de noirs en France, parce que noir (voir courrier à France culture à la suite d’une émission sur la diversité ). L’usage de telles données reste lui-même problématique à l’intérieur de la statistique publique. On voudrait avoir les garanties qu’elles ne soient utilisées que pour faire avancer la cause des populations en question, lutter contre les discriminations, lutter contre les « idées reçues » etc.
On dirait aujourd’hui faire avancer la cause de la diversité. L’idée que l’on élabore une connaissance générale de ces populations et que, en la matière, la liberté soit de mise n’est guère acquise. Cette question tracasse beaucoup la statistique publique qui aimerait contrôler l’usage de ces données. Dans le colloque du CRAN du 18 octobre 2007, Statistique et diversité, Guy Desplanques de l’Insee déclarait : « Les enquêtes réalisées par l’Insee, en partenariat ou non avec d’autres organismes, ont vocation à devenir des matériaux publics, dans le respect des lois de 1978 sur le secret statistique et de la loi informatique et liberté. Il est donc possible que des chercheurs définissent eux-mêmes des regroupements de modalités aux questions ouvertes, s’apparentant à des nomenclatures. Il s’agira dans ce cas d’études au coup par coup, dont l’Insee n’a pas à juger de la pertinence. Il serait cependant souhaitable que les utilisateurs de ces données s’engagent moralement à ne pas utiliser ces questions subjectives pour réaliser des comptages. » Compter n’est-il pas une des premières missions de la statistique publique ?
http://www.ripostelaique.com/Michele-Tribalat-demographe-auteur.html
mardi 27 janvier 2009
Allemagne: Un rapport souligne l'échec de l'intégration des Turcs
BERLIN - Les Turcs ou personnes d'origine turque sont parmi les immigrés les moins bien intégrés en Allemagne alors qu'ils sont parmi les plus nombreux, souligne un rapport à paraître lundi et dont de larges extraits sont diffusés par la presse dimanche.
La "deuxième génération", c'est-à-dire les enfants des premiers immigrés turcs arrivés il y a 50 ans, n'est pas beaucoup mieux intégrée avec un taux exceptionnellement élevé d'échec scolaire et de chômage, selon l'étude de l'Institut de Berlin pour la Population et le Développement, révélée par l'hedomadaire Der Spiegel.
"Si l'on compare les Turcs avec les autres immigrés, vous avez plus souvent des gens qui n'ont qu'un diplôme de collège, voire pas de diplôme du tout", explique le directeur de l'Institut, Reiner Klingholz, dans le magazine qui titre: "Pour toujours étranger".
"Ils fréquentent moins le lycée que les autres immigrés, il y a moins de diplômés du baccalauréat et moins de gens qui font des études universitaires", ajoute-t-il.
L'étude, qui, pour la première fois, compare le degré d'intégration des différentes populations immigrées vivant en Allemagne, doit être présentée lundi à Berlin.
Selon les résultats publiés également par Welt am Sonntag, 30% des jeunes turcs ou d'origine turque sortent de l'école sans le moindre diplôme. Seuls 14% obtiennent le bac, un pourcentage inférieur de plus de moitié à celui des Allemands décrochant ce diplôme.
Ils sont ensuite beaucoup plus souvent confrontés au chômage, le taux de femmes au foyer y est "extrêmement élevé et beaucoup sont dépendants des aides sociales", selon le journal dominical qui titre "Echec de l'intégration".
"Après parfois trois générations en Allemagne, même avec un passeport allemand, un nombre alarmant et élevé d'immigrés vit dans une société parallèle et leur avenir semble mauvais", conclut Der Spiegel.
La maîtrise de la langue allemande est le principal enjeu de l'intégration, expliquent les auteurs de l'étude. "Nous nous sommes depuis trop longtemps habitués à avoir des classes d'école primaire où 80% des élèves ne comprennent pas l'allemand", critique Reiner Klingholz.
Avec un peu moins de trois millions de personnes, les Turcs ou personnes d'origine turque sont le deuxième plus grand groupe d'immigrés, après les "rapatriés" ("Aussiedler"), les personnes d'origine allemande qui vivaient en URSS jusqu'à son effondrement.
Quelque 4 millions d'entre eux vivent aujourd'hui en Allemagne. Profitant du principe du "droit du sang", ils ont obtenu la nationalité allemande dès leur arrivée bien que beaucoup, installés depuis des générations dans l'Empire soviétique, ne parlaient pas ou très mal allemand à leur arrivée.
Mais dans cette catégorie d'immigrés, seuls 3% terminent l'école sans le moindre diplôme.
L'échec de l'intégration des immigrés suscite un débat récurrent en Allemagne. Pendant des décennies, le pays, traumatisé par les horreurs nazies, a accueilli sans discrimination des centaines de milliers d'étrangers mais sans se soucier réellement de leur intégration.
Ce modèle dit "multikulti" a fait long feu, notamment lorsque l'Allemagne a découvert avec stupeur l'existence de "sociétés parallèles" qui ignorent l'allemand ou pratiquent les mariages forcés.
Plusieurs affaires de crimes dits d'honneur ont également montré l'échec de cette politique.
Quelque 15 millions de personnes sur une population totale de 82 millions, soit moins de 20%, sont étrangères ou d'origine étrangère en Allemagne.
(©AFP / 25 janvier 2009)
La "deuxième génération", c'est-à-dire les enfants des premiers immigrés turcs arrivés il y a 50 ans, n'est pas beaucoup mieux intégrée avec un taux exceptionnellement élevé d'échec scolaire et de chômage, selon l'étude de l'Institut de Berlin pour la Population et le Développement, révélée par l'hedomadaire Der Spiegel.
"Si l'on compare les Turcs avec les autres immigrés, vous avez plus souvent des gens qui n'ont qu'un diplôme de collège, voire pas de diplôme du tout", explique le directeur de l'Institut, Reiner Klingholz, dans le magazine qui titre: "Pour toujours étranger".
"Ils fréquentent moins le lycée que les autres immigrés, il y a moins de diplômés du baccalauréat et moins de gens qui font des études universitaires", ajoute-t-il.
L'étude, qui, pour la première fois, compare le degré d'intégration des différentes populations immigrées vivant en Allemagne, doit être présentée lundi à Berlin.
Selon les résultats publiés également par Welt am Sonntag, 30% des jeunes turcs ou d'origine turque sortent de l'école sans le moindre diplôme. Seuls 14% obtiennent le bac, un pourcentage inférieur de plus de moitié à celui des Allemands décrochant ce diplôme.
Ils sont ensuite beaucoup plus souvent confrontés au chômage, le taux de femmes au foyer y est "extrêmement élevé et beaucoup sont dépendants des aides sociales", selon le journal dominical qui titre "Echec de l'intégration".
"Après parfois trois générations en Allemagne, même avec un passeport allemand, un nombre alarmant et élevé d'immigrés vit dans une société parallèle et leur avenir semble mauvais", conclut Der Spiegel.
La maîtrise de la langue allemande est le principal enjeu de l'intégration, expliquent les auteurs de l'étude. "Nous nous sommes depuis trop longtemps habitués à avoir des classes d'école primaire où 80% des élèves ne comprennent pas l'allemand", critique Reiner Klingholz.
Avec un peu moins de trois millions de personnes, les Turcs ou personnes d'origine turque sont le deuxième plus grand groupe d'immigrés, après les "rapatriés" ("Aussiedler"), les personnes d'origine allemande qui vivaient en URSS jusqu'à son effondrement.
Quelque 4 millions d'entre eux vivent aujourd'hui en Allemagne. Profitant du principe du "droit du sang", ils ont obtenu la nationalité allemande dès leur arrivée bien que beaucoup, installés depuis des générations dans l'Empire soviétique, ne parlaient pas ou très mal allemand à leur arrivée.
Mais dans cette catégorie d'immigrés, seuls 3% terminent l'école sans le moindre diplôme.
L'échec de l'intégration des immigrés suscite un débat récurrent en Allemagne. Pendant des décennies, le pays, traumatisé par les horreurs nazies, a accueilli sans discrimination des centaines de milliers d'étrangers mais sans se soucier réellement de leur intégration.
Ce modèle dit "multikulti" a fait long feu, notamment lorsque l'Allemagne a découvert avec stupeur l'existence de "sociétés parallèles" qui ignorent l'allemand ou pratiquent les mariages forcés.
Plusieurs affaires de crimes dits d'honneur ont également montré l'échec de cette politique.
Quelque 15 millions de personnes sur une population totale de 82 millions, soit moins de 20%, sont étrangères ou d'origine étrangère en Allemagne.
(©AFP / 25 janvier 2009)
samedi 24 janvier 2009
Gaza : Un journal italien contredit la pensée dominante.
Lisez cette traduction (de Josiane Sbiro) d'un article paru sur le très sérieux quotidien italien Corriere della sera
Les habitants de Gaza accusent les militants islamistes : « ils nous ordonnaient d'abandonner les maisons et de les protéger »
GAZA. « Partez, filez d'ici ! Vous voulez que les Israéliens vous tuent tous ? Vous voulez voir mourir sous les bombes nos enfants ? Enlevez d'ici vos armes et vos missiles » hurlaient les habitants des quartiers de Gaza contre les militants du Hamas et leurs alliés du Jihad Islamique. Les plus courageux s'étaient organisés et avaient barricadé la porte d'accès de leurs appartements, fermé aussi les entrées des immeubles et bloqué en hâte les escaliers pour les étages les plus hauts. Mais la guérilla n'écoutait personne. «Traîtres. Collaborateurs d'Israël. Espions du Fatah, lâches.» Les soldats de la guerre sainte vous puniront. Et dans toutes les maisons vous mourrez tous, comme nous. En combattant les juifs sionistes nous sommes tous destinés au paradis, vous n'êtes pas heureux de mourir ensemble ? » Et ainsi hurlant, furieux, ils abattaient portes et fenêtres, se cachaient dans les étages les plus élevés, dans les jardins, utilisaient les ambulances, se barricadaient près des hôpitaux, des écoles des édifices de l'ONU.
Dans les cas extrêmes, ils tiraient sur qui cherchait à bloquer la rue pour sauver sa propre famille, ou les abattaient sauvagement. « Les miliciens du Hamas cherchaient de bons emplacements pour provoquer les Israéliens. C'étaient même de jeunes enfants de 16 ou 17 ans armés de mitrailleuses. Ils ne pouvaient rien contre un tank ou un jet. Ils se savaient beaucoup plus faibles. Mais ils voulaient que cela se passe dans nos maisons pour les faire accuser ensuite de crimes de guerre » soutient Abou Issa de 42 ans, habitant le quartier de Tel AWA. « Pratiquement tous les immeubles les plus hauts de Gaza qui ont été frappés de bombes israéliennes, comme le Dodmoush, Andalous,Jawarah, Siussi et tant d'autres, avaient sur les toits des rampes de lancement ou des points d'observation du Hamas. Ils en avaient même placé près du grand dépôt de l'ONU parti ensuite en fumée, et la même chose valait pour les villages le long de la ligne de frontière qui fut ensuite la plus dévastée par la furie punitive des sionistes » lui fait écho sa cousine, Um Abdallah, 48 ans. Usage d'entente familiale. Mais ils fournissaient des détails bien circonstanciés. Il aurait été difficile de récuser ces témoignages. Ici en général, triomphe la peur du Hamas et s'imposent les tabous idéologiques alimentés par un siècle de guerre avec « l'ennemi sioniste ».
Quiconque raconte une version différente imposée de la « muhamawa » (la résistance) est automatiquement un collaborateur et risque sa vie. (...)
Et c'est un autre chiffre qui apparaît toujours plus évident en visitant les cliniques, les hôpitaux et les familles des victimes du feu israélien. En vérité leur nombre semble moins élevé que 1300 morts, outre les 5000 blessés dénombrés par les hommes du Hamas, et répercutés par les officiels de l'ONU et de la Croix Rouge locale.
« Le nombre de morts ne devrait pas dépasser 500 ou 600. Pour la plupart des jeunes entre 17 et 23 ans, recruté dans les filets du Hamas qui les a littéralement envoyés au massacre », nous dit un médecin de l'hôpital Shiffa qui ne veut absolument pas être cité et y risque sa vie. Un chiffre confirmé pourtant même par les journalistes locaux : « Nous l'avons déjà signalé aux chefs du Hamas. Pourquoi ils persistent à gonfler le nombre de victimes ? Ils espèrent entre autre, que les autorités officielles occidentales les officialiseront sans vérification. La vérité pourrait pourtant surgir. Cela pourrait comme à Djénine en 2002. Initialement on parlait de 1500 morts. Il s'avéra qu'ils n'étaient que 54 parmi lesquels 45 au moins morts en combattant.
Comment sont vérifiés ces chiffres ?
« Prenons le cas du massacre de la famille Al Samoun du quartier Zeitoun. Quand les bombes ont frappé leurs habitations, ils ont annoncé qu'il y avait eu 31 morts. Et c'est ainsi que c'est enregistré auprès des officiels du Ministère de la santé contrôlé par le Hamas. Puis, quand les corps sot effectivement récupérés, la somme totale est ramenée à 62 et c'est ainsi que tous les bilans ont été conclus, » explique Masoda Al Samoun de 24 ans. Elle ajoute un détail intéressant : « pour mélanger les pistes s'y étaient mis les escouades spéciales israéliennes. Leurs hommes étaient travestis en guerriers du Hamas, avec le bandeau vert lié sur le front et l'inscription habituelle : il n'y a pas d'autres dieu qu'Allah, et Mahomet est son prophète. Ils se mêlaient aux combattants pour créer le Chaos. Nous ne cessions de leur crier de partir, nous craignions les représailles. Plus tard nous avons compris qu'il s'agissait d'Israéliens. »
Il suffit de visiter quelques hôpitaux pour comprendre que les comptes ne correspondent pas. Beaucoup de lits sont libres à l'hôpital européen de Raffah , un de ceux qui devraient être le plus envahi de victimes de la « guerre des tunnels israélienne » Il en va de même pour le « Nasser » de Khan Yunes. Seuls 5 lits des 150 de l'hôpital privé Al-Amal sont occupés. A Gaza city le Wafa construit grâce aux dons caritatifs de l'Arabie Saoudite, du Quatar et des autres pays du golfe a été évacué et bombardé par les israéliens fin décembre.
L'institution est réputée être une place forte du Hamas, là viennent se cacher ses combattants engagés dans la guerre contre le Fatah en 2007. Les autres ont investi Al Qods bombardé à son tour la seconde quinzaine de janvier.
A propos de ces faits, Magah al Rachmah 25 ans habitant à moins de quelques dizaines de mètres des quatre grands immeubles du complexe sanitaire aujourd'hui sérieusement endommagé, « les hommes du Hamas s'y étaient réfugiés surtout dans les offices administratifs de Al Qods. Ils utilisaient les ambulances et avaient contraint ambulanciers et infirmières a leur fournir des uniformes avec les signes distinctifs de paramédicaux, on pouvait ainsi les confondre, et ils pouvaient mieux échapper aux recherche des israéliens ». Tout ceci a réduit gravement le nombre de lits disponibles dans les institutions sanitaires de Gaza. D'autre part, le Shifah est le plus grand hôpital de la ville est bien loin d'avoir révélé tous ses secrets. Ses souterrains sembleraient densément occupés. « Le Hamas y avaient caché des salles de survie et les salles d'interrogatoire pour les prisonniers du Fatah et ceux de la gauche laïque, qui avaient été évacués de la prison bombardée de Saraja », disent les militants du Front Démocratique de la Palestine.
C'était une guerre intestine dans la guerre entre le Fatah et le Hamas. Les organisations humanitaires locales, pour la plupart rattachées à l'OLP, racontent « des dizaines d'exécutions, des cas de torture, surtout durant les trois dernières semaines » perpétrées par le Hamas. Un des cas les plus connus, est celui de Ahmad Shakhura, 47 ans, habitant de Khan Younes et frère de Khaled, bras droit de Dahlan (ancien chef des services de Sécurité d'Arafat toujours en exil) qui a été kidnappé sur ordre du chef de la police secrète locale du Hamas, Abu Abdallah Al Kidra, sauvagement torturé, on lui aurait arraché l'œil gauche, et il aurait enfin été tué le 15 janvier.
Laurenzo Cremonesi
Version originale : www.corriere.it/esteri/09_gennaio_21/denuncia_hamas_cremonesi_ac41c6f4-e802-11dd-833f-00144f02aabc.shtml
Titre original :Cosi ragazzini di Hamas ci hanno utilizzato come bersagli
http://www.mohamed-sifaoui.com/article-27090859.html
Les habitants de Gaza accusent les militants islamistes : « ils nous ordonnaient d'abandonner les maisons et de les protéger »
GAZA. « Partez, filez d'ici ! Vous voulez que les Israéliens vous tuent tous ? Vous voulez voir mourir sous les bombes nos enfants ? Enlevez d'ici vos armes et vos missiles » hurlaient les habitants des quartiers de Gaza contre les militants du Hamas et leurs alliés du Jihad Islamique. Les plus courageux s'étaient organisés et avaient barricadé la porte d'accès de leurs appartements, fermé aussi les entrées des immeubles et bloqué en hâte les escaliers pour les étages les plus hauts. Mais la guérilla n'écoutait personne. «Traîtres. Collaborateurs d'Israël. Espions du Fatah, lâches.» Les soldats de la guerre sainte vous puniront. Et dans toutes les maisons vous mourrez tous, comme nous. En combattant les juifs sionistes nous sommes tous destinés au paradis, vous n'êtes pas heureux de mourir ensemble ? » Et ainsi hurlant, furieux, ils abattaient portes et fenêtres, se cachaient dans les étages les plus élevés, dans les jardins, utilisaient les ambulances, se barricadaient près des hôpitaux, des écoles des édifices de l'ONU.
Dans les cas extrêmes, ils tiraient sur qui cherchait à bloquer la rue pour sauver sa propre famille, ou les abattaient sauvagement. « Les miliciens du Hamas cherchaient de bons emplacements pour provoquer les Israéliens. C'étaient même de jeunes enfants de 16 ou 17 ans armés de mitrailleuses. Ils ne pouvaient rien contre un tank ou un jet. Ils se savaient beaucoup plus faibles. Mais ils voulaient que cela se passe dans nos maisons pour les faire accuser ensuite de crimes de guerre » soutient Abou Issa de 42 ans, habitant le quartier de Tel AWA. « Pratiquement tous les immeubles les plus hauts de Gaza qui ont été frappés de bombes israéliennes, comme le Dodmoush, Andalous,Jawarah, Siussi et tant d'autres, avaient sur les toits des rampes de lancement ou des points d'observation du Hamas. Ils en avaient même placé près du grand dépôt de l'ONU parti ensuite en fumée, et la même chose valait pour les villages le long de la ligne de frontière qui fut ensuite la plus dévastée par la furie punitive des sionistes » lui fait écho sa cousine, Um Abdallah, 48 ans. Usage d'entente familiale. Mais ils fournissaient des détails bien circonstanciés. Il aurait été difficile de récuser ces témoignages. Ici en général, triomphe la peur du Hamas et s'imposent les tabous idéologiques alimentés par un siècle de guerre avec « l'ennemi sioniste ».
Quiconque raconte une version différente imposée de la « muhamawa » (la résistance) est automatiquement un collaborateur et risque sa vie. (...)
Et c'est un autre chiffre qui apparaît toujours plus évident en visitant les cliniques, les hôpitaux et les familles des victimes du feu israélien. En vérité leur nombre semble moins élevé que 1300 morts, outre les 5000 blessés dénombrés par les hommes du Hamas, et répercutés par les officiels de l'ONU et de la Croix Rouge locale.
« Le nombre de morts ne devrait pas dépasser 500 ou 600. Pour la plupart des jeunes entre 17 et 23 ans, recruté dans les filets du Hamas qui les a littéralement envoyés au massacre », nous dit un médecin de l'hôpital Shiffa qui ne veut absolument pas être cité et y risque sa vie. Un chiffre confirmé pourtant même par les journalistes locaux : « Nous l'avons déjà signalé aux chefs du Hamas. Pourquoi ils persistent à gonfler le nombre de victimes ? Ils espèrent entre autre, que les autorités officielles occidentales les officialiseront sans vérification. La vérité pourrait pourtant surgir. Cela pourrait comme à Djénine en 2002. Initialement on parlait de 1500 morts. Il s'avéra qu'ils n'étaient que 54 parmi lesquels 45 au moins morts en combattant.
Comment sont vérifiés ces chiffres ?
« Prenons le cas du massacre de la famille Al Samoun du quartier Zeitoun. Quand les bombes ont frappé leurs habitations, ils ont annoncé qu'il y avait eu 31 morts. Et c'est ainsi que c'est enregistré auprès des officiels du Ministère de la santé contrôlé par le Hamas. Puis, quand les corps sot effectivement récupérés, la somme totale est ramenée à 62 et c'est ainsi que tous les bilans ont été conclus, » explique Masoda Al Samoun de 24 ans. Elle ajoute un détail intéressant : « pour mélanger les pistes s'y étaient mis les escouades spéciales israéliennes. Leurs hommes étaient travestis en guerriers du Hamas, avec le bandeau vert lié sur le front et l'inscription habituelle : il n'y a pas d'autres dieu qu'Allah, et Mahomet est son prophète. Ils se mêlaient aux combattants pour créer le Chaos. Nous ne cessions de leur crier de partir, nous craignions les représailles. Plus tard nous avons compris qu'il s'agissait d'Israéliens. »
Il suffit de visiter quelques hôpitaux pour comprendre que les comptes ne correspondent pas. Beaucoup de lits sont libres à l'hôpital européen de Raffah , un de ceux qui devraient être le plus envahi de victimes de la « guerre des tunnels israélienne » Il en va de même pour le « Nasser » de Khan Yunes. Seuls 5 lits des 150 de l'hôpital privé Al-Amal sont occupés. A Gaza city le Wafa construit grâce aux dons caritatifs de l'Arabie Saoudite, du Quatar et des autres pays du golfe a été évacué et bombardé par les israéliens fin décembre.
L'institution est réputée être une place forte du Hamas, là viennent se cacher ses combattants engagés dans la guerre contre le Fatah en 2007. Les autres ont investi Al Qods bombardé à son tour la seconde quinzaine de janvier.
A propos de ces faits, Magah al Rachmah 25 ans habitant à moins de quelques dizaines de mètres des quatre grands immeubles du complexe sanitaire aujourd'hui sérieusement endommagé, « les hommes du Hamas s'y étaient réfugiés surtout dans les offices administratifs de Al Qods. Ils utilisaient les ambulances et avaient contraint ambulanciers et infirmières a leur fournir des uniformes avec les signes distinctifs de paramédicaux, on pouvait ainsi les confondre, et ils pouvaient mieux échapper aux recherche des israéliens ». Tout ceci a réduit gravement le nombre de lits disponibles dans les institutions sanitaires de Gaza. D'autre part, le Shifah est le plus grand hôpital de la ville est bien loin d'avoir révélé tous ses secrets. Ses souterrains sembleraient densément occupés. « Le Hamas y avaient caché des salles de survie et les salles d'interrogatoire pour les prisonniers du Fatah et ceux de la gauche laïque, qui avaient été évacués de la prison bombardée de Saraja », disent les militants du Front Démocratique de la Palestine.
C'était une guerre intestine dans la guerre entre le Fatah et le Hamas. Les organisations humanitaires locales, pour la plupart rattachées à l'OLP, racontent « des dizaines d'exécutions, des cas de torture, surtout durant les trois dernières semaines » perpétrées par le Hamas. Un des cas les plus connus, est celui de Ahmad Shakhura, 47 ans, habitant de Khan Younes et frère de Khaled, bras droit de Dahlan (ancien chef des services de Sécurité d'Arafat toujours en exil) qui a été kidnappé sur ordre du chef de la police secrète locale du Hamas, Abu Abdallah Al Kidra, sauvagement torturé, on lui aurait arraché l'œil gauche, et il aurait enfin été tué le 15 janvier.
Laurenzo Cremonesi
Version originale : www.corriere.it/esteri/09_gennaio_21/denuncia_hamas_cremonesi_ac41c6f4-e802-11dd-833f-00144f02aabc.shtml
Titre original :Cosi ragazzini di Hamas ci hanno utilizzato come bersagli
http://www.mohamed-sifaoui.com/article-27090859.html
jeudi 22 janvier 2009
Tadjikistan: salafistes = hors la loi
ASIE CENTRALE • Les islamistes ne sont pas en odeur de sainteté
Plusieurs gouvernement de la région durcissent leur législation. Il veulent contrer l'influence grandissante des mouvements radicaux au moment où les économies locales sont durement frappées par la crise.
Le mouvement salafiste "de plus en plus populaire parmi les jeunes citadins tadjiks bien éduqués est désormais hors la loi", rapporte le site d'information tadjik Asiaplus.tj. Les autorités du pays auraient pris cette décision pour "défendre l'ordre constitutionnel, renforcer la sécurité nationale et prévenir la discorde interconfessionnelle. Car l'objectif de ces extrémistes, soupçonnés d'avoir fermenté des actes terroristes, est de renverser le pouvoir." Les intéressés s'en défendent, affirmant ne pas avoir une organisation structurée et ne représenter qu'une simple idéologie.
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Mais que fait le MRAP ????
Plusieurs gouvernement de la région durcissent leur législation. Il veulent contrer l'influence grandissante des mouvements radicaux au moment où les économies locales sont durement frappées par la crise.
Le mouvement salafiste "de plus en plus populaire parmi les jeunes citadins tadjiks bien éduqués est désormais hors la loi", rapporte le site d'information tadjik Asiaplus.tj. Les autorités du pays auraient pris cette décision pour "défendre l'ordre constitutionnel, renforcer la sécurité nationale et prévenir la discorde interconfessionnelle. Car l'objectif de ces extrémistes, soupçonnés d'avoir fermenté des actes terroristes, est de renverser le pouvoir." Les intéressés s'en défendent, affirmant ne pas avoir une organisation structurée et ne représenter qu'une simple idéologie.
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Mais que fait le MRAP ????
Le juif, coupable universel
par Pierre Jourde
LE MONDE
Depuis l'entrée de Tsahal dans la bande de Gaza, les médias parlent benoîtement d'"importation du conflit", de "violences intercommunautaires". Elles sont tout de même un peu à sens unique, les violences "intercommunautaires". Cela consiste, en gros, à ce que des jeunes gens d'origine arabo-musulmane s'en prennent à des juifs, manifestant par là leur soutien à leurs "frères" palestiniens opprimés. Ils n'ont d'ailleurs pas attendu le conflit de Gaza pour pratiquer ce sport, et l'agression ou l'injure adressée aux juifs est devenue un phénomène récurrent.
La mort de centaines de femmes et d'enfants palestiniens est un désastre humain qui doit susciter en tout homme l'horreur et la compassion. En conséquence de quoi, il est légitime d'aller casser la figure à un juif de France qui n'y est pour rien. Sans doute parce que ces gens-là, c'est bien connu, forment un lobby. Tout juif est complice.
Que soutiennent-ils, en tant que quoi manifestent-ils, ceux qui cassent du juif, et ceux qui manifestent contre l'opération israélienne ?
Soutiennent-ils le Hamas ? Savent-ils que les textes de référence de ce mouvement n'ont rien à envier à ceux du Parti nazi ? Que son objectif déclaré est de tuer les juifs et de détruire Israël ? Veulent-ils qu'Israël reçoive éternellement ses missiles sans réagir ? Savent-ils que l'intrication des combattants et des civils est telle, à Gaza, que faire le tri lors d'une opération militaire est d'une extrême difficulté ?
Réagissent-ils en tant qu'Arabes ? Mais ils sont français, et en quoi un Français est-il impliqué dans un conflit international, sinon au nom de la justice universelle ? Réagissent-ils alors au nom de la justice universelle ? En tant qu'êtres humains ? Mais alors, pourquoi ne se révoltent-ils pas quand on massacre les Indiens du Chiapas, les Tibétains ? Pourquoi les centaines de milliers de morts, les inconcevables cruautés perpétrées au Darfour ne les jettent-ils pas dans les rues ? Tout de même pas parce qu'elles sont le fait des milices d'un régime islamiste ? Pourquoi ne trouvent-ils pas étrange que les communautés juives aient quasiment disparu de tous les pays arabes, après persécutions et spoliations ? Pourquoi ne réclament-ils pas, au nom de la justice, le droit au retour des juifs chassés ?
S'ils réagissent en tant qu'Arabes, où étaient-ils quand les Syriens ou les Jordaniens massacraient dix fois plus d'Arabes, palestiniens ou non, que Tsahal ? Savent-ils que l'un des rares endroits du Moyen-Orient où les Arabes bénéficient de droits démocratiques, c'est Israël ? Savent-ils que, pour la liberté, la démocratie, les droits de l'homme, il vaut infiniment mieux être arabe en Israël que juif dans un pays arabe, et, à bien des égards, qu'arabe dans un pays arabe ?
Savent-ils qu'Israël soutient financièrement la Palestine, soigne les Palestiniens dans ses hôpitaux ? Que les deux millions d'Arabes israéliens ont leurs députés ? Savent-ils que, si la haine antijuive et le négationnisme se déchaînent dans les pays arabes, attisés par une propagande paranoïaque, qui n'hésite pas à faire usage du faux antisémite des Protocoles des Sages de Sion, la réciproque n'est pas vraie ? Que si de nombreux Israéliens défendent les droits des Arabes, rarissimes sont les Arabes qui défendent des juifs ?
Réagissent-ils en tant que communauté opprimée ? Mais alors, pourquoi les Noirs de France ne s'en prendraient-ils pas aux Arabes qui les exterminent au Soudan ? Pourquoi la communauté indienne ne manifesterait-elle pas contre les régimes arabes du Golfe qui traitent leurs "frères" comme des esclaves ? Voilà qui mettrait de l'ambiance dans la République !
Réagissent-ils en tant que musulmans ? Mais où étaient-ils quand on les massacrait en Bosnie, en Tchétchénie, en Inde ? Leur silence ne s'explique tout de même pas parce que les massacreurs n'étaient pas des juifs, n'est-ce pas ? Savent-ils que les musulmans d'Israël pratiquent librement leur culte ? Que l'université hébraïque de Tel-Aviv abonde en jeunes filles voilées ? Combien de juifs en kippa au Caire, à Damas, à Bagdad ? L'exigence de justice est-elle à sens unique ?
On finit donc par se dire que ces manifestations, les violences et les cris de haine qui les accompagnent ne sont motivés ni par la compassion envers les victimes palestiniennes, ni par le souci de la justice, ni même par la solidarité religieuse ou communautaire, mais bien par la bonne vieille haine du juif. On peut massacrer et torturer à travers le monde cent fois plus qu'à Gaza, le vrai coupable, le coupable universel, c'est le juif.
Une poignée de juifs qui transforment un désert en pays prospère et démocratique, au milieu d'un océan de dictatures arabes sanglantes, de misère, d'islamisme et de corruption, une poignée de juifs qui, en outre, décident de ne plus être victimes, voilà qui est insupportable. Il faut donc bien que les juifs soient coupables, sinon où serait la justice ?
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Pierre Jourde, romancier, critique littéraire, professeur à l'université de Grenoble-III
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