Bondyblog.fr
Tarik Yildiz, 25 ans, diplômé de Sciences-Po Paris et doctorant en sociologie politique, auteur d’un livre sur cette question sensible dont « les gens des quartiers doivent pouvoir débattre ».
Tu as écrit un livre intitulé « Le racisme anti-blanc. Ne pas en parler : un déni de réalité ». Peux-tu expliquer ce qui t’as donné envie d’aborder ce sujet ?
J’ai travaillé pour le site Terre d’avenir, édité conjointement par l’agglomération de communes de Seine-Saint-Denis Plaine Commune et le BondyBlog. Dans ce cadre, j’ai eu de nombreux témoignages spontanés qui m’ont alerté sur ce problème. J’ai écrit quelques articles qui en ont parlé. Puis, je me suis rendu compte que c’était un sujet qui mériterait un traitement plus large. C’est pourquoi, j’ai décidé de les compiler et de les proposer à des éditeurs. L’un d’eux m’a recontacté même s’il était gêné par le titre au début.
Justement, pourquoi distinguer le « racisme anti-blanc » comme tu le fais du racisme au sens large ?
Pour comprendre cela, il faut se mettre du coté des victimes de ce racisme. Elles ont utilisé cette expression à de multiples reprises. Ne pas le formuler ainsi aurait été une trahison. Même si cela fait polémique je pense que l’expression se justifie. Il ne s’agit pas de faire une hiérarchie mais de décrire une réalité. C’est un constat qui appelle à une future analyse.
Es-tu sûr que ce qui est décrit dans ce livre est complètement le reflet de la réalité ?
J’ai moi-même assisté à ce type de problème dans mon quartier lorsque j’étais plus jeune, dans mon collège par exemple. Un copain de classe, prénommé Christophe, se faisait harceler, insulter, frapper et tout le monde dans la classe faisait le lien avec son origine. Les différents témoignages du livre montrent la même chose quel que soit le groupe d’appartenance des différents protagonistes.
Etre blanc, c’est prendre le risque d’être un bolosse comme on dit en banlieue ?
L’expression de bolosse est à la croisée de ce que je dénonce : à la fois une attaque contre une origine ethnique et une appartenance sociale supposées. Guillaume, Bastien, Fatma ou Céline (quelques-unes des personnes interrogées dans le livre, ndlr) montrent que c’est de plus en plus une réalité en banlieue, à tel point que certains Français s’inventent une origine métissée. Cette intolérance se focalise sur l’origine ethnique supposée d’abord chez les plus jeunes, au collège, car l’effet de groupe y joue à plein régime pour ce type de racisme. C’est au collège que la situation semble globalement la plus difficile. Puis cela s’atténue globalement dans les classes plus âgées sans disparaître toutefois comme le montrent Bastien et sa mère. Cet effet de groupe contre « les Français de souche » est donc plus problématique au collège qu’au lycée et au lycée plus que dans la vie adulte.
Tu utilises des expressions comme « Français de souche », or tu ne ressembles pas à l’image stéréotypée de la France ?
(Rires) Mes parents viennent de Turquie, mais je suis français et j’ai grandi en banlieue. Je pense que ces questions ont souvent été laissées à des sites marginaux. Je crois que c’est un tort et qu’il s’agit d’un vrai sujet de banlieue et un sujet de société que nous devons affronter.
(...)
Mais tout de même, pour ceux qui vont lire ton opuscule, il y a des passages récurrents sur la religion musulmane. Hassan se dit musulman, mais il a des problèmes car il mange durant le ramadan ou achète de l’alcool, etc...
Justement, c’est un très bon exemple de ce que je dénonce. Le racisme anti-blanc oblige tout le monde à se conformer à une norme bien plus répressive et qu’elle que soit l’origine de ceux qui y sont confrontés. S’il y avait eu une véritable mixité sociale dans les quartiers, Hassan n’aurait pas ressenti cette pression. La vraie différence c’est qu’avant, la banlieue était un lieu de mélange. Il existe des zones où la pâte ne prend plus. La loi du groupe prédomine sur celle du vivre ensemble. Des gens de ces quartiers partent de ces zones, laissant ceux qui restent de plus en plus dans l’entre-soi. L’enjeu c’est que ce ne soit pas seulement des Zemmour ou des Finkelkraut qui puissent en parler. Les gens des quartiers doivent pouvoir en débattre. C’est aussi une bataille de mots. Je parle de ce racisme anti-blanc parce que je ne veux pas laisser cette expression à des groupes dont je ne partage pas l’idéologie.
Mais ton livre semble être à charge : tu n’as trouvé presque aucun témoignage qui critique ta thèse. Il n’y avait aucun habitant dans ces quartiers pour s’opposer à cette notion de racisme anti-blanc ?
Si on comprend le racisme comme l’appartenance supposée à un groupe, alors, je crois qu’il y a en France comme ailleurs des cas de racisme. Le racisme dont je parle est une réalité. Ce sont les gens qui sont largement venus à moi pour raconter leurs ressentis avec leurs propres mots. Mon étude ne prétend pas à une représentativité scientifique du terrain. J’ai simplement voulu raconter et montrer ce que certains habitants de ces quartiers ressentent à travers des témoignages spontanés.
(...)
Tarik Yildiz, « Le racisme anti-blanc. Ne pas en parler : un déni de réalité », Les Editions du Puits de Roulle.
Erdogan: "L’expression “islam modéré” est laide et offensante. Il n’y a pas d’islam modéré." Milliyet, 21 août 2007
samedi 12 février 2011
samedi 5 février 2011
Les mutilations génitales féminines augmentent dans les pays occidentaux
La pratique des mutilations génitales féminines s'est étendue ces dernières années aux pays occidentaux en raison de l'accroissement des flux migratoires, a déploré vendredi le directeur général de l'Organisation internationale des migrations (OIM).
"Avec l'augmentation des migrations ces dernières années, le phénomène est malheureusement arrivé en Europe, aux Etats-Unis" ainsi qu'en Australie et en Nouvelle-Zélande, a déclaré aux journalistes William Lacy Swing, à l'occasion de la 8e Journée internationale de tolérance zéro envers les mutilations génitales féminines (6 février).
Quelque 500.000 femmes excisées vivent en Europe, a indiqué M. Swing, citant des chiffres du Parlement européen.
Selon l'OIM, les mutilations génitales féminines (MGF) affectent entre 100 et 140 millions de filles et de femmes à travers le monde.
(...)
http://www.lematin.ch/flash-info/suisse/mutilations-genitales-feminines-augmentent-pays-occidentaux
"Avec l'augmentation des migrations ces dernières années, le phénomène est malheureusement arrivé en Europe, aux Etats-Unis" ainsi qu'en Australie et en Nouvelle-Zélande, a déclaré aux journalistes William Lacy Swing, à l'occasion de la 8e Journée internationale de tolérance zéro envers les mutilations génitales féminines (6 février).
Quelque 500.000 femmes excisées vivent en Europe, a indiqué M. Swing, citant des chiffres du Parlement européen.
Selon l'OIM, les mutilations génitales féminines (MGF) affectent entre 100 et 140 millions de filles et de femmes à travers le monde.
(...)
http://www.lematin.ch/flash-info/suisse/mutilations-genitales-feminines-augmentent-pays-occidentaux
jeudi 3 février 2011
Les gangs se propagent à la campagne
Les phénomènes de bandes ne sont plus l'apanage des grandes villes. La délinquance organisée s'est aujourd'hui étendue aux villes moyennes et aux campagnes. Le Grand Sud n'est pas épargné par cette propagation.
La rixe mortelle qui a eu lieu, dans la nuit de vendredi à samedi dernier, à Villeneuve-sur-Lot, est l'une des terribles expressions de la percée de la délinquance organisée dans les petites villes. Ce soir-là, cette paisible commune de 22 800 habitants du Lot-et-Garonne, a été le théâtre d'affrontements entre deux bandes rivales. Près d'une trentaine de jeunes, encagoulés et armés de battes de base-ball, de bombes lacrymogène et de couteaux, se sont battus pendant plusieurs heures. Kamel, un jeune Villeneuvois de 20 ans a trouvé la mort, mortellement blessé par un coup de couteau.
« C'est du jamais vu dans le département ! ça relevait de batailles urbaines ! » a relaté, très impressionné, un policier.
Ces batailles rangées opposant des jeunes de Villeneuve et d'Agen pourraient avoir pour toile de fond le contrôle d'un trafic de drogue.
En novembre dernier, dans les Hautes-Pyrénées, les gendarmes avaient démantelé un réseau « rural » de trafiquants de drogue qui s'approvisionnait en Espagne. Il comptait neuf membres, dont certains vivaient dans le village de Vic-en-Bigorre, et « était organisé en système quasi professionnel » avait alors constaté l'un des enquêteurs. Il semble bien que le trafic de drogue soit devenu l'une des activités délictuelles les plus courantes en campagne même si les casses et les braquages ne sont pas rares non plus. Le 3 décembre dernier un casse à la voiture bélier a été perpétré aux dépens des Nouvelles galeries à Tarbes. Dans la nuit du 27 au 28 janvier c'est celle d'un centre commercial de Gaillac qui a connu le même sort. « Nous voyons bien que les modes opératoires des voyous des villes arrivent chez nous, dans nos bourgades. Des filières et des bandes s'organisent même ici », assure un gendarme du Gers.
Il semble bien, comme le dit Michel Valet, procureur de la République de Haute-Garonne, qu'il « n'existe plus de sanctuaire », de zone préservée en matière de délinquance organisée.
(...)5 heures de violence extrême. C'est ce qu'a vécu la paisible localité de Villeneuve-sur-Lot dans la nuit du 28 au 29 janvier. Pas moins d'une trentaine de jeunes armés s'y sont affrontés.
« En matière de délinquance, il n'y a pas de sanctuaire géographique. Aussi, nous nous adaptons à la cartographie de la délinquance ». Michel Valet, procureur de la République de Haute-Garonne
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"Le monde rural n'est pas à l'abri"
Les campagnes sont-elles épargnées par les phénomènes de bande ?
Michel Valet, procureur de la République de Haute-Garonne. En matière de délinquance, il n'y a pas de sanctuaire géographique. Le monde rural n'est pas à l'abri des bandes organisées même si cette forme de délinquance est davantage liée à l'urbanisation, aux grandes villes.
A la campagne, cependant, il y a surtout des phénomènes de groupes favorisés par la consommation d'alcool et de drogue. Nous constatons d'ailleurs que l'usage des stupéfiants s'est répandu partout. Le rural est notamment très touché par les cambriolages perpétrés aussi bien par des bandes que des individus peu organisés.
Pour ce qui est des violences crapuleuses, elles sont encore essentiellement commises dans les villes, même si aucune zone n'est épargnée par la délinquance.
Comment expliquez-vous que les formes de délinquance qui n'avaient cours que dans les villes, atteignent désormais le monde rural ?
Sous la pression d'une action policière forte dans les grandes villes, des délinquants choisissent de se déplacer. On voit ainsi des trafics et des actes de délinquance s'organiser et se produire à la périphérie des grandes villes. La région n'échappe pas à cela.
(...)
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De plus en plus fréquent
Avant Villeneuve-sur-Lot, d'autres phénomènes de délinquance en groupe ont mené à des situations de grande violence dans certains secteurs ruraux du Grand Sud.
(...)
Bagarre de rue à Carcassonne. Au mois de mars, une violente bagarre a éclaté dans une rue piétonne. Pour des raisons indéterminées, un trio s'en est pris à un homme d'origine gitane, handicapé. Ils lui ont porté de nombreux coups, notamment au visage, puis avaient giflé des jeunes femmes qui l'accompagnaient. La rixe a vite pris de l'ampleur. Des CRS ont dû intervenir en renfort. Une heure et demie plus tard, une nouvelle bagarre, peut-être en lien avec la première, a eu lieu.
Réseau de drogue dans le Tarn.
Au mois de novembre, dans le Tarn, un réseau local de drogue avait été démantelé. Les gendarmes ont interpellé huit individus de 17 à 24 ans qui irradiaient le secteur de Lauzerte et Montaigu-de-Quercy.
Casse à la voiture bélier à Albi. Tout récemment, début janvier, trois malfaiteurs ont pénétré dans la galerie marchande des « Portes d'Albi » avant de défoncer à la voiture-bélier la devanture d'une parfumerie. La vidéosurveillance montrera trois individus, encagoulés et masqués, s'engouffrer, à bord de deux voitures dans la galerie marchande. Les deux véhicules dont l'un a été incendié ont été retrouvés à Toulouse et sa proche banlieue.
http://www.ladepeche.fr/article/2011/02/03/1005363-Les-gangs-se-propagent-a-la-campagne.html
La rixe mortelle qui a eu lieu, dans la nuit de vendredi à samedi dernier, à Villeneuve-sur-Lot, est l'une des terribles expressions de la percée de la délinquance organisée dans les petites villes. Ce soir-là, cette paisible commune de 22 800 habitants du Lot-et-Garonne, a été le théâtre d'affrontements entre deux bandes rivales. Près d'une trentaine de jeunes, encagoulés et armés de battes de base-ball, de bombes lacrymogène et de couteaux, se sont battus pendant plusieurs heures. Kamel, un jeune Villeneuvois de 20 ans a trouvé la mort, mortellement blessé par un coup de couteau.
« C'est du jamais vu dans le département ! ça relevait de batailles urbaines ! » a relaté, très impressionné, un policier.
Ces batailles rangées opposant des jeunes de Villeneuve et d'Agen pourraient avoir pour toile de fond le contrôle d'un trafic de drogue.
En novembre dernier, dans les Hautes-Pyrénées, les gendarmes avaient démantelé un réseau « rural » de trafiquants de drogue qui s'approvisionnait en Espagne. Il comptait neuf membres, dont certains vivaient dans le village de Vic-en-Bigorre, et « était organisé en système quasi professionnel » avait alors constaté l'un des enquêteurs. Il semble bien que le trafic de drogue soit devenu l'une des activités délictuelles les plus courantes en campagne même si les casses et les braquages ne sont pas rares non plus. Le 3 décembre dernier un casse à la voiture bélier a été perpétré aux dépens des Nouvelles galeries à Tarbes. Dans la nuit du 27 au 28 janvier c'est celle d'un centre commercial de Gaillac qui a connu le même sort. « Nous voyons bien que les modes opératoires des voyous des villes arrivent chez nous, dans nos bourgades. Des filières et des bandes s'organisent même ici », assure un gendarme du Gers.
Il semble bien, comme le dit Michel Valet, procureur de la République de Haute-Garonne, qu'il « n'existe plus de sanctuaire », de zone préservée en matière de délinquance organisée.
(...)5 heures de violence extrême. C'est ce qu'a vécu la paisible localité de Villeneuve-sur-Lot dans la nuit du 28 au 29 janvier. Pas moins d'une trentaine de jeunes armés s'y sont affrontés.
« En matière de délinquance, il n'y a pas de sanctuaire géographique. Aussi, nous nous adaptons à la cartographie de la délinquance ». Michel Valet, procureur de la République de Haute-Garonne
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"Le monde rural n'est pas à l'abri"
Les campagnes sont-elles épargnées par les phénomènes de bande ?
Michel Valet, procureur de la République de Haute-Garonne. En matière de délinquance, il n'y a pas de sanctuaire géographique. Le monde rural n'est pas à l'abri des bandes organisées même si cette forme de délinquance est davantage liée à l'urbanisation, aux grandes villes.
A la campagne, cependant, il y a surtout des phénomènes de groupes favorisés par la consommation d'alcool et de drogue. Nous constatons d'ailleurs que l'usage des stupéfiants s'est répandu partout. Le rural est notamment très touché par les cambriolages perpétrés aussi bien par des bandes que des individus peu organisés.
Pour ce qui est des violences crapuleuses, elles sont encore essentiellement commises dans les villes, même si aucune zone n'est épargnée par la délinquance.
Comment expliquez-vous que les formes de délinquance qui n'avaient cours que dans les villes, atteignent désormais le monde rural ?
Sous la pression d'une action policière forte dans les grandes villes, des délinquants choisissent de se déplacer. On voit ainsi des trafics et des actes de délinquance s'organiser et se produire à la périphérie des grandes villes. La région n'échappe pas à cela.
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De plus en plus fréquent
Avant Villeneuve-sur-Lot, d'autres phénomènes de délinquance en groupe ont mené à des situations de grande violence dans certains secteurs ruraux du Grand Sud.
(...)
Bagarre de rue à Carcassonne. Au mois de mars, une violente bagarre a éclaté dans une rue piétonne. Pour des raisons indéterminées, un trio s'en est pris à un homme d'origine gitane, handicapé. Ils lui ont porté de nombreux coups, notamment au visage, puis avaient giflé des jeunes femmes qui l'accompagnaient. La rixe a vite pris de l'ampleur. Des CRS ont dû intervenir en renfort. Une heure et demie plus tard, une nouvelle bagarre, peut-être en lien avec la première, a eu lieu.
Réseau de drogue dans le Tarn.
Au mois de novembre, dans le Tarn, un réseau local de drogue avait été démantelé. Les gendarmes ont interpellé huit individus de 17 à 24 ans qui irradiaient le secteur de Lauzerte et Montaigu-de-Quercy.
Casse à la voiture bélier à Albi. Tout récemment, début janvier, trois malfaiteurs ont pénétré dans la galerie marchande des « Portes d'Albi » avant de défoncer à la voiture-bélier la devanture d'une parfumerie. La vidéosurveillance montrera trois individus, encagoulés et masqués, s'engouffrer, à bord de deux voitures dans la galerie marchande. Les deux véhicules dont l'un a été incendié ont été retrouvés à Toulouse et sa proche banlieue.
http://www.ladepeche.fr/article/2011/02/03/1005363-Les-gangs-se-propagent-a-la-campagne.html
Obama, ferme avec Moubarak, faible avec Ahmadinejad
Par Ivan Rioufol
Une constatation: Barack H. Obama, qui est prêt à laisser tomber l'autocrate égyptien Hosni Moubarak, légitimement rejeté par son peuple, n'a pas fait preuve de tant de témérité devant le tyran Mahmoud Ahmadinejad, lorsque la rue iranienne réclamait elle aussi, au printemps 2009, la démocratie et la liberté. Le long silence du président américain face à la dictature contestée des mollahs a même été désespérant pour les opposants au régime théocratique et totalitaire, si peu soutenus par l'Occident et désormais réduits au silence après une répression implacable. C'est pourquoi le souvenir de cet épisode peu glorieux me fait douter de la sincérité et du courage d'Obama, qui a réclamé hier soir des changements "maintenant" pour l'Egypte. Est-ce vraiment la démocratie qu'il est enfin prêt à soutenir là-bas, ou est-ce plutôt l'apaisement avec l'islamisme et ses conceptions très particulières des droits de l'homme? J'espère me tromper, mais son attitude me fait penser à celle de Jimmy Carter qui, en 1979, allait lâcher son allié le Chah d'Iran avec les conséquences que l'on sait pour le peuple.
La possible récupération par l'islamisme de l'exemplaire insoumission d'une partie du monde arabo-musulman est un risque qui va demeurer dans un avenir immédiat. Aussi cette perspective n'a-t-elle pas besoin d'obtenir, en plus, la caution flatteuse du président des Etats-Unis, qui rappelle volontiers que son deuxième prénom, Hussein, le porte à comprendre et admettre les revendications identitaires de l'Islam. Le rôle des démocrates est de soutenir sans ambiguïté les Tunisiens et les Egyptiens quand ils exigent la liberté et la démocratie. Il est aussi de mettre en garde contre l'hypothèse d'une régression théocratique qui profiterait des inévitables dissensions locales, voire d'une bienveillance américaine pour un "islamisme modéré" dont des "experts" nous disent déjà que la Turquie en serait le modèle. Tant mieux si l'Islam parvient à se moderniser. Cependant, il me semble que l'Occident devrait, par une élémentaire réserve, se tenir à l'écart de ce processus qui reste à conduire. Il relève du seul monde musulman.
Une constatation: Barack H. Obama, qui est prêt à laisser tomber l'autocrate égyptien Hosni Moubarak, légitimement rejeté par son peuple, n'a pas fait preuve de tant de témérité devant le tyran Mahmoud Ahmadinejad, lorsque la rue iranienne réclamait elle aussi, au printemps 2009, la démocratie et la liberté. Le long silence du président américain face à la dictature contestée des mollahs a même été désespérant pour les opposants au régime théocratique et totalitaire, si peu soutenus par l'Occident et désormais réduits au silence après une répression implacable. C'est pourquoi le souvenir de cet épisode peu glorieux me fait douter de la sincérité et du courage d'Obama, qui a réclamé hier soir des changements "maintenant" pour l'Egypte. Est-ce vraiment la démocratie qu'il est enfin prêt à soutenir là-bas, ou est-ce plutôt l'apaisement avec l'islamisme et ses conceptions très particulières des droits de l'homme? J'espère me tromper, mais son attitude me fait penser à celle de Jimmy Carter qui, en 1979, allait lâcher son allié le Chah d'Iran avec les conséquences que l'on sait pour le peuple.
La possible récupération par l'islamisme de l'exemplaire insoumission d'une partie du monde arabo-musulman est un risque qui va demeurer dans un avenir immédiat. Aussi cette perspective n'a-t-elle pas besoin d'obtenir, en plus, la caution flatteuse du président des Etats-Unis, qui rappelle volontiers que son deuxième prénom, Hussein, le porte à comprendre et admettre les revendications identitaires de l'Islam. Le rôle des démocrates est de soutenir sans ambiguïté les Tunisiens et les Egyptiens quand ils exigent la liberté et la démocratie. Il est aussi de mettre en garde contre l'hypothèse d'une régression théocratique qui profiterait des inévitables dissensions locales, voire d'une bienveillance américaine pour un "islamisme modéré" dont des "experts" nous disent déjà que la Turquie en serait le modèle. Tant mieux si l'Islam parvient à se moderniser. Cependant, il me semble que l'Occident devrait, par une élémentaire réserve, se tenir à l'écart de ce processus qui reste à conduire. Il relève du seul monde musulman.
Les coptes s'inquiètent de la place des manifestants islamistes
LE FIGARO
La mort dans l'âme, Ibrahim Faouzi a finalement décidé mardi de ne pas prendre part à la manifestation d'Alexandrie. En fin de semaine dernière, déjà, ce jeune copte employé dans l'immobilier s'était senti un peu isolé au milieu des cortèges composés en grande majorité de compatriotes musulmans. «J'ai parfois eu l'impression qu'on me regardait d'un drôle d'air», dit-il en dévoilant la croix tatouée sur son poignet. Alors mardi matin, quand un groupe de jeunes gens excités l'a soudain pris à partie à deux pas de la mosquée al-Kaed Ibrahim, l'homme est rentré chez lui sans demander son reste. « J'ai choisi de manifester pour défendre mon pays, pas pour qu'il tombe aux mains des Frères musulmans», grimace-t-il.
Comme Ibrahim Faouzi, de nombreux chrétiens d'Alexandrie semblent avoir renoncé à battre le pavé en raison de la visibilité croissante des « Frères» dans les cortèges. Absents lors des premières marches en début de semaine dernière, ceux-ci ont finalement appelé à défiler vendredi et s'impliquent désormais activement dans l'encadrement des manifestations. Mardi en fin de matinée, leurs minibus déversaient à jet continu des flots de manifestants venus des faubourgs tandis que leurs militants contrôlaient les identités à l'entrée du cortège. « Aux côtés des autres partis d'opposition, nous jouons effectivement un rôle important dans le mouvement qui se déroule aujourd'hui», admet Sobhi Saleh, ancien député et responsable du bureau politique des Frères musulmans à Alexandrie, qui précise : «Nous menons ce combat sans mettre en avant notre couleur politique, avec l'unique objectif de faire tomber le dictateur. »
Face à l'irruption du mouvement islamiste au cœur de la révolte égyptienne, les chrétiens d'Alexandrie, orthodoxes comme catholiques, réagissent pour l'heure en ordre dispersé. Éprouvés par les tensions récurrentes entre communautés religieuses et traumatisés par l'attentat qui a fait 21 morts devant une église copte de la ville durant la nuit de la Saint-Sylvestre, certains choisissent de raser les murs, évitent les attroupements et hésitent à prendre la parole en public. «Si Moubarak tombe, les islamistes finiront fatalement par arriver au pouvoir et par imposer la loi islamique, croit ainsi savoir Ibrahim Faouzi. Or, ce jour-là, nous n'aurons plus le droit de porter notre croix en public.»
(...)
La mort dans l'âme, Ibrahim Faouzi a finalement décidé mardi de ne pas prendre part à la manifestation d'Alexandrie. En fin de semaine dernière, déjà, ce jeune copte employé dans l'immobilier s'était senti un peu isolé au milieu des cortèges composés en grande majorité de compatriotes musulmans. «J'ai parfois eu l'impression qu'on me regardait d'un drôle d'air», dit-il en dévoilant la croix tatouée sur son poignet. Alors mardi matin, quand un groupe de jeunes gens excités l'a soudain pris à partie à deux pas de la mosquée al-Kaed Ibrahim, l'homme est rentré chez lui sans demander son reste. « J'ai choisi de manifester pour défendre mon pays, pas pour qu'il tombe aux mains des Frères musulmans», grimace-t-il.
Comme Ibrahim Faouzi, de nombreux chrétiens d'Alexandrie semblent avoir renoncé à battre le pavé en raison de la visibilité croissante des « Frères» dans les cortèges. Absents lors des premières marches en début de semaine dernière, ceux-ci ont finalement appelé à défiler vendredi et s'impliquent désormais activement dans l'encadrement des manifestations. Mardi en fin de matinée, leurs minibus déversaient à jet continu des flots de manifestants venus des faubourgs tandis que leurs militants contrôlaient les identités à l'entrée du cortège. « Aux côtés des autres partis d'opposition, nous jouons effectivement un rôle important dans le mouvement qui se déroule aujourd'hui», admet Sobhi Saleh, ancien député et responsable du bureau politique des Frères musulmans à Alexandrie, qui précise : «Nous menons ce combat sans mettre en avant notre couleur politique, avec l'unique objectif de faire tomber le dictateur. »
Face à l'irruption du mouvement islamiste au cœur de la révolte égyptienne, les chrétiens d'Alexandrie, orthodoxes comme catholiques, réagissent pour l'heure en ordre dispersé. Éprouvés par les tensions récurrentes entre communautés religieuses et traumatisés par l'attentat qui a fait 21 morts devant une église copte de la ville durant la nuit de la Saint-Sylvestre, certains choisissent de raser les murs, évitent les attroupements et hésitent à prendre la parole en public. «Si Moubarak tombe, les islamistes finiront fatalement par arriver au pouvoir et par imposer la loi islamique, croit ainsi savoir Ibrahim Faouzi. Or, ce jour-là, nous n'aurons plus le droit de porter notre croix en public.»
(...)
mercredi 2 février 2011
Cours d’arabe à l’école dès 7 ans : témoignage d’une directrice d’école
"Il y a une grosse demande !"
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