Par Ivan Rioufol
Je notais des signes d'une lucidité nouvelle face au déclin de la France et de l'Europe. Ce lundi, c'est Libération qui apporte de l'eau à mon moulin, en publiant un article de Peter Van Ham, directeur de la recherche sur la gouvernance mondiale au Netherlands Institute of International Relations de la Haye. Pour lui, "l'Union européenne présente tous les symptômes de la décadence". L'auteur conforte en cela l'analyse de ce responsable des renseignements, dissimulé sous le pseudonyme d'Enyo. Si Enyo assure que "l'heure de la guerre est arrivée" pour les européens, c'est cette même idée que défend Van Ham, dans un texte titré : "L'Europe doit être prête à la guerre".
J'en cite quelques passages : "L'Union doit se réveiller pour défendre son modèle et ses valeurs. Qui sont ceux qui la menacent réellement aujourd'hui? Pas les Etats-Unis, ni même la Chine ou la Russie. Ce qui la menace, ce sont, par exemple, l'immigration illégale, qui déstabilise son modèle de société, ou encore l'islam extrémiste. Dans un proche avenir, les armes nucléaires iraniennes représenteront également un danger pour l'Europe (...) L'Union doit se défaire de son image aimable, féminine. Il est essentiel qu'elle devienne "méchante" et s'engage dans des interventions militaires, même sans mandat du Conseil de sécurité de l'ONU (...) L'Union doit affirmer qu'une guerre pourrait être nécessaire pour protéger notre idéal et nos intérêts communs".
Un tel discours, tenu de surcroît dans le conformiste quotidien de gauche, vient en rupture avec le sirop pacifiste et consensuel qui alimente les débats. Ces propos rejoignent ceux d'autres observateurs (Jean-Sylvestre Mongrenier, dans Le Figaro de ce lundi) qui prennent acte des limites du "soft power" et de la diplomatie de l'apaisement, dont on mesure les effets catastrophiques en Corée du nord : ce pays vient de tester une nouvelle arme atomique, en réponse aux offres de dialogue de l'administration Obama. Contre l'esprit munichois de l'Europe molle et relativiste, une vision réaliste des dangers s'efforce de s'imposer. Samedi, sur la Cinq, j'entendais la journaliste québécoise Denise Bombardier pousser un coup de gueule contre l'esprit de dérision des Français: "En France vous vous riez de tout ! Vous allez mourir de rire !". Bien vu.
Erdogan: "L’expression “islam modéré” est laide et offensante. Il n’y a pas d’islam modéré." Milliyet, 21 août 2007
vendredi 5 juin 2009
Silence, le Kosovo épure ethniquement
Par Ivan Rioufol
Où sont les grandes consciences? Naguère, elles dénonçaient sans retenue des épurations ethniques attribuées aux Serbes, au Kosovo. Ce mercredi, un rapport du Minority right group, basé à Londres, indique que les minorités vivant dans l'ancienne province serbe, devenue indépendante en 2008 sous la pression d'une population devenue majoritairement musulmane, sont forcées d'abandonner le Kosovo. Le communiqué du groupe explique : "De nombreux membres des minorités Ashkali, Bosniaque, Croate, Gorani, Rome, Serbe et Turque abandonnent le Kosovo car ils font face à une exclusion de la société et à des discriminations à de nombreux niveaux". "Les restrictions à la liberté de mouvement, l'exclusion de la vie politique économique et sociale sont particulièrement ressenties par les petites communautés ethniques", précise à l'Agence France Presse un responsable de ce groupe, Mark Lattimer. Cette réelle épuration, menée sous les yeux de la communauté internationale, est un scandale qui laisse les belles âmes indifférentes.
Alors que les bombes de l'Otan s'abattaient sur Belgrade, en 1999, le ministre de la Défense français de l'époque, Alain Richard, expliquait : "Nous avons vocation partout en Europe à avoir des états multiethniques qui tolèrent les minorités". On voit aujourd'hui les fruits de cette imposture politique, ayant fait du peuple Serbe, remarquable opposant au nazisme durant la seconde guerre mondiale, l'unique responsable du chaos balkanique. Une fois de plus, les faits démontrent que la société multiethnique et multiculturelle est devenue un modèle obligatoire pour tous, à l'exception de pays musulmans qui la réclament uniquement pour les autres. Combien de temps faudra-t-il supporter ce deux poids deux mesure ? J'espère que des voix s'élèveront pour condamner ce qui se passe au Kosovo. Sinon, il faudra prendre acte d'une forme de soumission de l'Europe et de l'Occident.
Où sont les grandes consciences? Naguère, elles dénonçaient sans retenue des épurations ethniques attribuées aux Serbes, au Kosovo. Ce mercredi, un rapport du Minority right group, basé à Londres, indique que les minorités vivant dans l'ancienne province serbe, devenue indépendante en 2008 sous la pression d'une population devenue majoritairement musulmane, sont forcées d'abandonner le Kosovo. Le communiqué du groupe explique : "De nombreux membres des minorités Ashkali, Bosniaque, Croate, Gorani, Rome, Serbe et Turque abandonnent le Kosovo car ils font face à une exclusion de la société et à des discriminations à de nombreux niveaux". "Les restrictions à la liberté de mouvement, l'exclusion de la vie politique économique et sociale sont particulièrement ressenties par les petites communautés ethniques", précise à l'Agence France Presse un responsable de ce groupe, Mark Lattimer. Cette réelle épuration, menée sous les yeux de la communauté internationale, est un scandale qui laisse les belles âmes indifférentes.
Alors que les bombes de l'Otan s'abattaient sur Belgrade, en 1999, le ministre de la Défense français de l'époque, Alain Richard, expliquait : "Nous avons vocation partout en Europe à avoir des états multiethniques qui tolèrent les minorités". On voit aujourd'hui les fruits de cette imposture politique, ayant fait du peuple Serbe, remarquable opposant au nazisme durant la seconde guerre mondiale, l'unique responsable du chaos balkanique. Une fois de plus, les faits démontrent que la société multiethnique et multiculturelle est devenue un modèle obligatoire pour tous, à l'exception de pays musulmans qui la réclament uniquement pour les autres. Combien de temps faudra-t-il supporter ce deux poids deux mesure ? J'espère que des voix s'élèveront pour condamner ce qui se passe au Kosovo. Sinon, il faudra prendre acte d'une forme de soumission de l'Europe et de l'Occident.
jeudi 4 juin 2009
Obama caresse les musulmans dans le sens du voile
Dans son discours du Caire, le président américain s'en est pris aux pays occidentaux qui interdisent ou limitent le port du voile islamique. La France applaudit quand même. Le Hamas aussi.
«Il est important pour les pays occidentaux d'éviter de gêner les citoyens musulmans de pratiquer leur religion comme ils le souhaitent, et par exemple en dictant les vêtements qu'une femme doit porter» : devant les 3000 personnes (dont beaucoup de femmes voilées) réunies à l’université du Caire pour écouter (religieusement) son discours jeudi 4 juin, Barack Obama a ouvertement critiqué les pays occidentaux qui interdisent ou limitent le port du voile islamique. En ligne de mire, la France évidemment, où la loi de 2004 interdit les signes religieux ostentatoires à l’école. Ou encore la Belgique, où le port du voile est considéré comme discriminatoire. Même si Obama a pris soin de ne citer aucun Etat.
« On ne doit pas dissimuler l'hostilité envers une religion devant le faux semblant du libéralisme », a-t-il martelé. Et de poursuivre : « Je rejette les vues de certains en Occident [pour qui le fait] qu'une femme choisisse de couvrir ses cheveux a quelque chose d'inégalitaire ». Conclusion : « Le gouvernement américain s'est porté en justice» pour protéger le droit des « femmes et des filles à porter le voile » et «punir ceux qui voudrait leur dénier».
Résumons : pour Barack Obama — qui a été le premier président américain à embaucher une conseillère voilée, Dalia Mogahed — la laïcité n’est rien d’autre qu’un « faux semblant du libéralisme ». Quant au voile, il n’a strictement rien à voir avec un quelconque asservissement de la femme (mais dans ce cas, pourquoi les hommes ne le portent-ils pas ?). En somme, le pays des droits de l’homme est juste intolérant et liberticide.
Certes, le discours du président américain ne saurait se réduire à la seule défense du voile. Il marque le début d’une salutaire réconciliation entre les Etats-Unis et le monde musulman. Mais devait-elle se faire au prix d’un divorce avec l’Europe laïque ? La France n’a pas l’air d’y voir d’inconvénient, qui a pondu un communiqué pour dire tout le bien qu’il faut penser de ce « discours qui fera date », d'une portée «majeure», montrant des Etats-Unis «résolument tournés vers le dialogue, la tolérance, le respect mutuel». Un point de vue partagé par… le Hamas, qui se félicite du « changement tangible » initié par Obama, et de son « ton pondéré », « exempt du langage de la menace auquel la précédente administration nous a habitués ».
Marianne2
«Il est important pour les pays occidentaux d'éviter de gêner les citoyens musulmans de pratiquer leur religion comme ils le souhaitent, et par exemple en dictant les vêtements qu'une femme doit porter» : devant les 3000 personnes (dont beaucoup de femmes voilées) réunies à l’université du Caire pour écouter (religieusement) son discours jeudi 4 juin, Barack Obama a ouvertement critiqué les pays occidentaux qui interdisent ou limitent le port du voile islamique. En ligne de mire, la France évidemment, où la loi de 2004 interdit les signes religieux ostentatoires à l’école. Ou encore la Belgique, où le port du voile est considéré comme discriminatoire. Même si Obama a pris soin de ne citer aucun Etat.
« On ne doit pas dissimuler l'hostilité envers une religion devant le faux semblant du libéralisme », a-t-il martelé. Et de poursuivre : « Je rejette les vues de certains en Occident [pour qui le fait] qu'une femme choisisse de couvrir ses cheveux a quelque chose d'inégalitaire ». Conclusion : « Le gouvernement américain s'est porté en justice» pour protéger le droit des « femmes et des filles à porter le voile » et «punir ceux qui voudrait leur dénier».
Résumons : pour Barack Obama — qui a été le premier président américain à embaucher une conseillère voilée, Dalia Mogahed — la laïcité n’est rien d’autre qu’un « faux semblant du libéralisme ». Quant au voile, il n’a strictement rien à voir avec un quelconque asservissement de la femme (mais dans ce cas, pourquoi les hommes ne le portent-ils pas ?). En somme, le pays des droits de l’homme est juste intolérant et liberticide.
Certes, le discours du président américain ne saurait se réduire à la seule défense du voile. Il marque le début d’une salutaire réconciliation entre les Etats-Unis et le monde musulman. Mais devait-elle se faire au prix d’un divorce avec l’Europe laïque ? La France n’a pas l’air d’y voir d’inconvénient, qui a pondu un communiqué pour dire tout le bien qu’il faut penser de ce « discours qui fera date », d'une portée «majeure», montrant des Etats-Unis «résolument tournés vers le dialogue, la tolérance, le respect mutuel». Un point de vue partagé par… le Hamas, qui se félicite du « changement tangible » initié par Obama, et de son « ton pondéré », « exempt du langage de la menace auquel la précédente administration nous a habitués ».
Marianne2
Barroso
"[...] par inadvertance ou par action délibérée, trois des quatre invités musulmans choisis par le président de la Commission José Manuel Barroso et par le président du Parlement européen Hans-Gert Pöttering incluaient des représentants musulmans qui ont des liens avec des organisations affiliées à l’internationale des Frères Musulmans, un groupe extrémiste connnu pour son soutien au jihad contre l’Occident." (Moshe Kantor, Président du Congrès Juif Européen)
(...)
L’organisation juive européenne a notamment fustigé la présence dans la délégation musulmane du professeur Tariq Ramadan comme président du Réseau musulman européen, qu’elle qualifie d’"individu qui sème la discorde et le conflit et prône une idéologie d’affrontements des civilisations".
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Dans un souci de dialogue (soumission?) l'Europe se fait mettre!
(...)
L’organisation juive européenne a notamment fustigé la présence dans la délégation musulmane du professeur Tariq Ramadan comme président du Réseau musulman européen, qu’elle qualifie d’"individu qui sème la discorde et le conflit et prône une idéologie d’affrontements des civilisations".
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Dans un souci de dialogue (soumission?) l'Europe se fait mettre!
La supériorité africaine
Battre sa femme, un devoir conjugal
Sharon LaFranière | The New York Times
Une Nigériane sur trois est victime de violences domestiques. Accepté comme une fatalité, ce fléau touche toutes les couches de la société dans le pays le plus peuplé d’Afrique.
C’était l’habituelle dispute entre un homme et sa femme. Elle voulait aller voir ses parents. Il voulait qu’elle reste à la maison. L’affaire s’est réglée d’une façon qui, selon certains, ici à Lagos, n’est que trop classique. Rosalynn Isimeto-Osibuamhe se souvient très bien des faits survenus en décembre 2001 : Emmanuel, son époux, l’a suivie jusqu’à la porte, puis l’a frappée jusqu’à ce qu’elle perde connaissance et l’a laissée gisant dans la rue près de leur appartement.
Mme Isimeto-Osibuamhe, alors âgée de 31 ans et mariée depuis cinq ans, avait enfreint une règle sacro-sainte dans cette partie du monde : elle avait désobéi à son époux. Des études réalisées un peu partout en Afrique révèlent que de nombreux hommes – mais aussi de nombreuses femmes – considèrent un tel acte de désobéissance comme une raison suffisante pour battre ou être battue. Mais pas Mme Isimeto-Osibuamhe. Diplômée de l’université et fondatrice d’une école de français, elle a fait sa valise et quitté le domicile conjugal dès son retour de l’hôpital. Aujourd’hui, elle n’est toujours pas revenue sur sa décision. “Il croit que je n’ai aucun droit”, explique-t-elle lors de notre entrevue dans sa salle de classe. “Si je dis non, il me bat. Alors je me suis dit : pas question ! Ce n’est pas ce que j’attends de la vie.”
Pourtant, la majorité des femmes gardent le silence sur les brutalités qu’elles subissent. Le Nigeria, le pays le plus peuplé d’Afrique avec quelque 130 millions d’habitants, ne dispose que de 2 foyers pour femmes battues. Ces deux centres ont ouvert leurs portes au cours des quatre dernières années. A titre de comparaison, les Etats-Unis en possèdent 1 200.
Le code pénal en vigueur dans le Nord, dominé par l’islam, autorise expressément les époux à “discipliner” leurs femmes – tout comme il autorise les parents et les maîtres d’école à discipliner les enfants – tant qu’ils n’infligent pas de coups et blessures graves. De plus, la police ferme les yeux sur les mauvais traitements infligés aux épouses. Des lois contre la violence conjugale ont été proposées dans six Etats, mais n’ont été adoptées que par deux d’entre eux. Pour les défenseurs des droits de la femme, la violence généralisée contre le sexe faible est révélatrice de son statut inférieur en Afrique. Moins instruites, les femmes travaillent davantage. Mme Isimeto-Osibuamhe ne correspond pourtant pas à ce profil. S’exprimant avec aisance, les cheveux coupés à la dernière mode et un livre de sociologie dans son sac, elle parle d’un ton assuré. Son agenda fourmille de projets. “Je suis une organisatrice, un leader”, affirme-t-elle. Cela ne l’a pourtant pas empêchée de subir les assauts répétés de son mari au cours de leurs huit années de mariage. D’après les critères nigérians, ses parents étaient plutôt progressistes. Son père battait bien sa mère de temps à autre, mais il a aussi encouragé sa fille, l’aînée de sept enfants, à poursuivre ses études.
“Si le mariage ne marche pas, c’est la faute de la femme”
Mme Isimeto-Osibuamhe avait à peine 16 ans lorsqu’elle a rencontré Emmanuel. Comme elle, il a continué ses études et obtenu un diplôme universitaire en comptabilité. Il ne l’a giflée qu’une seule fois pendant les longues années durant lesquelles ils se sont fréquentés avant de se marier. Elle a pensé que son geste était dû à un moment d’égarement. Il ne l’était pas. Mme Isimeto-Osibuamhe, âgée de 35 ans, assure que son époux l’a battue plus de soixante fois après leur mariage, en 1997. Il l’a frappée également alors qu’elle était enceinte de leur fils, aujourd’hui âgé de 6 ans. Emmanuel Osibuamhe, 36 ans, reconnaît qu’il a eu tort de battre sa femme. Mais, au cours des deux heures qu’a duré l’interview dans son bureau, qui sert aussi de salon de coiffure pour hommes, il a insisté sur le fait que c’était elle qui le provoquait délibérément. Arpentant la pièce dans son pantalon bien repassé, ses chaussures cirées et sa chemise jaune, il devenait de plus en plus agité à mesure qu’il se souvenait de la façon dont elle défiait son autorité.
“Vous ne vous imaginez pas en train de battre votre femme, n’est-ce pas ? demande-t-il. Vous ne vous imaginez pas que vous pouvez en arriver là ? Mais certaines personnes ont le chic pour vous pousser à bout et vous faire faire des choses que vous n’êtes pas censé faire. Pour l’amour du ciel, l’homme est le chef à la maison ! Vous devez avoir un foyer qui vous est soumis”, ajoute-t-il. Cela signifie que c’est lui qui commande à la maison. Cela veut dire aussi que tous les biens du ménage doivent être à son nom et que sa femme doit lui demander la permission avant d’aller rendre visite à ses parents. Lorsque Mme Isimeto-Osibuamhe a fini par chercher de l’aide, nombreux sont ceux qui ont pris la défense de son mari. Elle est allée trouver la police. “Ils m’ont dit que je n’étais plus une petite fille. Si je ne voulais plus être mariée, je n’avais qu’à divorcer.” Elle en a parlé à son beau-père. Celui-ci lui a assuré qu’“il [était] normal de battre sa femme”. Elle s’est adressée au pasteur, qui lui a conseillé de ne pas mettre son mari trop en colère. Elle a enfin trouvé un soutien auprès de Project Alert on Violence Against Women, une association qui dirige l’un des deux foyers du Nigeria, où elle est restée plusieurs semaines. Bridget Osekwe, responsable de ce projet, affirme que les dossiers de son organisation renferment plus de 200 cas similaires. Même les femmes financièrement indépendantes, comme Mme Isimeto-Osibuamhe, répugnent à divorcer, par peur de l’exclusion sociale. “Dans cette société, une femme doit tout faire pour que son mariage fonctionne”, commente Josephine Effah-Chukwuma, qui a mis sur pied Project Alert en 1999. “Si ça ne marche pas, c’est toujours la faute de la femme.”
Depuis qu’elle a quitté le domicile conjugal, l’époux de Mme Isimeto-Osibuamhe a continué à la frapper une dizaine de fois. Un jour, à l’église, il l’a même assommée. Malgré tout, elle n’a pas complètement perdu l’espoir qu’il puisse changer un jour. Elle s’inquiète et se demande comment elle va élever leur fils, qui vit actuellement chez ses grands-parents, si jamais elle divorce. “Dois-je rester pour notre enfant et risquer de me faire tuer ?” s’interroge-t-elle. Pourtant, elle insiste auprès des journalistes pour qu’ils accolent le nom de son mari au sien lorsqu’ils font le récit son histoire. “L’Africain croit que sa femme est un bien qui lui appartient, au même titre qu’une voiture ou des chaussures, une chose qu’il peut piétiner à loisir”, conclut Mme Isimeto-Osibuamhe.
Sharon LaFranière | The New York Times
Une Nigériane sur trois est victime de violences domestiques. Accepté comme une fatalité, ce fléau touche toutes les couches de la société dans le pays le plus peuplé d’Afrique.
C’était l’habituelle dispute entre un homme et sa femme. Elle voulait aller voir ses parents. Il voulait qu’elle reste à la maison. L’affaire s’est réglée d’une façon qui, selon certains, ici à Lagos, n’est que trop classique. Rosalynn Isimeto-Osibuamhe se souvient très bien des faits survenus en décembre 2001 : Emmanuel, son époux, l’a suivie jusqu’à la porte, puis l’a frappée jusqu’à ce qu’elle perde connaissance et l’a laissée gisant dans la rue près de leur appartement.
Mme Isimeto-Osibuamhe, alors âgée de 31 ans et mariée depuis cinq ans, avait enfreint une règle sacro-sainte dans cette partie du monde : elle avait désobéi à son époux. Des études réalisées un peu partout en Afrique révèlent que de nombreux hommes – mais aussi de nombreuses femmes – considèrent un tel acte de désobéissance comme une raison suffisante pour battre ou être battue. Mais pas Mme Isimeto-Osibuamhe. Diplômée de l’université et fondatrice d’une école de français, elle a fait sa valise et quitté le domicile conjugal dès son retour de l’hôpital. Aujourd’hui, elle n’est toujours pas revenue sur sa décision. “Il croit que je n’ai aucun droit”, explique-t-elle lors de notre entrevue dans sa salle de classe. “Si je dis non, il me bat. Alors je me suis dit : pas question ! Ce n’est pas ce que j’attends de la vie.”
Pourtant, la majorité des femmes gardent le silence sur les brutalités qu’elles subissent. Le Nigeria, le pays le plus peuplé d’Afrique avec quelque 130 millions d’habitants, ne dispose que de 2 foyers pour femmes battues. Ces deux centres ont ouvert leurs portes au cours des quatre dernières années. A titre de comparaison, les Etats-Unis en possèdent 1 200.
Le code pénal en vigueur dans le Nord, dominé par l’islam, autorise expressément les époux à “discipliner” leurs femmes – tout comme il autorise les parents et les maîtres d’école à discipliner les enfants – tant qu’ils n’infligent pas de coups et blessures graves. De plus, la police ferme les yeux sur les mauvais traitements infligés aux épouses. Des lois contre la violence conjugale ont été proposées dans six Etats, mais n’ont été adoptées que par deux d’entre eux. Pour les défenseurs des droits de la femme, la violence généralisée contre le sexe faible est révélatrice de son statut inférieur en Afrique. Moins instruites, les femmes travaillent davantage. Mme Isimeto-Osibuamhe ne correspond pourtant pas à ce profil. S’exprimant avec aisance, les cheveux coupés à la dernière mode et un livre de sociologie dans son sac, elle parle d’un ton assuré. Son agenda fourmille de projets. “Je suis une organisatrice, un leader”, affirme-t-elle. Cela ne l’a pourtant pas empêchée de subir les assauts répétés de son mari au cours de leurs huit années de mariage. D’après les critères nigérians, ses parents étaient plutôt progressistes. Son père battait bien sa mère de temps à autre, mais il a aussi encouragé sa fille, l’aînée de sept enfants, à poursuivre ses études.
“Si le mariage ne marche pas, c’est la faute de la femme”
Mme Isimeto-Osibuamhe avait à peine 16 ans lorsqu’elle a rencontré Emmanuel. Comme elle, il a continué ses études et obtenu un diplôme universitaire en comptabilité. Il ne l’a giflée qu’une seule fois pendant les longues années durant lesquelles ils se sont fréquentés avant de se marier. Elle a pensé que son geste était dû à un moment d’égarement. Il ne l’était pas. Mme Isimeto-Osibuamhe, âgée de 35 ans, assure que son époux l’a battue plus de soixante fois après leur mariage, en 1997. Il l’a frappée également alors qu’elle était enceinte de leur fils, aujourd’hui âgé de 6 ans. Emmanuel Osibuamhe, 36 ans, reconnaît qu’il a eu tort de battre sa femme. Mais, au cours des deux heures qu’a duré l’interview dans son bureau, qui sert aussi de salon de coiffure pour hommes, il a insisté sur le fait que c’était elle qui le provoquait délibérément. Arpentant la pièce dans son pantalon bien repassé, ses chaussures cirées et sa chemise jaune, il devenait de plus en plus agité à mesure qu’il se souvenait de la façon dont elle défiait son autorité.
“Vous ne vous imaginez pas en train de battre votre femme, n’est-ce pas ? demande-t-il. Vous ne vous imaginez pas que vous pouvez en arriver là ? Mais certaines personnes ont le chic pour vous pousser à bout et vous faire faire des choses que vous n’êtes pas censé faire. Pour l’amour du ciel, l’homme est le chef à la maison ! Vous devez avoir un foyer qui vous est soumis”, ajoute-t-il. Cela signifie que c’est lui qui commande à la maison. Cela veut dire aussi que tous les biens du ménage doivent être à son nom et que sa femme doit lui demander la permission avant d’aller rendre visite à ses parents. Lorsque Mme Isimeto-Osibuamhe a fini par chercher de l’aide, nombreux sont ceux qui ont pris la défense de son mari. Elle est allée trouver la police. “Ils m’ont dit que je n’étais plus une petite fille. Si je ne voulais plus être mariée, je n’avais qu’à divorcer.” Elle en a parlé à son beau-père. Celui-ci lui a assuré qu’“il [était] normal de battre sa femme”. Elle s’est adressée au pasteur, qui lui a conseillé de ne pas mettre son mari trop en colère. Elle a enfin trouvé un soutien auprès de Project Alert on Violence Against Women, une association qui dirige l’un des deux foyers du Nigeria, où elle est restée plusieurs semaines. Bridget Osekwe, responsable de ce projet, affirme que les dossiers de son organisation renferment plus de 200 cas similaires. Même les femmes financièrement indépendantes, comme Mme Isimeto-Osibuamhe, répugnent à divorcer, par peur de l’exclusion sociale. “Dans cette société, une femme doit tout faire pour que son mariage fonctionne”, commente Josephine Effah-Chukwuma, qui a mis sur pied Project Alert en 1999. “Si ça ne marche pas, c’est toujours la faute de la femme.”
Depuis qu’elle a quitté le domicile conjugal, l’époux de Mme Isimeto-Osibuamhe a continué à la frapper une dizaine de fois. Un jour, à l’église, il l’a même assommée. Malgré tout, elle n’a pas complètement perdu l’espoir qu’il puisse changer un jour. Elle s’inquiète et se demande comment elle va élever leur fils, qui vit actuellement chez ses grands-parents, si jamais elle divorce. “Dois-je rester pour notre enfant et risquer de me faire tuer ?” s’interroge-t-elle. Pourtant, elle insiste auprès des journalistes pour qu’ils accolent le nom de son mari au sien lorsqu’ils font le récit son histoire. “L’Africain croit que sa femme est un bien qui lui appartient, au même titre qu’une voiture ou des chaussures, une chose qu’il peut piétiner à loisir”, conclut Mme Isimeto-Osibuamhe.
Les femmes cautionnent les violences conjugales
Algérie
Le résultat d'une enquête menée par l'Office national des statistiques algérien et financée par l'UNICEF a "soulevé une onde de choc", révèle le quotidien La Tribune. 67,9 % des Algériennes en effet acceptent que leur mari les battent, soit plus de deux femmes sur trois. Ces chiffres démesurés illustrent la banalisation de la violence dans la société algérienne et plus particulièrement la banalisation de la violence conjugale. Pour le quotidien, l'acceptation des coups par les femmes est un élément révélateur de leur subordination.
Le résultat d'une enquête menée par l'Office national des statistiques algérien et financée par l'UNICEF a "soulevé une onde de choc", révèle le quotidien La Tribune. 67,9 % des Algériennes en effet acceptent que leur mari les battent, soit plus de deux femmes sur trois. Ces chiffres démesurés illustrent la banalisation de la violence dans la société algérienne et plus particulièrement la banalisation de la violence conjugale. Pour le quotidien, l'acceptation des coups par les femmes est un élément révélateur de leur subordination.
lundi 1 juin 2009
«Little Istanbul», symbole berlinois des ratés de l'intégration turque
Ils sont 200 000 dans la capitale et quelque 2,5 millions à vivre en Allemagne. Les diplômés sont de plus en plus tentés de retourner dans leur pays où les perspectives d'emploi sont meilleures.
Les marchands de kebabs ont remplacé les stands à saucisses et à bretzels. Tous les commerces portent des inscriptions bilingues, en allemand et en turc. Les chaînes de supermarchés allemandes Lidl et Aldi vendent des produits importés de Turquie. Les femmes voilées n'attirent plus les regards curieux. Sur un plan, ce microquartier de Kreuzberg situé à Berlin-Ouest, à quelques pas de l'ancien mur, s'appelle «Kottbusser Tor». Mais pour les Berlinois c'est «Little Istanbul». Ses habitants peuvent y mener une vie parallèle, sans parler un mot d'allemand.
Au-delà de ses attraits folkloriques et de sa légendaire tolérance «multiculturelle», «Little Istanbul» est aussi l'un des symboles des ratés de l'intégration des immigrés turcs en Allemagne. La chancelière allemande et Nicolas Sarkozy, qui se sont tous deux prononcés contre l'adhésion de la Turquie à l'UE, y atteignent des sommets d'impopularité. Angela Merkel a réitéré sa proposition d'un partenariat privilégié avec la Turquie, sans que ce pays devienne membre à part entière de l'Union. Une telle position accentue le malentendu avec les immigrés d'origine turque, qui la considèrent comme une marque de mépris et le signe que l'Allemagne ne souhaite pas vraiment les intégrer.
«Travailleur invité d'Anatolie»
Attablés dans un café turc, deux retraités sirotent un thé noir en jouant aux cartes. Ils n'iront pas voter le 7 juin. «L'intégration, ça fait des années qu'on nous bassine avec ça. Si ça n'a jamais marché, c'est de la faute des politiques», s'emporte Hüseyin Cakmak. Il a 63 ans et fait partie de la première vague de Gastarbeiter, les «travailleurs invités» turcs, conviés dès la fin des années 1950 à contribuer au miracle économique allemand. Pourtant, il ne parle toujours pas un mot d'allemand : «Je n'ai jamais essayé d'apprendre, pas le temps, trop de travail… Et puis, je n'avais aucun contact avec les Allemands. Ils me considéraient comme un travailleur invité d'Anatolie et gardaient leurs distances.»
Pendant trente ans, l'Allemagne a vécu dans l'illusion que ces «invités» repartiraient un jour. Ainsi, les gouvernements successifs n'ont pas déployé d'efforts pour intégrer ces immigrés qui sont aujourd'hui environ 2,5 millions dont 200 000 à Berlin. «Il y a quinze ans, l'Allemagne a réalisé qu'elle était allée chercher des travailleurs, mais qu'elle s'était retrouvée avec des êtres humains et leurs familles», résume Ediz Bökli un chasseur de têtes d'origine turque. Peu à peu, les cours de langue facultatifs ont été remplacés par un examen d'allemand obligatoire, conditionnant l'entrée dans le pays et l'accès à la nationalité. Depuis quelques années, les enfants d'ascendance turque nés en Allemagne ont automatiquement la citoyenneté allemande, tout en conservant leur passeport turc. Mais à l'âge de 18 ans, ils doivent choisir et, pour conserver leur passeport allemand, renoncer à la nationalité turque, ce qu'ils considèrent comme un déracinement.
Une fuite «inquiétante»
Seuls 35 % de Turcs s'estiment intégrés, alors que 13 % des Allemands jugent qu'ils le sont vraiment. Ils luttent pour sauvegarder leurs mœurs et leur identité. Ils se battent contre l'échec scolaire, contre les préjugés aussi lorsqu'ils cherchent un emploi. Les choses sont en train de changer avec la troisième génération de Turcs, bilingue qui dit se sentir allemande. Pourtant, selon une étude récente, un tiers des diplômés d'origine turque seraient prêts à émigrer en Turquie. En raison de la difficulté à trouver un travail adapté à leurs compétences en Allemagne et de meilleures perspectives d'emplois en Turquie.(PLEASE GO!)
Spécialisé dans le débauchage des diplômés d'origine turque pour des entreprises allemandes implantées en Turquie, Ediz Bökli estime à 3 000 le nombre de diplômés allemands d'origine turque qui ont émigré de l'autre côté du Bosphore depuis trois ans. «Ce n'est que le début, explique-t-il. Daimler, Lufthansa… 3 000 entreprises allemandes, au total, ont ouvert des antennes en Turquie depuis trois ans. Elles recherchent toutes du personnel diplômé, bilingue, ayant une double culture. Nos candidats rêvent d'Istanbul, Izmir, ou Ankara. Là-bas, on leur offre de très bons salaires, la qualité de vie, le beau temps.»
Pour l'Allemagne, qui souffre d'une natalité négative et qui aura besoin de recourir de plus en plus à l'immigration, cette fuite prend des proportions inquiétantes. «Si ceux qui réussissent partent, il va manquer un exemple à l'avenir», pour les enfants d'immigrés, avertit Armin Laschet, ministre de la Famille et de l'Intégration de l'État régional de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, aux racines turques. Selon lui, l'Allemagne doit intervenir au plus vite avant de voir fuir tous ces diplômés.
Le Figaro
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Les diplomes partent et la bêtise avec...
Les marchands de kebabs ont remplacé les stands à saucisses et à bretzels. Tous les commerces portent des inscriptions bilingues, en allemand et en turc. Les chaînes de supermarchés allemandes Lidl et Aldi vendent des produits importés de Turquie. Les femmes voilées n'attirent plus les regards curieux. Sur un plan, ce microquartier de Kreuzberg situé à Berlin-Ouest, à quelques pas de l'ancien mur, s'appelle «Kottbusser Tor». Mais pour les Berlinois c'est «Little Istanbul». Ses habitants peuvent y mener une vie parallèle, sans parler un mot d'allemand.
Au-delà de ses attraits folkloriques et de sa légendaire tolérance «multiculturelle», «Little Istanbul» est aussi l'un des symboles des ratés de l'intégration des immigrés turcs en Allemagne. La chancelière allemande et Nicolas Sarkozy, qui se sont tous deux prononcés contre l'adhésion de la Turquie à l'UE, y atteignent des sommets d'impopularité. Angela Merkel a réitéré sa proposition d'un partenariat privilégié avec la Turquie, sans que ce pays devienne membre à part entière de l'Union. Une telle position accentue le malentendu avec les immigrés d'origine turque, qui la considèrent comme une marque de mépris et le signe que l'Allemagne ne souhaite pas vraiment les intégrer.
«Travailleur invité d'Anatolie»
Attablés dans un café turc, deux retraités sirotent un thé noir en jouant aux cartes. Ils n'iront pas voter le 7 juin. «L'intégration, ça fait des années qu'on nous bassine avec ça. Si ça n'a jamais marché, c'est de la faute des politiques», s'emporte Hüseyin Cakmak. Il a 63 ans et fait partie de la première vague de Gastarbeiter, les «travailleurs invités» turcs, conviés dès la fin des années 1950 à contribuer au miracle économique allemand. Pourtant, il ne parle toujours pas un mot d'allemand : «Je n'ai jamais essayé d'apprendre, pas le temps, trop de travail… Et puis, je n'avais aucun contact avec les Allemands. Ils me considéraient comme un travailleur invité d'Anatolie et gardaient leurs distances.»
Pendant trente ans, l'Allemagne a vécu dans l'illusion que ces «invités» repartiraient un jour. Ainsi, les gouvernements successifs n'ont pas déployé d'efforts pour intégrer ces immigrés qui sont aujourd'hui environ 2,5 millions dont 200 000 à Berlin. «Il y a quinze ans, l'Allemagne a réalisé qu'elle était allée chercher des travailleurs, mais qu'elle s'était retrouvée avec des êtres humains et leurs familles», résume Ediz Bökli un chasseur de têtes d'origine turque. Peu à peu, les cours de langue facultatifs ont été remplacés par un examen d'allemand obligatoire, conditionnant l'entrée dans le pays et l'accès à la nationalité. Depuis quelques années, les enfants d'ascendance turque nés en Allemagne ont automatiquement la citoyenneté allemande, tout en conservant leur passeport turc. Mais à l'âge de 18 ans, ils doivent choisir et, pour conserver leur passeport allemand, renoncer à la nationalité turque, ce qu'ils considèrent comme un déracinement.
Une fuite «inquiétante»
Seuls 35 % de Turcs s'estiment intégrés, alors que 13 % des Allemands jugent qu'ils le sont vraiment. Ils luttent pour sauvegarder leurs mœurs et leur identité. Ils se battent contre l'échec scolaire, contre les préjugés aussi lorsqu'ils cherchent un emploi. Les choses sont en train de changer avec la troisième génération de Turcs, bilingue qui dit se sentir allemande. Pourtant, selon une étude récente, un tiers des diplômés d'origine turque seraient prêts à émigrer en Turquie. En raison de la difficulté à trouver un travail adapté à leurs compétences en Allemagne et de meilleures perspectives d'emplois en Turquie.(PLEASE GO!)
Spécialisé dans le débauchage des diplômés d'origine turque pour des entreprises allemandes implantées en Turquie, Ediz Bökli estime à 3 000 le nombre de diplômés allemands d'origine turque qui ont émigré de l'autre côté du Bosphore depuis trois ans. «Ce n'est que le début, explique-t-il. Daimler, Lufthansa… 3 000 entreprises allemandes, au total, ont ouvert des antennes en Turquie depuis trois ans. Elles recherchent toutes du personnel diplômé, bilingue, ayant une double culture. Nos candidats rêvent d'Istanbul, Izmir, ou Ankara. Là-bas, on leur offre de très bons salaires, la qualité de vie, le beau temps.»
Pour l'Allemagne, qui souffre d'une natalité négative et qui aura besoin de recourir de plus en plus à l'immigration, cette fuite prend des proportions inquiétantes. «Si ceux qui réussissent partent, il va manquer un exemple à l'avenir», pour les enfants d'immigrés, avertit Armin Laschet, ministre de la Famille et de l'Intégration de l'État régional de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, aux racines turques. Selon lui, l'Allemagne doit intervenir au plus vite avant de voir fuir tous ces diplômés.
Le Figaro
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