Immigration. Des rixes entre commerçants asiatiques et locaux ont fait dix blessés près d’Alger.
Des camions qui apportent de la marchandise dans les magasins d’électroménager importé, des groupes de commerçants chinois qui attendent assis devant leur boutique l’arrivée de clients, et des Algériens qui tiennent les murs du quartier : c’est le quotidien ordinaire de la cité Boushaki à Bab Ezzouar, dans la banlieue est d’Alger. On en oublierait presque qu’il y a une semaine de violents affrontements éclataient entre Chinois et Algériens. Presque, si ce n’était les patrouilles incessantes de policiers dans leurs imposants 4x4, roulant à petite vitesse dans les rues étroites et défoncées, et celles plus discrètes d’agents en civil.
Le conflit a éclaté lundi dernier. Un jeune Chinois s’est garé devant la porte d’une boutique et, lorsque le commerçant lui a demandé de déplacer sa voiture pour que les clients puissent entrer, le conducteur a refusé. «Il a insulté sa mère en arabe ! Alors, fou de rage, l’Algérien est allé appeler ses frères à l’étage. Dès qu’il est redescendu, il s’est retrouvé nez à nez avec des dizaines de Chinois armés de pelles, de pioches et de barres de fer», raconte un voisin, dont le frère, Abdelkrim, qui tient la boutique voisine, a été blessé dans les affrontements. «Des membres de la famille du commerçant sont sortis pour tenter de les calmer, et mon frère, qui se trouvait là, s’est fait lyncher», ajoute-t-il, montrant des photos et un film, pris au téléphone portable, des blessures de son frère.
La dispute a tourné à la bataille de rue avec une cinquantaine d’habitants de chaque côté et une dizaine de blessés. Le lendemain, des boutiques chinoises ont été saccagées. Les affrontements ont été largement relayés par une partie de la presse arabophone, qui n’a pas hésité à mettre en une la photo d’un blessé avec ce titre : «Une Chinoise lance un cocktail Molotov sur un jeune.»
Une semaine plus tard, les habitants chinois du quartier font profil bas et refusent de répondre aux questions. Après avoir passé trois jours cloîtrés chez eux, rideau baissé, ils ont repris leurs affaires, sans doute rassurés par la présence policière. L’ambassadeur de Chine, Yuhe Liu, est venu sur les lieux, sous bonne escorte, dans une volonté de calmer le jeu en qualifiant les affrontements de lundi «d’incidents isolés» et en appelant la communauté chinoise à «respecter les lois et coutumes locales». Mais Pékin, via la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jiang Yu, a réclamé que l’Algérie «punisse les responsables selon la loi». Car, pour les autorités chinoises, les Algériens sont aussi du côté des agresseurs. Une version confirmée par certains habitants algériens du quartier, qui expliquent discrètement que «les fautes ne sont pas d’un seul côté». De leur côté, la majorité des habitants ne veut pas en rester là. Ils demandent, dans une pétition adressée à la mairie, que les Chinois partent.
Si ces troubles sont les premiers de cette ampleur, ils illustrent bien un certain malaise dans la cohabitation entre les deux communautés. A l’origine, la cité Boushaki était habitée quasi exclusivement par des familles musulmanes très pratiquantes. Les hommes portent la barbe et le kamis, une longue robe blanche caractéristique des salafistes. L’arrivée des Chinois date de ces trois dernières années. Venus pour travailler sur les grands chantiers de BTP, ils se sont installés ici et ont ouvert des commerces de textiles bon marché. Aujourd’hui, ils seraient près de 200 dans la cité, et ne s’embarrassent pas beaucoup des traditions locales, selon leurs voisins algériens. «Ils ne respectent pas notre religion, ils jouent aux cartes dehors jusqu’à deux ou trois heures du matin en buvant de l’alcool. Eux et leurs femmes portent de plus en plus des tenues dénudées, et nous, qui sommes très pratiquants et qui habitons juste en face, nous ne pouvons même plus ouvrir les fenêtres qui donnent sur leurs appartements», raconte un habitant du quartier.
Pour beaucoup, les affrontements de la semaine passée sont l’incident de trop. «Ici, c’est devenu le quartier chinois, d’ailleurs tout le monde l’appelle comme ça. Ils ont profité de notre bonté pour s’installer et maintenant ils veulent prendre tout le quartier. Ici, c’est un endroit respectable, les gens sont pratiquants, nous ne voulons pas de gens qui ne respectent pas notre religion. Nous sommes d’accord pour qu’ils restent en Algérie, mais qu’ils aillent dans un autre endroit», s’emporte un commerçant. «Nous n’avons rien contre le fait qu’ils travaillent ici, mais nous voulons qu’ils respectent nos lois, ou alors qu’ils vivent isolés, pas avec la société algérienne car, là, nous avons été humiliés», renchérit un autre. (Un peu ce que les français vivent chaque jour avec ces chers algériens en fait...)
La tension ambiante témoigne d’un malaise plus large dans le pays, où on a du mal à accepter cette nouvelle immigration dont le dynamisme économique suscite des jalousies. En quelques années, plus de 30 000 Chinois ont émigré en Algérie. C’est la population étrangère la plus nombreuse dans le pays. D’abord cantonnés dans des bases de vie isolées sur les chantiers où ils travaillaient, les Chinois s’installent de plus en plus au cœur des villes, là où les différences de cultures et de modes de vie ont souvent plus de mal à coexister.
http://www.liberation.fr/monde/0101584631-les-chinois-un-casse-tete-algerien
Erdogan: "L’expression “islam modéré” est laide et offensante. Il n’y a pas d’islam modéré." Milliyet, 21 août 2007
mardi 11 août 2009
lundi 10 août 2009
La méthode saoudienne
Reuters
Ryad "enferme des milliers de suspects et jette la clé", dit HRW
L'Arabie saoudite a arrêté des milliers de suspects dans le cadre de la lutte antiterroriste sans les inculper et ignorant parfois même des décisions des tribunaux ordonnant leur libération, affirme l'ONG Human Rights Watch (HRW) dans un rapport.
"Depuis des années, la réponse de l'Arabie saoudite au terrorisme a été d'enfermer des milliers de suspects et de jeter la clé", affirme l'ONG basé à New York dans ce rapport, qui relève les mêmes atteintes aux droits de l'homme qu'Amnesty international dans un autre rapport publié en juillet.
Un porte-parole du ministère de l'Intérieur s'est refusé à tout commentaire sur le rapport de HRW, assurant que le gouvernement entendait d'abord l'étudier minutieusement. Le ministère n'avait pas commenté le rapport d'Amnesty
Ryad "enferme des milliers de suspects et jette la clé", dit HRW
L'Arabie saoudite a arrêté des milliers de suspects dans le cadre de la lutte antiterroriste sans les inculper et ignorant parfois même des décisions des tribunaux ordonnant leur libération, affirme l'ONG Human Rights Watch (HRW) dans un rapport.
"Depuis des années, la réponse de l'Arabie saoudite au terrorisme a été d'enfermer des milliers de suspects et de jeter la clé", affirme l'ONG basé à New York dans ce rapport, qui relève les mêmes atteintes aux droits de l'homme qu'Amnesty international dans un autre rapport publié en juillet.
Un porte-parole du ministère de l'Intérieur s'est refusé à tout commentaire sur le rapport de HRW, assurant que le gouvernement entendait d'abord l'étudier minutieusement. Le ministère n'avait pas commenté le rapport d'Amnesty
jeudi 6 août 2009
1894 en France: Premier député musulman
Député en burnous et tracts de la CGT en arabe, une autre époque en France
LYON (AFP) — Un député du Doubs converti à l'islam siégeait en burnous à l'Assemblée et les tracts de la CGT étaient en français et en arabe. C'était une autre époque en France, raconte l'exposition "Générations", qui retrace "un siècle d'histoire culturelle des Maghrébins en France" à Lyon.
Réalisée par l'association Génériques avec le soutien notamment des ministères de la Culture et de l'Immigration, elle poursuivra sa route à Paris, à la Cité nationale de l'Histoire de l'immigration, dès la mi-novembre.
Dès l'entrée de cette exposition visible jusqu'à fin août aux Archives de Lyon, on est frappé par le portrait de Philippe Grenier, médecin du Doubs converti en 1894, qui devient deux ans plus tard le "premier député de confession musulmane au Parlement français".
Plus loin, un cliché montre une banderole de la CFDT en arabe lors d'une manifestation des années 1970. Et des bulletins de la CGT en français et arabe revendiquent "l'égalité des droits entre travailleurs français et immigrés".
(...)
"Nous voulons montrer que l'immigration maghrébine ne remonte pas qu'aux années 1970 avec le regroupement familial", insiste Mme Yahi, auteur d'un doctorat à Paris-VIII sur "l'histoire culturelle des artistes algériens en France".
Dès la Première guerre mondiale, 300.000 soldats du Maghreb sont mobilisés, rappelle l'exposition, qui n'édulcore pas la méfiance suscitée en France par ces combattants des colonies.
L'entre-deux-guerres est ensuite marqué par une vague d'immigration, de main-d'oeuvre en quête d'une vie meilleure mais aussi d'intellectuels maghrébins, futurs chantres de l'indépendance pour certains, qu'on voit sur des photos devisant politique aux tables des bistrots parisiens, semblables aux étudiants du Quartier latin.
On découvre également les chanteurs de l'exil, photographiés comme toutes les stars françaises au studio Harcourt, et des écrivains comme Assia Djebar, aux airs d'une Sagan brune, auteur de "La soif" dans les années 1950, aujourd'hui à l'Académie française.
L'exposition évoque aussi le choix de la résistance (fait par exemple par Mohamed Lakhdar Toumi, déporté à Dachau en 1944) ou de la collaboration avec l'Allemagne nazie. Avec un enregistrement fascinant de Mohamed Et Maadi, fondateur du comité musulman de l'Afrique du Nord, soutenu par la Gestapo, appelant en 1942 sur Radio Paris les "musulmans au jihad".
(...)
LYON (AFP) — Un député du Doubs converti à l'islam siégeait en burnous à l'Assemblée et les tracts de la CGT étaient en français et en arabe. C'était une autre époque en France, raconte l'exposition "Générations", qui retrace "un siècle d'histoire culturelle des Maghrébins en France" à Lyon.
Réalisée par l'association Génériques avec le soutien notamment des ministères de la Culture et de l'Immigration, elle poursuivra sa route à Paris, à la Cité nationale de l'Histoire de l'immigration, dès la mi-novembre.
Dès l'entrée de cette exposition visible jusqu'à fin août aux Archives de Lyon, on est frappé par le portrait de Philippe Grenier, médecin du Doubs converti en 1894, qui devient deux ans plus tard le "premier député de confession musulmane au Parlement français".
Plus loin, un cliché montre une banderole de la CFDT en arabe lors d'une manifestation des années 1970. Et des bulletins de la CGT en français et arabe revendiquent "l'égalité des droits entre travailleurs français et immigrés".
(...)
"Nous voulons montrer que l'immigration maghrébine ne remonte pas qu'aux années 1970 avec le regroupement familial", insiste Mme Yahi, auteur d'un doctorat à Paris-VIII sur "l'histoire culturelle des artistes algériens en France".
Dès la Première guerre mondiale, 300.000 soldats du Maghreb sont mobilisés, rappelle l'exposition, qui n'édulcore pas la méfiance suscitée en France par ces combattants des colonies.
L'entre-deux-guerres est ensuite marqué par une vague d'immigration, de main-d'oeuvre en quête d'une vie meilleure mais aussi d'intellectuels maghrébins, futurs chantres de l'indépendance pour certains, qu'on voit sur des photos devisant politique aux tables des bistrots parisiens, semblables aux étudiants du Quartier latin.
On découvre également les chanteurs de l'exil, photographiés comme toutes les stars françaises au studio Harcourt, et des écrivains comme Assia Djebar, aux airs d'une Sagan brune, auteur de "La soif" dans les années 1950, aujourd'hui à l'Académie française.
L'exposition évoque aussi le choix de la résistance (fait par exemple par Mohamed Lakhdar Toumi, déporté à Dachau en 1944) ou de la collaboration avec l'Allemagne nazie. Avec un enregistrement fascinant de Mohamed Et Maadi, fondateur du comité musulman de l'Afrique du Nord, soutenu par la Gestapo, appelant en 1942 sur Radio Paris les "musulmans au jihad".
(...)
Chasse aux Noirs en Mauritanie
La vie brisée d'Abderaman, victime de la "chasse aux Noirs" en Mauritanie
LE MONDE
Ba Mamadou M'Baré quittera prochainement ses fonctions comme il y était entré : fort discrètement, pour ne pas dire dans l'indifférence générale. A tort. Car cet homme politique mauritanien restera dans les livres comme le premier président négro-africain de la Mauritanie, un pays dominé par une élite politico-économique arabo-berbère.
Ba Mamadou M'Baré, sexagénaire d'un naturel calme et mesuré, n'a certes pas été servi par les circonstances de sa notable ascension. Le 15 avril, il a pris ses fonctions pour assurer l'intérim du général Mohammed Ould Abdel Aziz. Afin de pouvoir se présenter à l'élection présidentielle, le militaire putschiste démissionnait alors de la junte à la tête de laquelle il dirigeait le pays depuis son coup d'Etat du 6 août 2008. "Aziz", comme on l'appelle à Nouakchott, ayant remporté haut la main et dès le premier tour la présidentielle du 18 juillet, Ba Mamadou M'Baré rendra bientôt les clés du palais présidentiel au nouvel élu, un Maure de la tribu des Ouled Bou Sba.
A quand le prochain président négro-africain ?
Sans doute pas de sitôt tant est grand le fossé qui sépare les deux communautés. Le nouveau président a promis de s'attaquer à ce dossier complexe, jonché de morts et de vies amputées. Avant son élection, encore chef de la junte, "Aziz" avait d'ailleurs commencé à traiter ce que l'on appelle pudiquement, à Nouakchott, "passif humanitaire" ou "événements de 1989" (suivis d'une période d'exception de deux ans). Derrière ces expressions désincarnées se dissimule "une politique systématique et raciste menée par le régime de Maaouiya Ould Taya (1984-2005) destinée à épurer l'armée et l'administration des Négro-Mauritaniens", rappelle Mohammed Fall Oumere, rédacteur en chef de l'hebdomadaire La Tribune.
"Noir comme un Sénégalais"
Prenant prétexte de tensions meurtrières et ethniques entre la Mauritanie et le Sénégal, en avril 1989, Ould Taya expulsa du pays, dans les mois et années qui suivirent, des dizaines de milliers de Négro-Mauritaniens. Des centaines d'autres, militaires ou civils, furent sommairement exécutés. "C'était la chasse aux Noirs, menée par des nationalistes maures", résume Sy Abou Bocar, président de la Coordination des collectifs de victimes de la répression (Covire).
Abderaman A. se souvient de cette période des larmes plein les yeux, la peur dans la voix qui requiert l'anonymat. "Les militaires qui m'ont fait souffrir sont couverts par une loi d'amnistie et toujours en fonction", explique-t-il.
A l'époque, Abderaman se croyait protégé par son origine. N'était-il pas passé sans encombre au travers des pogroms d'avril 1989 ? Certes, Abderaman est noir, "comme un Sénégalais ", dit-il. Mais c'est un Haratine, un de ces descendants d'esclaves ayant assimilé la culture des anciens maîtres. Un "Maure noir" donc, comme en atteste son prénom, pas un Halpulaar, un Soninké, un Wolof ou autre Bambara formant la communauté négro-mauritanienne.
"Le 10 octobre 1990, des militaires m'ont tiré de mon lit en défonçant la porte de chez moi et m'ont emmené menotté", se souvient-il. S'en suivront "150 jours de cauchemar". Survivant aux passages à tabac, jour après jour, au siège de la "5e compagnie de police" à Nouadhibou (nord) où ce diplômé occupait un poste de cadre dans une société étrangère, il est conduit à Inal dans une prison à ciel ouvert gardée par le désert, à la frontière du Sahara occidental. "Dans la journée, les militaires faisaient une croix sur le torse de prisonniers. La nuit, ils les prenaient pour les tuer : pendus, battus à mort, traînés par des voitures ou fusillés..." "Environ 1 500 personnes sont passées par Inal quand j'y étais et seulement 95 survivants quand nous avons été relâchés." "J'étais jeune, éduqué, noir. Il fallait me bloquer. Les Maures ont réussi, j'ai tout abandonné", lâche-t-il dans un sanglot.
Personne ne sait combien la Mauritanie compte de tels cas. Des milliers sans doute. Et, à ce jour, les autorités mauritaniennes ne s'en sont guère soucié. Mais le général Aziz "a brisé un tabou, le 24 avril, en participant à une prière commémorative à la mémoire des victimes de crimes commis par l'Etat avec les moyens de l'Etat ", se félicitait, en juin, Mohamed Lemine Ould Dadde, le commissaire aux droits de l'homme. Ses détracteurs dénoncent des mesures préélectorales.
Ces derniers mois, près de 250 familles de militaires tués extrajudiciairement ont été indemnisées, mais en échange de leur renoncement à toute poursuite judiciaire. Plus de 11 000 réfugiés au Sénégal, sur les 24 000 enregistrés par le Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU, ont bénéficié d'aide au retour. "Mais, reconnaît Mohammed Lemine Ould Dadde, il faudra beaucoup de temps pour rétablir la confiance." En attendant, Abderaman se bat avec ses fantômes : "Je vis en hibernation depuis près de vingt ans."
LE MONDE
Ba Mamadou M'Baré quittera prochainement ses fonctions comme il y était entré : fort discrètement, pour ne pas dire dans l'indifférence générale. A tort. Car cet homme politique mauritanien restera dans les livres comme le premier président négro-africain de la Mauritanie, un pays dominé par une élite politico-économique arabo-berbère.
Ba Mamadou M'Baré, sexagénaire d'un naturel calme et mesuré, n'a certes pas été servi par les circonstances de sa notable ascension. Le 15 avril, il a pris ses fonctions pour assurer l'intérim du général Mohammed Ould Abdel Aziz. Afin de pouvoir se présenter à l'élection présidentielle, le militaire putschiste démissionnait alors de la junte à la tête de laquelle il dirigeait le pays depuis son coup d'Etat du 6 août 2008. "Aziz", comme on l'appelle à Nouakchott, ayant remporté haut la main et dès le premier tour la présidentielle du 18 juillet, Ba Mamadou M'Baré rendra bientôt les clés du palais présidentiel au nouvel élu, un Maure de la tribu des Ouled Bou Sba.
A quand le prochain président négro-africain ?
Sans doute pas de sitôt tant est grand le fossé qui sépare les deux communautés. Le nouveau président a promis de s'attaquer à ce dossier complexe, jonché de morts et de vies amputées. Avant son élection, encore chef de la junte, "Aziz" avait d'ailleurs commencé à traiter ce que l'on appelle pudiquement, à Nouakchott, "passif humanitaire" ou "événements de 1989" (suivis d'une période d'exception de deux ans). Derrière ces expressions désincarnées se dissimule "une politique systématique et raciste menée par le régime de Maaouiya Ould Taya (1984-2005) destinée à épurer l'armée et l'administration des Négro-Mauritaniens", rappelle Mohammed Fall Oumere, rédacteur en chef de l'hebdomadaire La Tribune.
"Noir comme un Sénégalais"
Prenant prétexte de tensions meurtrières et ethniques entre la Mauritanie et le Sénégal, en avril 1989, Ould Taya expulsa du pays, dans les mois et années qui suivirent, des dizaines de milliers de Négro-Mauritaniens. Des centaines d'autres, militaires ou civils, furent sommairement exécutés. "C'était la chasse aux Noirs, menée par des nationalistes maures", résume Sy Abou Bocar, président de la Coordination des collectifs de victimes de la répression (Covire).
Abderaman A. se souvient de cette période des larmes plein les yeux, la peur dans la voix qui requiert l'anonymat. "Les militaires qui m'ont fait souffrir sont couverts par une loi d'amnistie et toujours en fonction", explique-t-il.
A l'époque, Abderaman se croyait protégé par son origine. N'était-il pas passé sans encombre au travers des pogroms d'avril 1989 ? Certes, Abderaman est noir, "comme un Sénégalais ", dit-il. Mais c'est un Haratine, un de ces descendants d'esclaves ayant assimilé la culture des anciens maîtres. Un "Maure noir" donc, comme en atteste son prénom, pas un Halpulaar, un Soninké, un Wolof ou autre Bambara formant la communauté négro-mauritanienne.
"Le 10 octobre 1990, des militaires m'ont tiré de mon lit en défonçant la porte de chez moi et m'ont emmené menotté", se souvient-il. S'en suivront "150 jours de cauchemar". Survivant aux passages à tabac, jour après jour, au siège de la "5e compagnie de police" à Nouadhibou (nord) où ce diplômé occupait un poste de cadre dans une société étrangère, il est conduit à Inal dans une prison à ciel ouvert gardée par le désert, à la frontière du Sahara occidental. "Dans la journée, les militaires faisaient une croix sur le torse de prisonniers. La nuit, ils les prenaient pour les tuer : pendus, battus à mort, traînés par des voitures ou fusillés..." "Environ 1 500 personnes sont passées par Inal quand j'y étais et seulement 95 survivants quand nous avons été relâchés." "J'étais jeune, éduqué, noir. Il fallait me bloquer. Les Maures ont réussi, j'ai tout abandonné", lâche-t-il dans un sanglot.
Personne ne sait combien la Mauritanie compte de tels cas. Des milliers sans doute. Et, à ce jour, les autorités mauritaniennes ne s'en sont guère soucié. Mais le général Aziz "a brisé un tabou, le 24 avril, en participant à une prière commémorative à la mémoire des victimes de crimes commis par l'Etat avec les moyens de l'Etat ", se félicitait, en juin, Mohamed Lemine Ould Dadde, le commissaire aux droits de l'homme. Ses détracteurs dénoncent des mesures préélectorales.
Ces derniers mois, près de 250 familles de militaires tués extrajudiciairement ont été indemnisées, mais en échange de leur renoncement à toute poursuite judiciaire. Plus de 11 000 réfugiés au Sénégal, sur les 24 000 enregistrés par le Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU, ont bénéficié d'aide au retour. "Mais, reconnaît Mohammed Lemine Ould Dadde, il faudra beaucoup de temps pour rétablir la confiance." En attendant, Abderaman se bat avec ses fantômes : "Je vis en hibernation depuis près de vingt ans."
mardi 4 août 2009
AUSTRALIE: La police déjoue une attaque suicide de grande ampleur
AFP
La police australienne a arrêté mardi quatre terroristes présumés, soupçonnés de liens avec un groupe islamiste somalien, pour avoir planifié une attaque suicide contre une base militaire en Australie, qui aurait représenté le pire attentat terroriste contre le pays. Près de 400 policiers ont participé à l'opération, qui a conduit à l'arrestation à Melbourne des quatre hommes, âgés d'une vingtaine d'années et d'origines somalienne et libanaise, selon un représentant de la police fédérale australienne.
La police australienne a arrêté mardi quatre terroristes présumés, soupçonnés de liens avec un groupe islamiste somalien, pour avoir planifié une attaque suicide contre une base militaire en Australie, qui aurait représenté le pire attentat terroriste contre le pays. Près de 400 policiers ont participé à l'opération, qui a conduit à l'arrestation à Melbourne des quatre hommes, âgés d'une vingtaine d'années et d'origines somalienne et libanaise, selon un représentant de la police fédérale australienne.
lundi 3 août 2009
Erreur de casting pour les recrues musulmanes du MI-5, le contre-espionnage britannique
LE MONDE
L'espion nouveau de Sa Majesté est arrivé. C'est une taupe d'Al-Qaida... D'après le Daily Telegraph du samedi 1er août, la nébuleuse islamiste a infiltré le MI-5, le célèbre service de contre-espionnage britannique. Selon le député conservateur Patrick Mercer, cité par le Telegraph, six employés de confession musulmane du service de sécurité intérieure ont été écartés après des révélations sur leurs antécédents politiques. Deux d'entre eux seraient passés dans des camps d'Al-Qaida au Pakistan et en Afghanistan. Les quatre autres présentaient des blancs inquiétants dans leur curriculum vitae.
Dans la foulée des attentats de Londres du 7 juillet 2005 (52 morts), les services de sécurité intérieure ont lancé une vaste campagne pour dénicher des musulmans. Il s'agissait de mieux comprendre les motivations des quatre jeunes musulmans anglais poseurs de bombes. Les instructions sont venues du sommet, du conseil supérieur du Renseignement et du 10 Downing Street.
A nouvelles cibles, nouveaux barbouzes. Pour attirer les talents, au début 2007, le "Cinq" avait publié des petites annonces dans la presse de la communauté musulmane. Des officiers avaient donné des interviews à la chaîne asiatique de la BBC, très écoutée par les Britanniques issus du sous-continent indien.
Selon le Telegraph, traditionnellement proche des milieux militaires et des services secrets, l'opération de recrutement s'est faite dans la précipitation. Les six hommes ont toutefois été démasqués avant d'avoir été formés aux techniques de contre-espionnage ou d'avoir eu accès aux dossiers confidentiels, en particulier les informations transmises par les "cousins" américains de la CIA.
"On peut se demander si toutes les taupes ont été découvertes... C'est une très bonne occasion de se souvenir que nos ennemis sont toujours là, qu'ils sont toujours prêts à se battre", a souligné Patrick Mercer.
L'espion nouveau de Sa Majesté est arrivé. C'est une taupe d'Al-Qaida... D'après le Daily Telegraph du samedi 1er août, la nébuleuse islamiste a infiltré le MI-5, le célèbre service de contre-espionnage britannique. Selon le député conservateur Patrick Mercer, cité par le Telegraph, six employés de confession musulmane du service de sécurité intérieure ont été écartés après des révélations sur leurs antécédents politiques. Deux d'entre eux seraient passés dans des camps d'Al-Qaida au Pakistan et en Afghanistan. Les quatre autres présentaient des blancs inquiétants dans leur curriculum vitae.
Dans la foulée des attentats de Londres du 7 juillet 2005 (52 morts), les services de sécurité intérieure ont lancé une vaste campagne pour dénicher des musulmans. Il s'agissait de mieux comprendre les motivations des quatre jeunes musulmans anglais poseurs de bombes. Les instructions sont venues du sommet, du conseil supérieur du Renseignement et du 10 Downing Street.
A nouvelles cibles, nouveaux barbouzes. Pour attirer les talents, au début 2007, le "Cinq" avait publié des petites annonces dans la presse de la communauté musulmane. Des officiers avaient donné des interviews à la chaîne asiatique de la BBC, très écoutée par les Britanniques issus du sous-continent indien.
Selon le Telegraph, traditionnellement proche des milieux militaires et des services secrets, l'opération de recrutement s'est faite dans la précipitation. Les six hommes ont toutefois été démasqués avant d'avoir été formés aux techniques de contre-espionnage ou d'avoir eu accès aux dossiers confidentiels, en particulier les informations transmises par les "cousins" américains de la CIA.
"On peut se demander si toutes les taupes ont été découvertes... C'est une très bonne occasion de se souvenir que nos ennemis sont toujours là, qu'ils sont toujours prêts à se battre", a souligné Patrick Mercer.
dimanche 2 août 2009
Frontière Maroc-Algérie
Dix ans de règne et une frontière toujours fermée avec l'Algérie...
Mais que font Euro-palestine ? la ligue des droits de l'homme ? sos racisme ?
RIEN!
Mais que font Euro-palestine ? la ligue des droits de l'homme ? sos racisme ?
RIEN!
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