Le gouvernement israélien a décidé jeudi de s’attaquer de front au prétendu problème des «réfugiés arabes» en renouvelant ses efforts pour l’indemnisation des victimes juives des pogroms arabes.
Les estimations des spoliations de propriétés juives par les états arabes varient de 16 à 300 milliards de dollars, selon les pays…
Le docteur Avi Bitzur, Directeur général du Ministère des affaires sociales a déclaré à la radio Kol Israel avoir mis en place ces derniers jours un nouveau département pour tenter ce recueillir les demandes de 850.000 juifs en provenance d’Iran et de tous les pays arabes et musulmans. Environ 80% de ces juifs ont fui pour Israël après les violences et les expulsions mises en place dans leurs pays.
La plupart des réfugiés ont fui ou ont été expulsés après la violente réaction arabe à la création de l’Etat d’Israël en 1948. “Israël parle ce ces indemnisation depuis 60 ans mais n’a jamais vraiment agi. Aujourd’hui, nous prenons les choses en mains” explique Bitzur…
Le plan israélien consiste à se faire payer pour les biens spoliés par les arabes pour reverser une petite partie de cet argent aux “réfugiés” palestiniens, lors de la signature d’un hypothétique accord de paix.
“Les palestiniens parlent de droit au retour, nous parlons d’indemnisation pour les spoliations” explique Bitzur. Le problème est que l’ONU promet ce droit au retour avec l’UNRWA. Mais les gouvernements israéliens ont tous été très clairs : il n’y aura pas de retour d’arrières petits-enfants de “palestiniens” ayant fui leurs maisons sur les ordres de l’Egypte en 1948.
La politique de l’Organisation des Nations Unies ne permet pas au statut de «réfugié» de se transmettre de génération en génération, explique Bitzur. “Sauf pour les palestiniens… seuls eux peuvent à se refiler le cadeau au lieu de s’intégrer comme toutes les autres nations du monde!”
Bitzur ajoute, “Nous devons connaître l’histoire du pogrom à Bagdad en 1941, ou celle des Juifs libyens qui se sont retrouvés à Bergen Belsen. Il est temps que les gens sachent qu’il y avait des juifs dans les pays arabes… Et qu’il n’y en a presque plus ! Par ailleurs, je déplore que l’ONU ait parlé plus de 700 fois des “réfugiés arabes” mais pas une seule fois de la question des biens juifs.”
http://jssnews.com/2011/12/30/lonu-a-parle-plus-de-700-fois-des-refugies-arabes-pas-une-fois-des-spoliations-juives-par-les-arabes/
Erdogan: "L’expression “islam modéré” est laide et offensante. Il n’y a pas d’islam modéré." Milliyet, 21 août 2007
samedi 31 décembre 2011
La définition du Jihâd enseignée aux universités de Paris et Tunis
Pour en finir avec la désinformation médiatique.
Alors que les apologètes médiatiques de l'islam (Malek Chebel, Abennour Bidar, Eric Geoffroy...) veulent faire croire que le véritable sens du jihâd est un "effort sprirituel contre ses propres passions", il est utile de lire les islamologues arabisants de l'Université. Et ceux des deux rives de la méditerranée.
Dans l'ouvrage "Vocabulaire de l'islam" paru dans la collection "Que sais-je" des Presses Universitaires de France (PUF, 2008), Dominique Sourdel et Janine Sourdel-Thomine, Professeurs émérites à l'Université de Paris-Sorbonne, co dirigeant la collection "Islamiques" aux PUF, écrivent pour l'entrée "Jihâd":
" JIHÄD - "Lutte", au sens originel.- Désigna d'abord, dans les traités de droit religieux ou fiqh, l'"effort de guerre" devant être entrepris contre les infidèles ou kâfirs, au nom de la Loi ou sharî'a, pour faire triompher la vraie religion. D'où le sens de "guerre légale", plutôt que "guerre sainte", décidée par le chef de la communauté, c'est-à-dire par un calife qui gouverne réellement ou par l'un de ses représentants, l'émir ou, plus tard, le sultan.
-C'est donc un "devoir collectif" ou fard kifâya et non individuel, destiné à assurer l'expansion de l'islam en tant que religion universaliste et instituant un état de guerre permanent avec les territoires non musulmans appelés dâr al-harb, envers lesquels seule une forme de trêve ou hudna, et non une paix durable, peut être consentie.
-Explique les diverses entreprises guerrières ayant assuré l'extension du monde musulman, à partir de la victoire ou fath de Muhammad sur les habitants de la Mekke qui suivit ses diverses batailles et expéditions ou maghâzi, et lors des grandes conquêtes qui se déroulèrent aussitôt après sa mort. -Plus ou moins observé par la suite, n'a plus été décrété officiellement depuis 1914, mais est souvent entrepris à l'époque contemporaine par des groupes de combattants indépendants.
- A partir du Xeme siècle, certains auteurs [note de l'Observatoire: loin d'être majoritaires chez les juristes sunnites] avaient infléchi le sens du terme en y voyant seulement un combat défensif (par exemple contre les Francs et les Mongols) ou un combat contre l'hérésie.
- Les soufis sont allés jusqu'à l'interpréter comme un combat contre les passions. D'où les expressions jihad majeur pour l'effort intérieur et jihad mineur pour l'effort guerrier." page 61
Note de l'Observatoire : cette distinction entre jihâd mineur et jihâd majeur est issue d'un propos de Muhammad, qui fait du jihâd guerrier dit "mineur" un préalable avant d'engager l'effort spirituel. Le grand juriste sunnite Al-Ghazâlî (1058-1111) enseigne dans La mesure des Actes que la distinction entre petit et grand jihâd aurait été défini par les compagnons de Mahomet :
« Combattre effectivement est aussi malaisé que de reprendre le souffle. Seul le connaîtra celui qui cherche à extirper l’appétit de son âme. C’est pourquoi les compagnons ont dit « nous revenons du « petit jihâd » pour aborder le « grand jihâd » ils ont donné à la lutte à l’épée contre les mécréants le nom de « petit jihâd ». C’est ainsi que quand on a demandé au prophète « quel est le meilleur des jihâd Ô envoyé de Dieu » il a répondu « Le combat contre tes passions ».( Ghazali, La Mesure des Actes, éditions Albouraq, 2005 ).
Professeur à l'Université de Tunis, Hamadi Redissi, un des meilleurs spécialistes de l'islam politique, écrit dans son dernier ouvrage La tragédie de l'islam moderne (Seuil, 2011) :
"Certes, les soufis subliment le jihâd contre soi, mais, à mon humble connaissance, il n'y en a aucun qui ait déclaré le "petit jihâd" (le combat) obsolète" note de bas de page, page 144.
Dans ce même ouvrage, le professeur Redissi explique que :
"Un lecteur occidental ne manquera pas d'être dérouté par la table des matières de tout manuel de droit (musulman).(...) Le manuel inclut immanquablement le "Livre du jihad", devoir collectif incombant à la communauté dans son ensemble et non à une personne particulière. Il est exclusivement consacré à la "guerre sainte", et ce, contrairement à une opinion aujourd'hui courante qui voudrait nous faire croire que le corpus juridique se souciait de "jihad spirituel". C'est l'occasion d'épiloguer sur le statut des non-musulmans, la cible justement du jihad- il arrive qu'un chapitre entier leur soir consacré" page 109
Dans un autre ouvrage, L'exception islamique (Seuil, 2004) Hamadi Redissi se penchait dans son chapitre sur "l'exception militaire" de l'islam sur "les trois alternatives meurtrières" :
" La théorie de la guerre sainte, légale et juste est bien connue. Je voudrais simplement reconstituer une cohérence plus significative qu'historique, en insistant sur trois types de rationalités: prosélyte, fiscale et étatique. Les deux premiers font partie de la guerre sainte, la troisième relève seulement de la guerre d'intérêt général. Mais tous trois portent en eux le dispositif cognitif qui fabrique de l'ennemi. Ils reposent sur trois alternatives logiques, et à chaque fois un double bind: l'islam ou la mort, l'islam ou l'humiliation, le repentir ou la mort" page 87
http://www.islamisation.fr/
Alors que les apologètes médiatiques de l'islam (Malek Chebel, Abennour Bidar, Eric Geoffroy...) veulent faire croire que le véritable sens du jihâd est un "effort sprirituel contre ses propres passions", il est utile de lire les islamologues arabisants de l'Université. Et ceux des deux rives de la méditerranée.
Dans l'ouvrage "Vocabulaire de l'islam" paru dans la collection "Que sais-je" des Presses Universitaires de France (PUF, 2008), Dominique Sourdel et Janine Sourdel-Thomine, Professeurs émérites à l'Université de Paris-Sorbonne, co dirigeant la collection "Islamiques" aux PUF, écrivent pour l'entrée "Jihâd":
" JIHÄD - "Lutte", au sens originel.- Désigna d'abord, dans les traités de droit religieux ou fiqh, l'"effort de guerre" devant être entrepris contre les infidèles ou kâfirs, au nom de la Loi ou sharî'a, pour faire triompher la vraie religion. D'où le sens de "guerre légale", plutôt que "guerre sainte", décidée par le chef de la communauté, c'est-à-dire par un calife qui gouverne réellement ou par l'un de ses représentants, l'émir ou, plus tard, le sultan.
-C'est donc un "devoir collectif" ou fard kifâya et non individuel, destiné à assurer l'expansion de l'islam en tant que religion universaliste et instituant un état de guerre permanent avec les territoires non musulmans appelés dâr al-harb, envers lesquels seule une forme de trêve ou hudna, et non une paix durable, peut être consentie.
-Explique les diverses entreprises guerrières ayant assuré l'extension du monde musulman, à partir de la victoire ou fath de Muhammad sur les habitants de la Mekke qui suivit ses diverses batailles et expéditions ou maghâzi, et lors des grandes conquêtes qui se déroulèrent aussitôt après sa mort. -Plus ou moins observé par la suite, n'a plus été décrété officiellement depuis 1914, mais est souvent entrepris à l'époque contemporaine par des groupes de combattants indépendants.
- A partir du Xeme siècle, certains auteurs [note de l'Observatoire: loin d'être majoritaires chez les juristes sunnites] avaient infléchi le sens du terme en y voyant seulement un combat défensif (par exemple contre les Francs et les Mongols) ou un combat contre l'hérésie.
- Les soufis sont allés jusqu'à l'interpréter comme un combat contre les passions. D'où les expressions jihad majeur pour l'effort intérieur et jihad mineur pour l'effort guerrier." page 61
Note de l'Observatoire : cette distinction entre jihâd mineur et jihâd majeur est issue d'un propos de Muhammad, qui fait du jihâd guerrier dit "mineur" un préalable avant d'engager l'effort spirituel. Le grand juriste sunnite Al-Ghazâlî (1058-1111) enseigne dans La mesure des Actes que la distinction entre petit et grand jihâd aurait été défini par les compagnons de Mahomet :
« Combattre effectivement est aussi malaisé que de reprendre le souffle. Seul le connaîtra celui qui cherche à extirper l’appétit de son âme. C’est pourquoi les compagnons ont dit « nous revenons du « petit jihâd » pour aborder le « grand jihâd » ils ont donné à la lutte à l’épée contre les mécréants le nom de « petit jihâd ». C’est ainsi que quand on a demandé au prophète « quel est le meilleur des jihâd Ô envoyé de Dieu » il a répondu « Le combat contre tes passions ».( Ghazali, La Mesure des Actes, éditions Albouraq, 2005 ).
Professeur à l'Université de Tunis, Hamadi Redissi, un des meilleurs spécialistes de l'islam politique, écrit dans son dernier ouvrage La tragédie de l'islam moderne (Seuil, 2011) :
"Certes, les soufis subliment le jihâd contre soi, mais, à mon humble connaissance, il n'y en a aucun qui ait déclaré le "petit jihâd" (le combat) obsolète" note de bas de page, page 144.
Dans ce même ouvrage, le professeur Redissi explique que :
"Un lecteur occidental ne manquera pas d'être dérouté par la table des matières de tout manuel de droit (musulman).(...) Le manuel inclut immanquablement le "Livre du jihad", devoir collectif incombant à la communauté dans son ensemble et non à une personne particulière. Il est exclusivement consacré à la "guerre sainte", et ce, contrairement à une opinion aujourd'hui courante qui voudrait nous faire croire que le corpus juridique se souciait de "jihad spirituel". C'est l'occasion d'épiloguer sur le statut des non-musulmans, la cible justement du jihad- il arrive qu'un chapitre entier leur soir consacré" page 109
Dans un autre ouvrage, L'exception islamique (Seuil, 2004) Hamadi Redissi se penchait dans son chapitre sur "l'exception militaire" de l'islam sur "les trois alternatives meurtrières" :
" La théorie de la guerre sainte, légale et juste est bien connue. Je voudrais simplement reconstituer une cohérence plus significative qu'historique, en insistant sur trois types de rationalités: prosélyte, fiscale et étatique. Les deux premiers font partie de la guerre sainte, la troisième relève seulement de la guerre d'intérêt général. Mais tous trois portent en eux le dispositif cognitif qui fabrique de l'ennemi. Ils reposent sur trois alternatives logiques, et à chaque fois un double bind: l'islam ou la mort, l'islam ou l'humiliation, le repentir ou la mort" page 87
http://www.islamisation.fr/
Atiq Rahimi: "Les révolutions arabes, ça ne marche pas"
(...) Donc un jeune vendeur ambulant se tue, une génération proteste, une nation se révolte, une civilisation, le monde arabe, se réveille, le monde autour s'excite. Et alors, qu'est-ce qui se passe ?
Les intellectuels occidentaux et arabes se mettent à réfléchir et à interroger l'histoire. Ce qui est formidable après trois siècles de silence, trois siècles à avoir vécu dans les marges de l'histoire, puisque, autant le dire, le monde arabo-musulman n'a pas bougé depuis le XVIIIe siècle, est resté comme en vacances. Il y a trois cents ans, le monde musulman dominait le monde, avec des teintes spirituelles : ils en sont restés là, sur leurs chameaux. Pendant ce temps, le monde occidental inventait la locomotive, ou plutôt le train de l'histoire. Bref, vivait à une autre vitesse.
Le temps pour les pays de se réveiller, de sortir de leur oasis spirituelle, le monde autour d'eux était déjà trop en avance. Il leur aurait fallu courir pour rattraper l'histoire, et c'était trop tard. Même au XVIIIe, l'Occident pensait le monde autrement : les Lumières et l'humanisme, c'est-à-dire considérer l'homme comme un sujet, suffisant à lui-même. Alors que chez les Arabomusulmans, l'homme n'est pas le sujet, il est sur terre pour accomplir un certain nombre de missions dans son clan, conditions pour pouvoir vivre sa vie après la mort. Et cela change tout !
Pour se consoler, le monde arabe a préféré se dire que la “locomotive” des Occidentaux n’était que pur matérialisme, alors qu’eux auraient le spirituel. En somme, puisqu’ils n’ont plus le vocabulaire pour réfléchir comme les Occidentaux, comme ils ne parviennent plus à rattraper leur retard face à l’histoire, ils la rejettent.
(...)
un an après, force est de constater que ça ne marche pas. Pourquoi ?
Parce que les ex-régimes au pouvoir, depuis vingt ans, ont gommé tout mouvement progressiste puisque étant leurs rivaux, ils n’ont pas laissé d’alternative (de gauche) à leur manière de voir. La seule alternative a été l’islamisme ; en Egypte, au Maroc, en Tunisie, et en Algérie bientôt, ce sont les mouvements islamistes qui sont en train de s’implanter, grâce à l’intervention de l’Arabie saoudite, qui veut recréer son empire du VIIIe siècle, qui veut revenir au centre de l’Islam.
Ce sont d’ailleurs eux qui négocient avec le monde entier. Par exemple : pour négocier avec les talibans, l’Afghanistan et le monde entier sont obligés de passer par l’Arabie saoudite. Ce à quoi nous allons assister, c’est à une sorte de “saoudisation” de ces pays qui se sont révoltés au printemps. Ils ont été très malins : pour calmer un début de révolte chez eux, ils ont distribué de l’argent à tout-va. Le nombre de lapidations qui ont lieu en Arabie saoudite est incroyable et personne n’en parle, parce qu’ils détiennent le pétrole. Et puis La Mecque s’y trouve, donc c’est le centre de l’Islam.
Mais tout de même, ce qui a été essentiel dans ces printemps arabes, c’est qu’il s’est agi d’un mouvement venant de l’intérieur du pays, pas de l’extérieur. C’est important parce que, d’habitude, les peuples arabes pensent que si ça ne va pas chez eux, c’est à cause des Occidentaux. Pour la première fois, ils montraient que leurs gouvernements étaient en cause, ils en prenaient conscience et s’y opposaient. Ça, c’est un pas énorme. Sauf, encore une fois, que derrière ces mouvements il n’y avait pas de mouvement intellectuel progressiste. Pas d’alternative et de pensée, et en face, la religion qui est trop bien implantée.
Pourquoi à ce point ? Parce que l’Islam, c’est la “religionisation” de la tradition. Il y avait une culture préislamique dans ces pays qui a été récupérée par la religion. Islamiser la tradition, c’est entrer dans les vies quotidiennes, les familles, ce qui les fonde. L’Islam est devenu lui-même une tradition, opérant un mouvement inverse : traditionnaliser une religion. Donc renier l’Islam reviendrait à renier ce qui fonde la collectivité. C’est là où le geste de ce jeune Tunisien qui s’est immolé a une importance symbolique énorme. On l’a interprété comme une figure sacrificielle, de martyre. Avant tout, c’est un suicide de révolte au sens d’Albert Camus, une question existentielle plus profonde : il a, par ce geste, revendiqué son individualité, son statut de sujet. C’est sa place en tant qu’individu – hors du collectif, de la tradition, de la religion – qu’il se réappropriait.
http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/74588/date/2011-12-25/article/atiq-rahimi-les-revolutions-arabes-ca-ne-marche-pas/
Les intellectuels occidentaux et arabes se mettent à réfléchir et à interroger l'histoire. Ce qui est formidable après trois siècles de silence, trois siècles à avoir vécu dans les marges de l'histoire, puisque, autant le dire, le monde arabo-musulman n'a pas bougé depuis le XVIIIe siècle, est resté comme en vacances. Il y a trois cents ans, le monde musulman dominait le monde, avec des teintes spirituelles : ils en sont restés là, sur leurs chameaux. Pendant ce temps, le monde occidental inventait la locomotive, ou plutôt le train de l'histoire. Bref, vivait à une autre vitesse.
Le temps pour les pays de se réveiller, de sortir de leur oasis spirituelle, le monde autour d'eux était déjà trop en avance. Il leur aurait fallu courir pour rattraper l'histoire, et c'était trop tard. Même au XVIIIe, l'Occident pensait le monde autrement : les Lumières et l'humanisme, c'est-à-dire considérer l'homme comme un sujet, suffisant à lui-même. Alors que chez les Arabomusulmans, l'homme n'est pas le sujet, il est sur terre pour accomplir un certain nombre de missions dans son clan, conditions pour pouvoir vivre sa vie après la mort. Et cela change tout !
Pour se consoler, le monde arabe a préféré se dire que la “locomotive” des Occidentaux n’était que pur matérialisme, alors qu’eux auraient le spirituel. En somme, puisqu’ils n’ont plus le vocabulaire pour réfléchir comme les Occidentaux, comme ils ne parviennent plus à rattraper leur retard face à l’histoire, ils la rejettent.
(...)
un an après, force est de constater que ça ne marche pas. Pourquoi ?
Parce que les ex-régimes au pouvoir, depuis vingt ans, ont gommé tout mouvement progressiste puisque étant leurs rivaux, ils n’ont pas laissé d’alternative (de gauche) à leur manière de voir. La seule alternative a été l’islamisme ; en Egypte, au Maroc, en Tunisie, et en Algérie bientôt, ce sont les mouvements islamistes qui sont en train de s’implanter, grâce à l’intervention de l’Arabie saoudite, qui veut recréer son empire du VIIIe siècle, qui veut revenir au centre de l’Islam.
Ce sont d’ailleurs eux qui négocient avec le monde entier. Par exemple : pour négocier avec les talibans, l’Afghanistan et le monde entier sont obligés de passer par l’Arabie saoudite. Ce à quoi nous allons assister, c’est à une sorte de “saoudisation” de ces pays qui se sont révoltés au printemps. Ils ont été très malins : pour calmer un début de révolte chez eux, ils ont distribué de l’argent à tout-va. Le nombre de lapidations qui ont lieu en Arabie saoudite est incroyable et personne n’en parle, parce qu’ils détiennent le pétrole. Et puis La Mecque s’y trouve, donc c’est le centre de l’Islam.
Mais tout de même, ce qui a été essentiel dans ces printemps arabes, c’est qu’il s’est agi d’un mouvement venant de l’intérieur du pays, pas de l’extérieur. C’est important parce que, d’habitude, les peuples arabes pensent que si ça ne va pas chez eux, c’est à cause des Occidentaux. Pour la première fois, ils montraient que leurs gouvernements étaient en cause, ils en prenaient conscience et s’y opposaient. Ça, c’est un pas énorme. Sauf, encore une fois, que derrière ces mouvements il n’y avait pas de mouvement intellectuel progressiste. Pas d’alternative et de pensée, et en face, la religion qui est trop bien implantée.
Pourquoi à ce point ? Parce que l’Islam, c’est la “religionisation” de la tradition. Il y avait une culture préislamique dans ces pays qui a été récupérée par la religion. Islamiser la tradition, c’est entrer dans les vies quotidiennes, les familles, ce qui les fonde. L’Islam est devenu lui-même une tradition, opérant un mouvement inverse : traditionnaliser une religion. Donc renier l’Islam reviendrait à renier ce qui fonde la collectivité. C’est là où le geste de ce jeune Tunisien qui s’est immolé a une importance symbolique énorme. On l’a interprété comme une figure sacrificielle, de martyre. Avant tout, c’est un suicide de révolte au sens d’Albert Camus, une question existentielle plus profonde : il a, par ce geste, revendiqué son individualité, son statut de sujet. C’est sa place en tant qu’individu – hors du collectif, de la tradition, de la religion – qu’il se réappropriait.
http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/74588/date/2011-12-25/article/atiq-rahimi-les-revolutions-arabes-ca-ne-marche-pas/
vendredi 30 décembre 2011
Genève: Ville de Frère Tariq...
Un Français a été agressé jeudi à Genève à l'arme blanche lors d'une visite au Muséum d'histoire naturelle de la ville, a rapporté vendredi la police cantonale. Il aurait été "poignardé à cinq reprises, devant sa femme et ses enfants affolés", selon l'association Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme.
"L'homme a été hospitalisé, mais sa vie n'est pas en danger", a indiqué un porte-parole de la police, sans autre précision. Une enquête criminelle a été ouverte.
Le Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme a dénoncé dans un communiqué publié en France l'agression "violente, contre un homme français de confession juive, reconnaissable à son habit, sa barbe, son chapeau, alors qu'il venait de s'installer au volant de son véhicule".
AFP
"L'homme a été hospitalisé, mais sa vie n'est pas en danger", a indiqué un porte-parole de la police, sans autre précision. Une enquête criminelle a été ouverte.
Le Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme a dénoncé dans un communiqué publié en France l'agression "violente, contre un homme français de confession juive, reconnaissable à son habit, sa barbe, son chapeau, alors qu'il venait de s'installer au volant de son véhicule".
AFP
jeudi 29 décembre 2011
Algérie : la Turquie a la mémoire courte.
Les déclarations du Premier ministre turc, Monsieur Erdogan, à propos du « génocide » que la France aurait commis en Algérie, relèvent à la fois de l’hystérie verbale et de la plus grotesque manipulation historique. De plus, Monsieur Erdogan est bien mal placé pour parler de « génocide » en Algérie, région qui fut durant trois siècles une colonie ottomane sous le nom de Régence d’Alger (Wilayat el-Djezair en arabe et Gezayir-i Garp en turc), et dans laquelle les janissaires turcs s’illustrèrent par leurs méthodes particulièrement brutales et expéditives.
En 1520, Sidi Ahmed ou el Kadhi fut le premier résistant kabyle à la colonisation turque, réussissant même à s’emparer d’Alger et forçant le chef de bande Khar ad-Din Barberos à se replier à Djidjelli.
En 1609, les Kabyles vinrent battre les murs d’Alger puis, entre 1758 et 1770, ce fut toute la Kabylie qui se souleva. Au début du XIX° siècle, plusieurs autres insurrections se produisirent, notamment entre 1805 et 1813, puis en 1816 et enfin en 1823. Il en fut de même dans les Aurès où les Chaouias réussirent à interdire toute présence effective du pouvoir ottoman. Constantine fut un cas à part car les Ottomans y avaient de solides alliés avec la tribu des Zemoul, ce qui n’empêcha pas les autres tribus kabyles de se soulever régulièrement.
Tous ces mouvements furent noyés dans le sang, à l’image de ce qui fut la règle en Libye : « La force est employée à la turque : les colonnes de réguliers, Turcs et Couloughlis, usent du sabre, du fusil et du canon, brûlent récoltes et villages, s’emparent d’otages, empalent et décapitent, exposant par dizaines les têtes coupées. L’usage de la force démontre la résolution du maître et l’irréversibilité de la situation »
Dans la Régence d’Alger, les Turcs pratiquèrent une ségrégation institutionnalisée, la politique de l’élite dirigeante militaro administrative ottomane étant d’éviter de se dissoudre par mariage dans la masse de la population.
La violence ottomane ne s’exerça pas uniquement contre les populations locales. Quelques exemples :
- Le 27 mai 1529, après un siège de trois semaines, les 25 survivants de la garnison espagnole qui défendait le fort construit dans la baie d’Alger capitulèrent contre la promesse qu’ils auraient la vie sauve ; or, leur chef, le comte Martin de Vargas, grièvement blessé, fut massacré à coups de bâton par les soldats turcs.
- Le 20 juillet 1535 Khayr ad-Din Barbaros lança un raid sur l’île de Minorque, aux Baléares, enlevant plusieurs centaines de captifs, hommes, femmes et enfants qui furent vendus sur le marché aux esclaves d’Alger.
- En 1682, après que le Dey eut déclaré la guerre à la France, l’amiral Duquesne se présenta devant Alger où les Turcs massacrèrent le père Jean Le Vacher, consul de France, en l’attachant à la bouche d’un canon
- En 1688, pour lutter contre les pirates, le maréchal d’Estrées bombarda Alger et plusieurs captifs français furent également attachés à des canons.
La piraterie constitua jusqu’au début du XIXème siècle le cœur de la vie politique et économique de la Régence turque d’Alger. Il s’agissait bien de piraterie et non de Course puisque les raïs, les capitaines, n’obéissaient pas aux règles strictes caractérisant cette dernière. La recherche historique a en effet montré que son but n’était pas de s’attaquer, avec l’aval des autorités, à des navires ennemis en temps de guerre, mais que son seul objectif était le butin. A l’exception du raïs Hamidou, tous les acteurs de cette piraterie étaient des Turcs, de naissance ou renégats, aucun n’était d’origine algérienne.(...)
http://bernardlugan.blogspot.com/2011/12/algerie-la-turquie-la-memoire-courte.html
En 1520, Sidi Ahmed ou el Kadhi fut le premier résistant kabyle à la colonisation turque, réussissant même à s’emparer d’Alger et forçant le chef de bande Khar ad-Din Barberos à se replier à Djidjelli.
En 1609, les Kabyles vinrent battre les murs d’Alger puis, entre 1758 et 1770, ce fut toute la Kabylie qui se souleva. Au début du XIX° siècle, plusieurs autres insurrections se produisirent, notamment entre 1805 et 1813, puis en 1816 et enfin en 1823. Il en fut de même dans les Aurès où les Chaouias réussirent à interdire toute présence effective du pouvoir ottoman. Constantine fut un cas à part car les Ottomans y avaient de solides alliés avec la tribu des Zemoul, ce qui n’empêcha pas les autres tribus kabyles de se soulever régulièrement.
Tous ces mouvements furent noyés dans le sang, à l’image de ce qui fut la règle en Libye : « La force est employée à la turque : les colonnes de réguliers, Turcs et Couloughlis, usent du sabre, du fusil et du canon, brûlent récoltes et villages, s’emparent d’otages, empalent et décapitent, exposant par dizaines les têtes coupées. L’usage de la force démontre la résolution du maître et l’irréversibilité de la situation »
Dans la Régence d’Alger, les Turcs pratiquèrent une ségrégation institutionnalisée, la politique de l’élite dirigeante militaro administrative ottomane étant d’éviter de se dissoudre par mariage dans la masse de la population.
La violence ottomane ne s’exerça pas uniquement contre les populations locales. Quelques exemples :
- Le 27 mai 1529, après un siège de trois semaines, les 25 survivants de la garnison espagnole qui défendait le fort construit dans la baie d’Alger capitulèrent contre la promesse qu’ils auraient la vie sauve ; or, leur chef, le comte Martin de Vargas, grièvement blessé, fut massacré à coups de bâton par les soldats turcs.
- Le 20 juillet 1535 Khayr ad-Din Barbaros lança un raid sur l’île de Minorque, aux Baléares, enlevant plusieurs centaines de captifs, hommes, femmes et enfants qui furent vendus sur le marché aux esclaves d’Alger.
- En 1682, après que le Dey eut déclaré la guerre à la France, l’amiral Duquesne se présenta devant Alger où les Turcs massacrèrent le père Jean Le Vacher, consul de France, en l’attachant à la bouche d’un canon
- En 1688, pour lutter contre les pirates, le maréchal d’Estrées bombarda Alger et plusieurs captifs français furent également attachés à des canons.
La piraterie constitua jusqu’au début du XIXème siècle le cœur de la vie politique et économique de la Régence turque d’Alger. Il s’agissait bien de piraterie et non de Course puisque les raïs, les capitaines, n’obéissaient pas aux règles strictes caractérisant cette dernière. La recherche historique a en effet montré que son but n’était pas de s’attaquer, avec l’aval des autorités, à des navires ennemis en temps de guerre, mais que son seul objectif était le butin. A l’exception du raïs Hamidou, tous les acteurs de cette piraterie étaient des Turcs, de naissance ou renégats, aucun n’était d’origine algérienne.(...)
http://bernardlugan.blogspot.com/2011/12/algerie-la-turquie-la-memoire-courte.html
Nigeria : les chrétiens prêts à riposter
Le président de l'Association des chrétiens du Nigeria (CAN) a averti mercredi que ces derniers répondraient "de façon appropriée" à d'éventuelles prochaines attaques, après une vague d'attentats attribuée à des islamistes qui ont visé notamment des églises.
"La communauté chrétienne au niveau national n'aura pas d'autre choix que de répondre de façon appropriée si il y a d'autres attaques contre nos membres, nos églises et nos biens", a déclaré le révérend Ayo Oritsejafor à des journalistes.
AFP
"La communauté chrétienne au niveau national n'aura pas d'autre choix que de répondre de façon appropriée si il y a d'autres attaques contre nos membres, nos églises et nos biens", a déclaré le révérend Ayo Oritsejafor à des journalistes.
AFP
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